MET ABOLISME DU PHOSPHORE
On a souvent dosé ie Phosphore total et le Phospore minéral. Les chiffres trouvés sont sensiblement normaux; d’après une statistique donnée par SNAPPER, le Phosphore total oscille entre 260 et 450 mmg par litre de sérum, les taux un peu élevés (autour de 400 mmg) étant un peu plus fréquents. Le phosphore minéral est normal autour de 40 mmg dans certaines observations, dans d’autres 1l est nettement augmenté autour de 120 mmg (56 et 57 mmg
dans nos obs. 4 et 6).
LES PHOSPHAT ASES
En opposition avec les résultats plutôt décevanits qu'avait donné l'étude du calcium et du ph hosphore sanguin dans la maladie de Paget, le dosage des phosphatases s’est révélé plein d'intérêt.
À Les phosphatases sont « des diastases capables d’hydrolyser certains composés phosphorés organiques avec mise en hberté d'acide phosphorique à l’état de sel minéral et de l’alcool qui lui a été préalablement lié: elles paraissent diriger dans l’organisme le métabolise des phosphates en réglant l'équilibre entie l'acide phosphorique et ses éthers
(PAUTRAT). Ces réactions peuvent se faire dans les deux sens.
2 Ne
En pratique on étudie la glycérophosphatase sanguine B dosée par une des nombreuses méthodes préconisées, celles de Bodanski et de Kay étant les plus communément employées.
Dans la grande majorité des cas, on a trouvé une augmentation très importante, la maladie de Paget étant l'affection où le taux des phosphatases atteint les valeurs les plus élevées. PAUTRAT dans sa thèse publiée en 1935 donne 8 observations dont 7 présentaient un taux supérieur à 10 Uñnités Bodanski ou à 0,20 Unité Kay, les taux normaux étant de 2 à 4 Unités Bodanski et de 0,12 à 0,18 Unité Kay. —— SERVANTIÉ étudiant en 1936 76 cas, trouve dans la totalité de ces cas un taux de phosphatases supérieur à D Unités Bosdanski; dans 6 cas sur 76, ce taux dépasse même 100 Unités, soit 30 fois la valeur normale, dans 50 cas sur 76 il est supérieur à 10 Unités. Dans nos observations (4 et 6) nous avons noté des valeurs de
21 et 45, 8 Unités Bodanski.
Fait intéressant il existe une grossière proportionnalité entre le taux des phosphatases, le degré de l'atteinte squelettique et la rapidité évolutive de l’affection. Le taux des phosphatases pourrait même servir en quelque sorte d’élément pronostic. Par contre il ne semble pas que le taux soit particulièrement élevé dans les cas où on note une calcification artérielle.
La signification de cette très importante augmentation des phosphatases est considérée par tous les auteurs de la même facon, comme la conséquence et non la cause des lésions osseuses ; elle traduit l’activité anormale des ostéoblastes dont on connaît l'importance dans les théories actuellement admises sur le mécanisme de l’ossification.
« La phosphatase secrétée par la cellule osseuse se répandrait dans les tissus interstitiels imprégnés par la lymphe interstitielle qui les œdématie. Elle hydrolyserait les esthers
phosphorés du calcium qui y sont contenus venant du sang, déterminerait une surcharge calcique locale d’où précipitation et ossification. » (PAUTRAT).
De toutes les recherches biologiques qui ont été faites dans la maladie de Paget, on ne peut tirer beaucoup de conclusions intéressantes, en particulier le métabolisme du calcium paraît normal. Seule l’augmentation des phosphatases, plus importante que dans n'importe quelle autre affection peut servir d’élément diagnostic dans les cas douteux.
Il est certain en tout cas que, du point de vue biologique, la maladie de Paget se différencie très nettement de la maladie de Recklinghausen dans laquelle le métabolisme du calcium, fortement troublé, peut être corrigé par la parathyroïdectomie.