LES FACTEURS DE SCLEROSE CHEZ LES PAGETIQUES
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Parmi les divers facteurs étiologiques recherchés chez ces malades, certains sont-ils susceptibles d’aider à comprendre les lésions aïrtérielles comme les lésions osseuses ?
On a essayé de relever dans les antécédents de tels facteurs. Malgré un petit nombre d'observations de maladie de Paget atteignant un père et son fils, ou deux frères, dont COSTE a rapporté récemment de nouveaux exemples, l'ostéite déformante chronique ne doit pas être considérée comme une affection héréditaire alors qu’on sait que l’athérome sénile frappe souvent les membres d'une même famille.
L'hypothèse d’une intoxication exogène, soulevée à la suite de cas observés chez des ouvriers inhalant des gaz toxiques ou en rapprochant les lésions osseuses de celles de l’ostéopétrose rencontrée dans certaines intoxications fluorées chroniques, ne peut être retenue. Par contre celle d’une intoxication endogène pourrait expliquer les lésions vasculaires et osseuses. La goutte est rare chez ces malades, de même le diabète dont l'association serait intéressante à considérer en raison de l’artérite diabétique qui peut également entraîner des calcifications importantes. Enfin on sait le rôle important que l’on fait tenir à l'hvpercholestérinémie chez les athéromateux. Les recherches faites sur le taux du cholestérol chez les pagétiques l'ont tou-
jours montré un peu plus élevé que normalement chez les artérioscléreux avancés. Un rôle identique pourrait être dévolu à l’hyperadrénalinémie favorable à la production de l’athérome expérimental.
Certains ont insisté sur les troubles endocriniens associés aux remaniements osseux; syndrome adiposo génital, absence complète de pilosité, retard intellectuel important; d’autres ont signalé l’existence de cataracte du type dit endocrinien que nous avons déjà mentionnée et en ont tiré argument pour soutenir l’origine endocrinienne de la maladie de Paget.
De même que les troubles endocriniens, les troubles nerveux sont exceptionnels dans les antécédents de nos malades et ce n’est guère que sur l’analogie clinique de certaines arthropathies tabétiques et des lésions osseuses de l’ostéite déformante, avec, dans les deux cas, des troubles sympathiques, que certains auteurs ont pu soutenir l'origine nerveuse de cette dernière.
Un antécédent doit cependant être mis en évidence et discuté à côté de ceux que nous venons de noter comme restant exceptionnels: c’est la suphilis. L.ANNELONGUE et FOURNIER s'étaient fait, on le sait, les défenseurs d’une pathogénie syphilitique de la maladie de Paget en affrmant la similitude des lésions anatomo-pathologiques des deux affections; en réalité cette théorie a été fortement battue en brèche depuis et il ne semble vraiment pas que la syphilis soit la cause directe de l’ostéite déformante chroniques. Les signes cliniques de syphilis sont exceptionnels, le traitement reste généralement sans effet et le Bordet- Wassermann dans le sang n’a été trouvé positif que dans un cinquième des cas et souvent moins. Enfin les lésions anatomiques de l’ostéite syphilitique ne sont pas comparables à celles de la maladie de Paget, bien qu’on ait vu se développer dans certains cas des altérations osseuses de type pagétique à la suite de gommes osseuses : indiscuta-
MERS Die
bles et que l’on ait observé plusieurs cas de maladie de Paget associée au tabès.
Si la syphilis ne peut être mise en cause directement dans l’étiologie de l’ostéite déformante cironique, peutelle intervenir indirectement — et c’est là un point particulièrement intéressant — par la production de lésions arténielles? En effet, comme le rappelle LÉRI, « l’artérite est l’altération essentielle à peu près constante de toutes les lésions de la svphilis à toutes ses périodes et dans toutes ses localisations ».
On sait l'obscurité qui règne au sujet de l’étiologie de l'artériosclérose, mais il est indéniable que la syphilis puisse avoir sa part dans un certain nombre de cas. En l’admettant, :l resterait à discuter le rôle de l’atteinte artérielle dans la genèse des lésions osseuses: c’est ce que nous étu- . dierons dans un chapitre suivant.
On peut-donc conclure que parmi les facteurs de sclérose chez les Pagétiques, la syphilis qui seule mérite qu'on s’y arrête un peu, est rare — nous ne l’avons Jamais trouvée dans aucune de nos douze observations — et ne doit entrer en ligne de compte que pour une très faible part.