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L'atterrage de Cabot au continent américain, 21
lomb a été de 240 milles sur 8150 milles environ ue parcours, l'écart de la route de Cabot, sur un parcours de 1600 milles environ, a été proportionnel, c'est-à-dire de 360 milles pour une variation de un quart et demi, Le raisonnement n'aurait quelqne justesse que si les longueurs de trajet de Cabot et de Colomb étaient absolument égales, ainsi que nous l'avons dit,
En outre, les routes de ces deux navigateurs se sont effectuées dans des conditions et des circonstances complétement diffé. rentes, Les causes d'écart de ces deux routes, causes parmi lesquelles la variation des compas est la moindre pour la route de Cabot, n'ont pas eu sur ces deux routes une influence également importante. On ne doit done pas conclure l'écart éprouvé sur l'une de ces routes de l'écart éprouvé sur l'autre, Il ne faut pas surtout, comme le fait le Dr, Dawson ne raisonner que sur la différence de variation des compas applicable à chacune d'elles,
La route de Colomb s'est effectuée toute entière par des latitudes où le beau temps et la mer belle sont la règle, où le mauvais temps est l'exception, et dans la région des vents alisés de N E favorables à cette route, Le navigateur n'a done eu à subir, dans une grande mesure, les erreurs d'estime, tout-à-fuit incertaines à son époque, provenant des louvoyages et des manœuvres et allures de mauvais temps. Les courants ont été généralement en sa faveur, comme les vents, enfin s'il a éprouvé une variation d'un quart vers l'Ouest, celle-ci ne s'est produite que vers le méridien de 40° Ouest (Greenwich), A l'Est de ce méridien il a rencontré des variations beaucoup moindres et même de sens contraire (variation Est), ayant coupé la ligne de variation nulle, probablement entre 28° et 32° de longitude Ouest (Greenwich; Aethods and results, carte et p. 7). Il y a donc eu, en ce qui concerne la variation, une compensation partielle,
Aucune de ces conditions favorables à l'appréciation exacte de l'écart entre la route faite réellement par le navigateur et celle qu'il croyait suivre, ne se retrouve dans la navigation de Cabot. Ce dernier, en effet, a toujours navigué dans la région des vents généraux d'Ouest; c'est à dire avec des vent: contraires qui l'ont contraint à louvoyer sur toute la longueur de son trajet ou du moins sur la plus grande partie. Ces louvoyages ont été accomplis par des latitudes où les coups de vent, les fortes brises, les grosses mers règnent d'une façon presque permanente.
Dans ces conditions, il est de nos jours mêmes extrêmement difficile à un navire à voile, hors de vue de toute terre, sans observations astronomiques et par sa seule estime, de maintenir sa
22 Henry Harrisse,
route dans une direction déterminée ou le plus près possible de cette direction, d'apprécier les écarts de route faits et de corriger ceux-ci convenablement par de nouvelles routes appropriées. Cette difficulté était infiniment plus grande pour Cabot dans des parages inconnus avec les moyens si primitifs et insuffisants relativement à ceux dont nous disposons aujourd'hni; les observations astronomiques, l’état d'armement et de construction des navires, tout était encore rudimentaire. Il n'est donc pas possible d'affirmer que la route de Cabot à été à l'Ouest magnétique et que sa route vraie résultante a été cette route magnétique à l'Ouest corrigée exactement de un quart et demi de variation N O, — en supposant que cette variation est bien celle qui convient, supposition gratuite, que rien ne peut justifier.
Il importe maintenant de prouver mathématiquement l'erreur commise par le Dr. Dawson, et ce, en supposant admise pour un instant sa propre théorie et en précisant le point où, suivant les conséquences légitimes et forcées de cette théorie, aurait été l’atterrage de Jean Cabot en 1497. Nous le ferons en nous servant de ses propres données ainsi que des prémisses mêmes de son argumentation !.
Si Colomb sur un trajet de 3150 milles avec une variation magnétique de un quart (11° 15’) éprouva un écart linéaire de 240 milles seulement, cet écart linéaire de 240 milles correspond à un angle d'écart æ donné par l'expression:
Tr # 3150 Cet angle x d'écart est déterminé par le calcul suivant: Log 240 — 2,380211 Co—Log 3150 — 4501689
Logtg x — 2,881900 a = 4 91!
1. Nous adressons ici nos plus sincères remerciements à M. E. Bauvieux, officier de marine retraité et hydrographe distingué, dont le concours nous à été non seulement précieux mais indispensable pour toute la partie technique de notre travail.