X, -W5, IS
"AOûr.360e, S. enc. 13. retondôv, Ti. 3.
unozuc0:, Herm. 31. oosr,90v, Ti. 21, ravra4001, D. Dieux, 9,1. halorôa, D. Cul. 21. ax2oro9nt!, D. Morts, 27, 5, auotoztuws, Am. 9.
etc. d:x27::4&5, Herm. 47.
aueArT!, Ti. 12. ériv@s, H. V. 2, 25.
zitsaro:o7!, D. Mar. 7, 2. ‘Hszkksiws, Pér. 33. ° axctvr,00v, Danse, 18. viasws, Man. H. 50.
Bos=ovyrôov, Man. H. 19. roozssnTttatus, Songe, 3. xogkvn00v, Ti. 3. guyvarts, SC. 2.
Les adjectifs sont en -5dn:, -Gos, -davos, -105, -1vcs, -taios, -1405 *, -5tu0s ; les verbaux, en -zios et -70s,
Oovrwôns, Z.tr. 25. Anüsôavés, Danse, 79.
rohtuôrs, Alr. 60. ahivios, ÀAlc. 2.
oxehs=wûr,s, Danse, 75. asoucshivos, Î1. 1. 2, 26. serztywûrs, Dion. 7. 270, D. AL.
riravôns, Ti. 54. 2x9hiv0s, HV. 1, 16.
aoxtpos, Char. 5. pukrstvos, H. V, 1, 16.
‘ Citons encore Àzzzx/:w, Lex. 3, de hatzyn (ou 27277). 2? Dérivés déjà chers à Platon : Aristoph. Cher. 1375.
ώhAtvos, A. V. 2,4. Dovvsutixoc, K. 24.
XMectvés, Eïrc. 1. xoaxtix0s, B. 42.
Xoto:vos, Man. H. 23. vexotxôs, D. Dieux, 24, 1. kzyxorxtos, I. 18. oixonotzx0ç, F. 416.
xhortuaïos, 1. 20. puwôosuaos, Dion. 2.
ayavæxtixos, Pêch. 1k, con-
troversé. Bouréos, Par. 9. äxooa=1xôs, El. Dém. 25. xEheusTée, S. enc. 8. ärhoïxds, Ti. 56, Péch. 19, vsosAwTés, H. V. 4, 19,
etc. gzoo6rtés, G. 12.
Les substantifs sont des diminutifs en -icxo: ou en (0, Comme :
Ônanetionos, Fug. 33. | BouxAX(Gtov, Ti. 14.
Aoyuirros, H. V. 2,3. mavyzotov, D. Court. 6,1 ; 7,4. &pasotov, Trat. 1. mayaisiôrov, Pèch. 45.
Bosodkktov, Fug. 19. uoôlôtov, Ami M. 2.
yovattov, AÂne, 10. roo6ovhesuattov, Par. 42. voamumatiov, Salr. 36. rooyiov, Ps. 19.
ôzôtov, Mén. 7. gotyylov, AD. À.
éotôrov, O: 89. raoavziwviôrov, D. Cal. 16 ; D. éouuärtov, D. Court. 9, 5. . Court. 7, 2. | écuwttov, Ami M. 14. .. oylétov, Nav. 26,
des noms de sens plutôt péjoratif en -ixs (1"° décl.) : aAwnexlas, Pêch. 47 ; avôoaxlas, I. 13; +ovaixlas, Péch. 31, des noms d'instruments :
axéo=oa, D. Morts, &, 1. éyxon:0s, Songe, 3.
yhsostov, Songe, 13. xohantr9, Songe, 13,
des féminins en -tpix, ou en -7ts :
äxestola, M. Rh 24. teurs ta, Pêch. 9.
Azurétis, G. 103. Jwotzts, D. Dieur, 1, 13,
des masculins en -r%c :.
duksAdtrns, Ti 8. rirtwsts, Fug. 33.
xautvsurc, Sacr. 6 ropresrns, Mén. 16,
un nom de lieu, Auyweov, H. V. 1,2; un dérivé simplement en n : cetun, Alx.59, de oivaë ; deux pluriels neutres :
Oxvazostz, fêtes des Morts, H. V. 2, 22; uzlw=2a, honoraires de sage-femme, D. Dieux, 8, 2;
enfin des noms abstraits en -ia, -cls, HA, -pL0s :
vecronats, B. 33. xAndovioua, Ps. 417.
Goasts, G. 275. xipuwua, Man. H., 8.
Oroiwsts, Danse, 48. Govrua, Danse, 19.
xhcz:0o!x, Mén. 93. xu0i3-rua, An. 18.
Ôtzwr!2, Charon, 1. 0y-r0u6s, Ane, 15.
soAntx!a, Danse, 27, 80. guptsuoç, An. 32.
apotxsu2, Cyn. À.
Ces longues listes de dérivés et surtout de composés constituent à peu près tout le vocabulaire spécial de Lucien ; les mots simples ne figurent dans ce vocabulaire qu’à litre tout à fait exceptionnel, et encore est-il bien probable que Lucien ne les a pas inventés, mais plutôt que, par un simple hasard, cesmots, déjà connus el usités, ne se sont pas trouvés dans les ouvrages que nous avons conservés ; ainsi,
arzia, sureau, G. 74, se rencontre chez Hippocrate, 56%, 4, sous la forme 2x:7.
B5À 52 est transcrit du latin vulva ; cf. Anth. 11, 410 : 8552.62.
Cox3s (6), H. V. 2, 1, se trouve chez Homère, Thucydide, Aristophane, au féminin.
x:v2652, D. Morts, 10, 9 : origine inconnue ; laun : hircus.
xocu's, Alt. 22, 53 ; sorte d'onguent, origine inconnue.
Rien en somme, dans tout ce qui précède, ne nous autorise à croire que Lucien, moins sévère pour luimême que pour ses contemporains, ait admis dans ses écrits de véritables barbarismes : il a certes profité de ce que la xcwn duxhsxros lui fournissait en mots dérivés
commodes pour exprimer les abstractions, en verbes composés commodes pour traduire en un mot les nuances les plus diverses et les plus ténues ; mais ces termes sont corrects et correctement formés, ils sont bien grecs, on pourrait dire souvent qu'ils sont bien attiques. | |
Ce qui l’est moins, ce qui est plus nouveau, ce qui confine plus réellement au néologisme chez Lucien, ce sont les acceptions nouvelles avec lesquelles il a fait usage d'assez nombreux termes! déjà connus des Attiques, mais usités par eux dans un autre sens ; les particularités de syntaxe seront examinées en leur lieu ; mais les simples changements de signification font bien encore partie intégrante du vocabulaire, et nous les indiquerons ici même.
4° Changements de voix :
&yrwaros, inconnu : Alc. 3, ignorant.
&ôlôaxroc, ignorant : Am. &k, naturellement connu.
&0xpaotos, qui ne s'étonne pas : Am. 13, non étonné.
&vavkoç, sans accompagnement de flûte : Alc. 7, qui ne sait pas jouer de la flûte.
ävzra0vs, qui a des sentiments opposés à... : Am. 27, ressenti mutuellement.
&ooaros, invisible : À lc. 3, qui na pas vu.
ar60estç, action de déposer : Hip. 5, vestiaire.
arohoy:suôs, action de rendre compte : Dém. 33, livre de compte, compte rendu.
asror0ç, inintelligible : To. 62, qui n’atteint pas le but.
aoroxouos, naturellement velu : H. V. 1, 40, avec le feuillage même.
kvx50ouos, doux au cœur : Herm.16, d'humeur douce.
yovatrltoux:, agir en femme : Songe, 19, être traité en femme.
Gaxoowôèns, larmoyant : S. enc., 14, lamentable.
Ô:46p0y0s, qui laisse passer l’eau : D. acc. 17, trempé, plongé.
1 207, dont 99 area, suivant Schmid. Mais cette liste est beaucoup trop longue ; très souvent les sens prétendus nouveaux sont déjà signalés chez les attiques ou les alexandrins. Il y a joint aussi les particularités de syntaxe.
Ôôtaxovoopar, se servir soi-même : Âne, 53, servir quelque chose à qqn.
Staut})&oua:, sens moyen : Par. 58, au parfait, sens passif.
txous2w, disperser d’un souffle : Herm. 68, souffler à travers.
Stumvi%w, éveiller : 0. 108, s'éveiller.
ô6xnsts, l'opinion qu'on a : Am. 45, bonne renommée.
éyxhstoua:, s’enfermer : Aix. 41, tenir enfermé en soi.
eixazstx6c, relatif au fait de représenter : Air. 22, conjecture.
éur:otedw, se confier : Dém. 51 (passif), être chargé par la confiance de quelqu'un.
ériôueagiuns, réclamé comme un droit : Songe, 9, secourable.
értssouit, fermer la bouche : Portr., 10, faire que quelque chose tombe sur la bouche de quelqu'un.
ext@0£--ouxt, retentir pour l’attaque : Alx. 38, invoquer.
e)ha0rs, qui se tient sur ses gardes : Ti. 29, dont il est facile de se garder.
£0020$, facile à porter : Désh. 27, qui se répand facilement.
0sooû2r<0s, inspiré par un dieu : Ane, 37, 38, qui porte un dieu.
isoogav=éw, remplir les fonctions du hiérophante : Ar. 39, être hiérophante.
inras!a, l'équitation : D. Dieux, 12,1, action de conduire les chevaux.
irroussur£, grosse fourmi, fourmi-cheval : H. V. 1, 12, fourmi à cheval. |
x21v0u9/6s, qui amène du changement : Pr. 3, innové.
xatosyioux:, danser avec ardeur ou par déri‘ion : Danse, 22, charmer en dansant.
10ozoutw, tailler la pierre (chir.) : Z. ér. 10, tailler dans la pierre.
pevæhoo5ta, action d’agir magnifiquement : Charon, 3, grande action.
meubruotsëw, adresser des reproches : Sacr. 1, se plaindre de son sort.
m:oÜogosix, action de servir à gages : Nav. 13, rente.
osyua, fosse : H. V. 2, 4, action de creuser.
rasartnou:, ficher auprès : Portr. 1, Tasarirrya, demeurer stupide.
nazsoutrw2, Mère du père : Alx. 18, père de la mère.
nsiotexttxÔs, général, considéré dans l’ensemble : S. enc., 24, économe.
ro 5T7À:0006, d’une étendue de plusieurs arpents : Z. 18, très riche.
roÀvsttix, nourriture abondante : Par. 16, fait de manger beaucoup.
r2ovout,, action d'aller au fourrage : K. 17, droit d’être servi le premier.
rosiers, pierre brûlée, pyrite : Z. conf., 8, forgeron.
cuv:Ë:=2%:50a1, être mis au rang de : Portr. 15, se faire poursuivre en justice.
99<0:y0s, qui se tient sur la même ligne : Man. H. 43, dont les parties sont liées.
rasaqçwôns, troublé : D. Mar. 2, 2 : qui enivre.
brokoyéouxt, Am. 28, — 0ro Es prout.
üroxottixôs, relatif à l'art du comédien : Aix. &, qui feint. dre=ehŸs, redevable de : Salr. 36, à qui on doit. o70oyworo:, action de se retirer : Hipp. 5, lieu de retraite. ©5snua, Suuffle : Charon, 19, chose, odeur exhalée. 1xha%äw, être ladre, grêlé : D. acc. 2, tomber en grêle.
2° Sens figurés, mélaphoriques, ou simplement étendus et elargis :
æyoxpos, non écrit : Am. 44, non peint.
x0:æxottos, NON séparé : Z. tr. 25, non décidé.
ahoyéouar, être compté pour rien : O. 443, perdre la raison.
auo#xns, à double tranchant : Z. tr. 43, ambigu.
avaxôn=oua!, être soulevé par un choc : Nigr. 35, rester court.
avaæxsovouat, Être ramené en arrière : Nigr. 8, revenir (à de meilleurs principes).
avasräw, tirer en haut : To. 28, entraîner.
avÜvrox2ivoua:, répondre à son tour : Salle, 30, feindre à son toyr.
av=4ô0w, chanter en réponse : Péch. 6, chanter contre.
avzt@0iy-ouat, faire écho : Danse, 23. répliquer.
arobouxokëw, laisser s'égarer : D. acc. 13, séduire.
aro0Ài6w, exprimer, au propre : H. V. 2, 3, fig. expulser.
anéAurs, pressurage : J. Voy. 2, expulsion.
anoh1x7{£w, repousser avec dédain : Ane, 18, ruer.
arorour, action de conjurer un fléau : Air. 5%, envoi, Ami M. 9, action d'écarter.
4ro3:u05u2!, faire manœuvrer en demi-cercle : D. Morts, 24, 2, être Camus.
aou5%w : Nigr. 26, sens figuré.
&oyztokoyiw, dire des vieilleries : Ler. 15, discourir en vieux langage.
asos, Sec: To. 16, pauvre.
æsT00t, ici même : D. Cal. 2%, de même.
aoetos, laissé en liberté : To. 56, prolixe.
Bouxoko5ut, être mené au pâturage : Am. 2, se laisser tromper.
An (T2), marchandises de rebut : Lex. 3, marché au rebut.
SuabadiLu, traverser : El. D. 1, aller et venir.
dtayoozow, prescrire : Péch. 26, parler contre.
Otar pou, enfoncer à travers : D. Morts, 12, 5, ajuster en fixant.
* étanourts%w, faire circuler : Mén. 16, mener jusqu’au bout une procession.
G:2yw9Ew, s'écarter : Deuil. 10, circuler (en parlant de la monnaie).
G::%05vuw, diriger : An. 17, corriger.
Autor, 20000 ; Ctsu5 tx ‘inros, Zr. 8, corps de 20000 cavaliers.
Sisee ITO6, difficile à comprendre : : An. 27, difficile à saisir.
Eyrakômzw, cacher dans: S. enc. 22, (\yoc) l'argument envéloppé, sophisme.
ëx:ys19la, suspension d'armes : Ti. 3, repos en général. êxusvoos, démesuré : Portr. 48, vers faux, hypermètre. impr, faire éclater, au propre : D. Cal. 23, fig. xzsvyôw, épuiser : To. 30, user : féxn éxrerpuyuwpive. éuroprsiw, s'avancer solennellement : Coll. 10, faire parade de. ävesbietv, manger vivement : Nav. 20, manger sur ou dans. , &roua (<4), conforme à la loi : Danse, 2, conforme à la mesure. Evzanç, tension : B. 98, rigidité (fig.).
évcelvu, tendre dans ou sur : S. enc. 10, * évrptru, retourner : Man. H.15, modifier.
ifayopsüw, faire connaître, proclamer : Péch. 33, révéler (un secret). ët3dw, exhaler son dernier chant : Ami M. 16, dissiper un charme par des chants. .
&shéw, dérouler : Sair. 44, ouvrir (un livre). érs:spéoouat, apporter par-dessus : D. acc. 27, apporter en dot. ërehaivw, pousser en avant ou à la suite : M. Rh. 5(ës%ur), progredi. ss, marche vers : Man. H. 49, attaque.
ir:604w, crier à ou vers : D. Court. 12, 1, crier contre (moyen). éreeipvou, aticler : H. V. 2, 43, joindre par-dessus. trio, délier : D. acc. 50, réfuter.
trwipoux, se repaitre de : Dion. 6, habiter dans. Tipouat, tirer péniblement : Nar. 2, traîner en parlant. ivw, étendre : Coll. 47, s'appliquer à (moyen). avw, couper : P. Portr. 46, (moy.) abréger. éopat, se servir souvent de : Portr. 27, abuser de. watäïw, venir souvent dans : Ps. 19, chez.
Exeoéyows, de chair différente : Am. 42, avec une autre personne. &wdos, éventé, vieilli ; Ti. 2, au propre, de la veille. %>yôw, atteler : D. Dieux, 7, k, fixer sur la lyre la barre transversale. Oakäipr, abri ou gite : Nav. 2, chambre d’un appartement. itwssiz, vie privée : Man. I. 27, ignorance.
xaignposivr, parole élégante : D. Dieux, 21, 2, volubilité de parole. #2=219ah5w, réduire en cendres : D. Dieux, 5, &, noircir de fumée. empoisonner : Am. 39, farder.
oua:, descendre : K. 38, fondre sur.
ya, porter le sourcil haut : Amours, 53, ètre hautain. AIO, chaleur ardente : Ami M. 26, fièvre.
xièsos, cèdre : Coll. 46, huile de cèdre.
#ohaozéstev, instrument de supplice : Mén. 14, lieu de supplice. niañns, gâteau : D. Dieux, 7, #, clef pour tendre une corde. Man. H. A5. délire, transport.
articulation creuse.
qévos, rigide, fig.
xov4w, être en rut, en parlant d'un chien : Dém. 21, être cynique.
Ansztouov, troupe ou refuge de brigands : Charon, 41 (plur. ), brigandage.
Aoëés, oblique : D. D. 46, 4 (fig.) louche.
u<020u6%ouar, être arrangé autrement : Am“. 4, changer de qqc.
petayodou, écrire autrement, transcrire : Man. H. 21, traduire.
perayoôvios, aérien : Aix. 28, qui doit s'accomplir plus tard.
éuoaxlas, non mûr : Trav. 5, prématuré.
o9oata (ra), relatif à la queue : H. V. 1,35, lisière (d’une forét).
rasartvêw, troubler, au propre : D. Cal. ÿ, fig.
raoar2o%w, heurter, écarter: Tr. 1, attacher, hisser (la voile), au passif.
nioapetoiw, mesurer auprès : Nav. 25, mesurer d'après.
rasrés, lit nuptial : D. Morts, 23, chambre nuptiale.
ray50couos, au propre : Ti. 23, fig.
reotdyw, conduire autour : Salr. 31, tergiverser, différer.
rluroaua, au propre : J. voy. 8, S'irriter.
rsovéutov, sorte de prélude : M. Rh. 17, arrhes.
gxtätw, couvrir d'ombre: Lex. k, marquer (telle heure) ; Zæ. 5, ombrer.
cuyxotivesQar, se mesurer avec un autre (Diod. Sic. 4, 58), blämé Sol. 5.
avviyw, rassembler : Man. H. 17, conclure.
guvavar{0rut, imposer en même temps : Phal. 2, 7, dédier en même temps. |
guvaorätw, sens propre : Z. tr. 38, ouvagra%etv 70 Erroômevoy (fig.), faire une. pétition de principe.
gévrayux, Corps de troupes : Ti. 58, troupe d'hommes, en général.
s25éw, couler ensemble : Herm. 86, couler avec, au gré de.
costeoiïu, s'approprier. D. Cal. 8, se concilier.
ra2tyonwhêiw, Vendre des salaisons : Mén. 17, faire métier d'embaumer.
reyorot6s, inspecteur de fortifications : Danse, &, qui construit un rempart.
totazxzs, le nombre trente : Deuil, 16, etc., un mois.
zpsyäw, récolter : D. Court., exploiter quelqu'un.
<v2s0w, brouiller comme du lait caillé : Ane, 31, comploter.
bréonetuat, être au-dessus de : D. acc. 23, être laissé de côté.
broxatarAlvu, Sens figuré : Coq, 11, sens propre.
brovio:hos, un peu‘nuageux : Fug. 25, qui est sous les nuages.
ooszhts, sorte de flûle : Charon, 17, bulle d'eau.
Cette liste, elle aussi, nous suggère les mêmes réflexions que les précédentes : les changements de sens du passif à l'actif, du propre au figuré, sont dans l’ordre
des choses : que Lucien ait connu ou non les vers d'Horace (ad Pis. 46, sqq.):
« In verbis etiam tenuis cautusque serendis, Dixeris egregie, notum si callida verbuin Reddiderit junctura novum. Si forte necessest Indiciis montrare recentibus abdita rerum...
.… nova fictaque nuper habebunt verba fidem, si Graeco fonte cadant, parce detorta.….,
etl’ensemble de ce passage, qui serait à citer enentier, il est clair qu’il s’est conduit en tout ce qui concerne le vocabulaire, comme s’il eût pris pour maître le poète latin : mais en vérité, tous deux avaient le même guide, le goût, le bon sens, la raison ; ce que l’un a dit et fait, l’autre l’a dit aussi, d’une façon moins magistrale, mais il l’a fait surtout, régulièrement et constamment : ce qu'il y a de plus remarquable dans ces listes de néologismes, ce qui est Le plus honorable pour Lucien, c’est qu’elles ne présentent rien, qu’elles n’ont rien au fond d'extraordinaire, de surprenant, de pédantesque. Ce sont, dans cette langue qui ignore la barbarie, des dérivations nouvelles, des rameaux nouveaux sur une tige ancienne et toujours la même. Nous sommes loin des barbarismes de Lexiphane, des incorrections du Soléciste : ces innovations sont sages, et conformes à la tradition classique. Du reste, la proportion des &naë keyôueve de langue postattique est bien supérieure ! à celle des éraë de langue attique : ne faut-il pas en conclure encore que ces néologismes étaient employés surtout dans des cas spéciaux, tandis que les termes attiques, d’acception généralement plus large, formaient le vrai fonds de cette langue littéraire ? Notons que les mots communs à tous les attiques sont bien
1 Sur 3 mots de l'époque postattique on compte 2 ärat; on n’en compte qu'un sur 3 mots de l'époque attique : 2/3 d’un côté, 1/3 de l’autre (Schmid).
plus nombreux ‘, chez Lucien, que les mots du vocabulaire particulier de tel auteur : quelque connaissance qu'il ait des comiques, de Xénophon et de Platon, il est clair qu'il s’est nourri de tout l’atticisme, qu'il n’imite pas avec affectation un auteur déterminé, mais une langue tout entière dans la plénitude et l'ampleur de son génie. Lucien, qui parlait comme ses contemporains, nous donnerait donc une idée exacte de ce qu'était, au second siècle, la langue des gens instruits : les termes généraux avaient peu varié et duraient encore ; seuls, les termes destinés à exprimer les découvertes scientifiques et les résultats d'analyses toujours plus subtiles, avaient dû être créés pour les besoins pratiques : la littérature s’en gardait. L'énorme proportion, en général, des mots employés une seule fois prouve combien le vocabulaire de Lucien était varié, et combien sont divers les caractères de ses ouvrages. S'il est vrai, comme on n’en saurait douter, même après une lecture superficielle, que Lucien ait toujours écrit avec propriété, cela prouve à la fois une grande abondance de mots, et une grande abondance d'idées. Nous ne disons pas richesse : richesse et abondance, on le sait, ne sont pas Synonymes. La langue de Racine ne comptait guère que 1200 mots, près de 9 fois moins que celle de Lucien : elle n’en est pas moins une des plus riches qui existent, parce: que l’auteur a trouvé des mots pour les nuances les plus fines, pour les teintes les plus délicates, pour les détails les plus ténus d’un sentiment donné ; et la preuve en est simple : si un poète, si un styliste médiocre eût été chargé, sans sortir du champ où s’est renfermé Racine, d’em-
1 14850, contre 220 de Platon, 146 de Xénophon, 59 de Thucydide, 45 de Démosthène, 38 des autres orateurs attiques (Schmid).
ployer tous ses mots, il eût été sans doute bien embarrassé. Lucien n’a jamais fait preuve d’une pareille puissance ; il s’est plutôt étendu en surface, content
‘d’esquisser une situation en deux ou trois mots justes,
sans insister ; sa description est légère, fine sans doute, mais vive et promple ; il analyse peu, il détaille plutôt. De là cette quantité d’éraë Arjéueve ; de là aussi l'impureté nécessaire de son vocabulaire : Platon, qui a fait usage de 9900 mots et a plus écrit que Lucien, avait à peu près épuisé le vocabulaire attique, et, sans aucun doute, puisé largement aux sources ioniennes de la philosophie; il a dû recueillir des mots à leur déclin, qui ont brillé dans ses Dialogues de leur dernier éclat, des termes qui firent bientôt l'effet de remonter à la guerre de Troie. Ces mots, Lucien n'a pu les conserver ; néanmoins il n’a guère employé plus de 2000 néologismes. :
Le grand désavantage de ceux-ci, c'est d'être trop longs pour former beaucoup de dérivés! ; il est vrai qu'ils ont un sens tel qu'ils sont plutôt le terme que le pointde départ des dérivations. Leur sort est en somme de s’abréger, en déformant tellement les mots que la langue finit souvent par disparattre, au profit d'un idiome presque nouveau : ainsi perustulére a donné brüler. L'arbre a grandi, le mot s'allonge, les suffixes couvrent et élouflent la racine, les mots d'une toise devenus nécessaires n’expriment rien de plus que l’ancien mot brefet clair ; le pittoresque s’en va, la langue s'useet vieillit. En particulier les adverbes à suffixes communs * :
dapardéy, nerpndéy, cuyvänts, ‘lacti,
{ N'a-t-on pas dit en français (?) l'associationisme et les associalionisles ? — ? Cf. en français les adverbes en -ment.
se multiplient, qualifiant la phrase abstraite, et non plus, comme l'adjectif, le nom concret ; ils conviennent plutôt à l’époque philosophique d’une langue qu’à sa période poétique. Mais Lucien, qui écrit avec propriété et discernement, a véritablement enrichi, et non pas seulement augmenté la langue, pour 1/3 de mots nouveaux, pour 2/3 de ses anciens mots recouvrés ou maintenus ; et, comme pour ces derniers il n’y avait guère qu’à prendre, peut-être le grec n’a-t-il jamais été aussi réellement abondant, et même riche, qu’à l’époque de l'atticisme.
Que dire des mots poétiques ‘? Si l’on néglige les nombreux emprunts de Lucien au vocabulaire des comiques, qui est une espèce d’intermédiaire entre le langage écrit et la langue de la conversation, on en trouve la forte proportion d’environ 4 sur 7. Assurément il faut faire la part des citations, ou plutôt, puisqu’elle est faite, celle des réminiscences; néanmoins notre auteur n'échappe guère plus que les autres à l'apparente prédilection de toutes les époques de décadence. Est-ce pédantisme volontaire ou involontaire d'anciens élèves de rhétorique, nourris de citations d'Homère mal assimilées et qu'ils nous rapportent telles quelles ? Non certes : les pédants et les impuissants sont de toutes les époques. La vérité, c’est plutôt que la langue, nous l’avons dit, devient plus abstraite, partant moins pittoresque, et s'adresse plus à la raison qu’à l'imagination : or, les poètes seuls représentent la tradition primitive, celle du temps où tout langage
1 Cf. Ziegler, De Luciano poetarum judice et imitatore, Diss. inaug. 8, Gôttingen, 1872. Les anciens avaient déjà remarqué, à propos de Platon et de Xénophon, cette invasion des mots poétiques dans la prose : Cf. D. Hal. à Pompée, 2 ; Hermogène, de id. p. 419. Dion renchérit encore sur cet usage.
écrit est poésie. L'auteur, à court d'expressions faisant image, puise, discrètement d'abord, puis bientôt à pleines mains dans ces trésors immobilisés, que les classiques se bornaient, riches d'ailleurs, à contempler sans y toucher autrement. En temps de famine et d'épuisement, on se faisait peu scrupule de profaner les sanctuaires et de porter la main sur l'or des temples. La mémoire, évidemment excellente, de Lucien devait lui être une tentation plus vive encore d'employer en pleine prose le vocabulaire des poètes. Or, de l'avis unanime des critiques, des statistiques dressées ‘, des observations les plus minutieuses, il ressort que Lucien a fait, des mots poétiques, l’usage le plus modéré. Du reste, ces mots qui enlèvent à son style une partie de sa puissance et de sa pureté, lui assurent par endroits une singulière grâce, et contribuent, eux aussi, comme l'atticisme en général, à le marquer d’une légère empreinte d'archaïsme, peu profonde, mais charmante, d'aspect naïf et simple ; l’archaïsme est presque tou- Jours poétique par ce seul fait qu’il nous reporte à une époque plus ancienne, plus voisine de l'âge poétique de la langue ; avec une pareille tendance, quelques termes étrangers à la prose ne sont guère déplacés, et les anciens Îles confondaient sans doute dans la foule des archaïismes.
Lucien, dans le choix de son vocabulaire, a donc fait preuve des plus sérieuses qualités : impur, il l’a été sans doute, et, nous pouvons bien le dire, de parti pris ; car d’une part ses railleries contre les auteurs inintelligibles à leurs contemporains nous prouvent cette vérité, que l’examen attentif de ses œuvres nous
L1/js à peu près, suivant Schmid, y compris les termes empruntés aux comiques.
permettait déjà de conjecturer, à savoir qu'il s’est tout particulièrement appliqué à être compris; d'autre part il.emploie sans parcimonie les termes d’un grec déjà ancien ; mais, dans la mesure où s’est produite cetle sprte de contamination, Lucien ne nous présente pas un langage bariolé de ces plumes diverses, déjà tournées en ridicule par le poète latin, ni des périodes où se heurtent les néologismes et les archaïsmes pédantesques ; il nous a si souvent manifesté par ses paroles son dégoût de tout pédantisme, que nous ne pouvons être surpris de n'en pas trouver dans ses ouvrages. Assurément, il est aujourd'hui bien difficile d'apprécier exactement l’art avec lequel notre auteur a pu fondre en un seul langage les vocabulaires de deux époques: les lexiques sont trop incomplets, les œuvres perdues, surtout, ont ‘donné lieu à d’irréparables lacunes. Cependant, si nous en jugeons d’après les railleries de Démonax et du Maître de Rhétorique, si nous considérons les conseils positifs de la Manière d'écrire l'histoire et les renseignements de la Double accusation, nous sommes bien autorisés à penser et à soutenir : 1° que Lucien n’a jamais dû, à proprement parler, ressusciter des mots oubliés; mais plutôt conserver ou maintenir des mots précieux, qui tombaient peu à peu en désuétude. Le fait que ces mots ne se retrouvent plus dans les auteurs postérieurs à Platon par exemple ou à Hypéride, et dont nous avons conservé quelques œuvres, ne prouve nullement que ces mots aient vraiment disparu du vocabulaire grec après Hypéride, ou Platon; 2° qu’il a dù garder constamment une grande discrétion dans l’emploi des mots d’époques différentes, et qu’il a cherché à ne jamais former d'assemblage choquant. Ce sont là des principes, qu'il défend à plusieurs reprises, et d’ailleurs, à cet égard,
la critique a toujours été unanime à penser que la langue de Lucien était d'apparence simple et une.
Nous compléterons cette parlie par quelques considérations sur l’emploi des prépositions, des particules, des locutions et enfin des tropes.
Les prépositions sont construites d’une façon plus libre avec d'autres prépositions ou avec des adverbes et des conjonctions,qu'elles ne l'étaient dans la proseattique. C’est là probablement ce que le grammairien Socrate appelle un barbarisme ‘ : il s’agit d’un hyperatiique qui voulait dire, en archaïsant, txroxe, et qui se trompait :
« r@ dE Xéyovre EKTOTE, xadèv, êpn, vè eme EKIIE- PY2I, à yàp Nhdrov EXTOTE Xéyet, »
Axes est fréquemment construit avec une préposition, de même que tous les mots signifiant « jusque », au rebours de l'habitude attique: ainsi ype roès *, particulier à Lucien, péyor* et Este * mode, dyot ess, qui se rencontre une seule fois dans Xénophon ‘, ëcte eis *,employé une seule fois, et encore dypt vüv', qui se rencontre aussi dans la version des Seplante. Tous ces mots sont confondus, et remplissent presque indifiéremment des fonctions d’adverbes, de prépositions, de conjonctions ; en théorie « jusque » est un adverbe de lieu et de temps, qui peut se joindre à des prépositions (lieu) et à des conjonctions (temps).
Aux roi * est inusité.
°Ex servait à former des locutions attiques, comme êx toû paveoob (cf. en français « de plus belle »), sur
1 Sol. 7. — ? Songe, 15. — Nav. 24, etc. — ? I. 23. — * Nav. 3. — “Pass. — 4 An. V.B,4. —* Xén. An. VI, 7, 1. — * Lucien Ti. 39, — Septante. Gen. 44, 18. — ®° Ami M. 46. — 1° Thucydide. IV. 106.
148 L'ATTICISME DE LUCUIEN
le patron desquelles on peut en construire une infinité
* d’autres : êx toù douvoÿs ‘, &Ë ÜneodeËioy *, ëx Tcù omoiou*, ëx voù paorou * : c’est la décomposition de l'adverbe en seséléments.
Ev oyñpar est rare ‘, &v péoet * est plus fréquent.
Ent, sur, employé au sens locatif de en avec un nom de pays, n’est pas attique : éni tic "EAAGdOS ‘, nr éonuiac”, éni Tâs oixias *, éni ris natpidos ‘ : il est vrai que Xénophon disait éri Eéns *, et peut-être les autres expressions se sont-elles formées de celle-ci. De même, pour l'emploi temporel, Platon disait éri ro5 oe5 fiou*; on en vint à dire plus tard : éni puäs nuéoas ‘; enfin, à l'imitation d'expressions attiques comme és" fouyiastt, on rencontre chez Lucien ër' dxct$stus ‘*, c’est-à-dire, avec le substantif figuré, un emploi de éri tout à fait analogue à celui de &x avec l'adjectif neutre précédé de toù. Ent, dans lintérét de, existait déjà en atlique *: on dit couramment, à partir de Lucien, arodvisxsw ni wc!" mourir en laissant ses biens & quelqu'un.
Es au eis sert à former des locutions attiques comme sig to pavepoy ‘* (cf. en français « à la française »), et, par suite, dans la langue commune, des locutions sem. blables ‘ : chose remarquable, Lucien en reprenant de vieilles expressions de ce genre employées par Thucydide *”, a gardé la forme ë. Eiç tv Bacihéa * est aussi une négligence de l’époque alexandrine.
Kara est d'un sens si peu déterminé encore pour l’attique, que nous ne saurions établir à coup sûr,
1 Nav. &&. — 2 Ti. 45. — 3 Portr. 24. — % Sal. 6. -— 5 Luc. (?), 34, — 6 Pass. — 1 Mén. 22 — SH. V.II 5. — * El. D. (?), 2%6. — 10 Phil (?)9. — 11 Am. (?), 9. — ‘? Cf. Platon, Phèdre, 242 à. — 13 D. Morts, 41. 2. — ‘+ Aristoph. Guêpes, 1917. — 15 Charid. (?). 2. — 16 Cf. Cucuel. Synt. grecque, éd. de 1888, p. 242. — ‘7 Dial. Morls, 7, 1. — 18 Thucyd. 1, 6, 5. — 1° és vd &nptôËs, Êç To Écyatov, etc: — 0 Cf. note 18. — 2 D. Syr. 20 (?).
même avec le secours de Du Mesnil, une liste des irrégularités de notre auteur; toutefois le passage suivant ‘, en dehors de la confusion de aùra avec duäs adra, est remarquable :
rñc Xaÿ auta roËeuwc . | e e. - « , \ , est pour Ts avtüv (ÉxXGOTUY, TaËews.
Ainsi disparaissait peu à peu le génitif propre au profit d’une expression plus claire.
‘Yro, avec le passif, est souvent remplacé par rapc * ou #p6s * avec le génitif, qui marquent l’origine au lieu de l'influence ; cet usage, rare en attique, s’est beaucoup étendu à l’époque de Lucien. A l’imitation de nods Piav synonyme de ffraims, npos et l'accusalif peut remplacer un adverbe de manière ‘; ce mot sert enfin ‘à éclaircir l’idée du génitif. Avec le datif, üro remplace le datif seul, le datif d'accompagnement causal®, üré avec le génitif 7.
Ainsi, l’usage des prépositions s'est étendu el affaibli. Elles finissent par perdre leur sens particulier pour se borner à la formation de locutions adverbiales ; mais Lucien, respectueux de l'antiquité, a suivi les exemples des anciens, en formant des locutions analogues aux leurs, en ressuscitant celles des leurs qui se perdaient. D'autre part, tandis que certaines prépositions gardaient un sens précis, la plupart ne servaient plus qu’à l'explication des cas et à leur résolution en deux éléments, comme en français. Lucien n’a certainement pas résisté au mouvement qui entratnait le langage dans la voie de l'analyse ; il lui appartenait d’autant moins de l'entraver, qu'il ne nous semble pas en
1 J, 3. — © Nombreux exemples.— ? Herm. 67.— # To. 9. — 5% Nigr. Lettre, à rpdc roùs Àdyous Epws. — 6 Coll. 13. — 7 Songe, 11.
avoir eu conscience. La science de la linguistique n'était pas née, l'esprit analytique apparaissait déjà chez les classiques ; le rôle de Lucien en cela fut tout passif.
Les particules de liaison sont très nombreuses dans ses ouvrages. À son époque, malgré la connaissance des signes de ponctuation créés par les alexandrins, l’usage des particules subsistait toujours, et survivait à leur rôle historique, terminé depuis longtemps ; et même, soit par recherche d'archaïsme, soit parce que le bavardage des Grecs avait d'autant plus besoin de clarté que leur esprit perdait de sa finesse et de son acuité, les particules se mullipliaient dans le discours, et s'employaient à tout propos. A celles des Attiques se joignent celles d'Homère, des lyriques, plus rarement celles des alexandrins et des contemporains d'Asie ; il y a même des groupes de particules. A côté de &klx, employé au début même d’un traité — il est vrai que, dans les trois cas ‘, il s’agit d’un dialogue supposé en cours, — On trouve fréquemment ha yo, äXl'obv, plus rarement ax priv”, GA ro”, ax dn |. Qu'est-ce à dire, sinon que &ha, dont le sens primitif est « d'ailleurs », a fini par marquer simplement le début de la phrase, comme le « et autrement » de nos méridionaux ?
Aoû, qui suit si fréquemment si ou eïep, et aussi pen *, té note“, noù note‘, oùto ", renforce la particule, comme « donc » dans notre langage familier.
Aù * finit par avoir le sens rudimentaire conservé par al«.
1 Dial. D. 2, Dial. Mar. &, D. acc. —? Herm. 79. — 3 Le. 19. C'est Lexiphane qui parle. — * H. V. II, 27. —S TuP.2.—56 Ami M.1. — * Dial. Morts, 20, 4. — * Ami M. 32, — ® P. Portr. 25.
as renforce d4', obv”, toi”; yé renforce: toi° et iv * ; ai remplace y&o dans les interrogations .
Aë marque assez souvent une anacoluthe : il précède le second membre d’une proposition relative, et lui donne la tournure d’une proposition principale : Herm. 28 :
...ToËotn, 05 déoy ty naked natutoËsüoat, © À È Tnv , f, . on ‘ ppwfoy évéteusv.
Aë est renforcé par &ox", 7", n”, toi”.
An à l’emploi très étendu de notre particule affirmative « bien » : Onaadn', dunou ‘?, danoube ‘*, Jnnote'*, dûta ‘*. |
Eirx est, non sans quelque affectation, le premier mot de /a Salle.
"H s'emploie comme 9%, un peu moins souvent.
Kai, qui signifie « de plus », sert à former des locutions assez longues, imitées de l'attique xai dn aa :
xai yao ao nal 16,
xai 25 oùv xat Î?, xat yao xal 18,
x2? OrtTa xat 19, « ; 4 [4 ! 20 «at pévrot xa! 20, xa? urv «ai?!
* HT , xai tolvuv xal 22;
toutes ces expressions se rencontrent aussi sans le dernier xœi, et même plus fréquemment : 4xi dn est
1 Dial. Morts, 12, 6, et passim. — ? Trav. 26. — 3 Sal.&. = * Herm. S1. — 5 Herm.2. — 9 Herm. 10. -- 7 To. 12. — * Herm. 18. — * Herm. 7. — 19 Ti. 20, corrigé en yé par Jacobitz. — !! Très fréquent. — 1? Id. — 13 Id. I. 47. — 16 Id. — 15 Id. — 16 Sal. 27. — 17 Nav. 40. — 19 Lex. 13. — 19 Nigr. 3. — ?° Dém. 46. — ?! H. V. IT. 17, Man. H. A6. — Pér. 13. — *? Man. H. 37.
fréquent, et xat dn xai assez rare . Kai renforce les interrogations : : Péth. 9:
Ao Tis GY XATNYOPAOELSV, El... ;
Il est à remarquer que Ælius Aristide * recommande l'emploi de xai uv pour réaliser dans le style ce qu’il appelle la -/Auxürns. C'est là un exemple de ces formules enseignées dans les classes, et grâce auxquelles on réalise infailliblement une qualité, comme jadis il était admis qu’un discours latin sans esse videatur ou quippe qui n’était qu’un tissu de gallicismes.
Mxv a un emploi corrélatif à celui de ôx, sans guère conserver la nuance qui séparait ces deux mots à l’origine, pwy étant surtout placé dans un premier membre, et dr dans un second, souvent avec le sens emphatique
de « là » dans « celui-là ». On trouve ainsi c> puy avec à ou sans * yé, rarement oùte préy *, où prnv GAÂ&", té pm 1. Méy, crase de à oùv (en latin num) est qualifié d’atlicisme non seulement par Mæris *, mais par Lucien lui-même dans des passages célèbres ‘; il raille ce mot comme une recette infaillible d’atticisme, et toutefois il en a fait quelque usage “. Mœris ” l’oppose à un dpd, qu’il range dans la xorvn dtéAentec.
Ovxoëv, dit Schmid, est à peu près étranger au Nouveau Testament; Lucien l’a employé très souvent, de même que oùpeyoiy.
Ov el roi servent encore à renforcer, la première Goneo ‘*, pndé *, pote *, yé ‘° et dé**, la seconde, irai ‘ et les démoustratifs ‘* assez rarement.Toryxoc5y n’est pas
1 Per. 13. — 2? JI. 6, 4. — * Fréquent. — # Nigr. 36. — 5 Deuil. 15. — 6 An. 11. — ? Dial. Mar. 15,1.— * P. 242. Müov ’Actixüç pr, &oa “Elrvxos. 9? M. Rhét. 16. Lex. 21. — 19 Ass. D.6; Diui. D. 6. 1: Nav. 11; Ami M. 18 ; Sc. &; Z. tr. 3. — 11 Cf. note 7.—13 M. Rhét. 18. — 13 El. D. (?) 12. — 14 cyn. (?) 15. — 15 Emploi régulier. — 16 Id, — 17 Désh. 22. — 1% Tim. 9. — Nigr. 37.
toujours à la première place; on trouve quelques exemples de roryäora", et beaucoup de roi toujours hors de la première place, une seule fois placé après d4 ?.
Ces particules employées sans mesure, et, sinon sans discernement, du moins sans signification bien précise, donnent au style une souplesse, une aisance, une fluidité extrêmes ; le lecteur ne se fatigue pas à suivre péniblement un sens serré ou subtil : les particules expliquent un peu, et reposent beaucoup. C’est la caractéristique des langues méridionales, ou plus exactement des idiomes méridionaux de chaque pays. Or la végétation des particules en attique était déjà riche : elle devient luxuriante. On peut ainsi parler beaucoup et longtemps sans s’épuiser ni lasser l'auditoire : cet abus des particules est, chez Lucien, un résultat de son éducation et de sa profession de rhéteur. Dans un discours d’apparat, il n’y a pas d’entr’acle, le rideau ne tombe jamais ; on récrée l’auditeur en lui parlant pour ne rien dire. Delà en partie le grand charme des poèmes homériques, et aussi des traités aimables de notre auteur : c’est une source abondante, mais limpide, continue et fratche, où l’on s’abreuve sans ivresse, qui coule indéfiniment sans tarir, qui occupe l'attention du lecteur sans en tendre tous les ressorts. Par là, mais à force de science, Lucien se rapproche du langage parlé.
Au choix des mots se rattache étroitement le souci de l'harmonie dans l'expression et le style. Lucien a toujours autant que possible, mais sans affectation, évité l’hiatus, soit par la disposition des mots, soit par J'emploi de l'apocope ou de l'élision, soit même par le
+ Mén. 16. — ? An. 20. Dans toutes les notes qui précèdent, nous n'avons voulu donner que des exemples, non constituer un répertoire complet. :
choix des termes : : les y el les ç euphoniques sont introduits par lui jusque dans les parodies ioniennes. Une fois * il a dit xatiaoi oi, parfois * il a employé oùros devant une consonne ; mais en bon Atticisteil a recher. ché les crases qui réduisent le nombre des concours de voyellés : rerrasaxovroürns * pour rerrapaxovtaérns, abtoù pour éautoÿ, x&x pOur xai ëx *, XGË POUT xai éË ‘, ray pour tà ëv *; ToÙpporvysoy pour Tù Gpportytoy *, xd pOur xai iv”, Toricnpoy pour +è énionuoy"", &yio pour & dvno'', toûy pour +ù ë" , ToÙHLpavÉs pPOUT To éupavés La crase xara était chère aux Atticistes comme la crase y : Lucien en blâme aux mêmes endroits la recherche affectée ; il n’a pas cru non plus devoir s’en abstenir absolument ‘*. Avec npo devant un verbe, la crase est fréquente, et l'hiatus aussi : TpoE)Ocv, TPOEMOMEVOS, Tpoéctnox ne SON jamais remplacés par les crases correspondantes ; avec l’augment &-, Lucien semble n'avoir suivi aucune règle fixe ; il dit néanmoins rpouye plus souvent que rvoéye. Son idéal, nous le savons ‘”, est cette xxAipuvia des Az qu'il admire chez Platon, cette ouvôxn tüv Gvopatwy enoatos xai méon qu'il conseille à l'historien ; il raille ceux que les petits détails, les broussailles de la langue attique, empêchent de voir, et par là même de rechercher dans leurs écrits, les grandes et belles qualités de l’atticisme. C’est à les réaliser cependant que doivent tendre toutes les règles si compliquées de la rhétorique dont la fin, quoi qu’en pense l'inepte datopay didacxxdos, ne saurait être en soi. Tel est bien le principe que Lucien défend en blâmant Le principe
1 Evexev pour Evexa. — ? Mén. 22. — 3 S. enc. 9, Péch. 3k, Erc. 18, Herm. 67, les deux dernières fois devant un Y. — + Herm. 13. — 5 Trav. 26 ; Tyr. 9. — 6 Phal. I,3. — 7 Phal. I, 6. — 5 El. M. 3. — 9 El. M.&. — 19 Herm. k4. — 11 Sc. 11. — !? Désh. 29. — 13 D. Cal. 9. — 1t Dém. 35 ; Par. 2; Deuil, 18; Herc. 7 ; K. 12. — 15 Péch. 22 ; Man. H. 46. |
contraire, tel est aussi celui dont il paraît s’être inspiré dans ses écrits.
Les locutions proprementdites ne présentent en général pas beaucoup d'intérêt ; voici les plus remarquables, en raison de leur sens ou de leur origine :
ês véwra, Ti. 52, est inconnu en prose attique avant Xénophon.
atap einé pot, Herm. 14.
dAhws re (sans xai), Z. tr. 32, se trouve dans Xénophon, Cyr. I, 6, 43.
ëy Evxpérous, Ami M. 40, est un atticisme de la vieille époque : CIA, 2, 553, 8 (403 av. J.-C.), 2, add. 241, b. 21 (396 av. J.-C.), etc.
Gadpa Eye me, Trav. 14, est imité d'Homère et de Sophocle.
n oùx änodoats, H. V. I, 36, l’est de Thucydide ([, 437, IE, 95).
iaxtowy naides, pour iutooi (Dips. 5), ypapémy raides (Zæ. 5) pour ypapeis, bnropoy raides (An. 19} pour Sétopes, avec suppression de l’article est une expression poétique employée par Homère (Ii.v, 151), Hérodote(I, 27), et assez fréquente chez Platon (Lis, 769 b).
airo ti gnut ; COMme drap siré por, est un alticisme de haut goût (M. Rhét., 11).
Leibov aoyñs (Hérd. 1) rappelle le latinisme major spe. rouges Eywy (1. 24), très rare chez Lucien, est fréquent chez Aristote, et surtout chez Platon.
__ moui pe Gmopëiv (lerm. 26, Nav. 16, Pr. 3) se rencontre déjà chez Homère (Od. Y, 258) et Xénophon (Cyr. 4, 5, 48).
to napänt (Herm. 31) est inconnu d’ailleurs.
thvde muéoay (Trav. 8) sans article, est une expression particulière à Sophocle (0. R. 438; Phil. 312).
Urtd qua (An. 25 et 29) se trouve dans Hérodote (VII, 226) et Xénophon, soit au singulier, soit aussi au pluriel (Cyr., 8, 17; Œc., 20, 18).
xäpu oida aot (An. 15), « je te sais gré », est employé chez tous les Attiques.
Gonso eineiv (H. V. I, 29) au contraire est particulier
à Lucien, qui l’a employé une seule fois.
& rav (Coq, 17; [. 2) est un dorisme rare en attique ; c’est sans doute une forme de x pour cv.
Ce qu’il faut retenir de ces exemples, qui pourraient être multipliés sans peine, c’est le désir visible, chez’ l’auteur, d’imiter les Attiques, ou plutôt, ces locutions sont peut-être la trace la plus visible dans les œuvres de Lucien de ses réminiscences classiques, et de sa prédilection pour l’époque attique. Les principes qu'il formule çà et là dans ses œuvres sont plutôt, pourraiton dire, la partie négative de son atticisme; c’est son bon goût, son Jugement sûr, sa critique saine qui l’a empêché de tomber dans les excès ridicules d’un Lexiphane ou d’un Pollux; mais ce sont principalement les souvenirs qui en sont la partie positive; c’est l’éducation qu’il a reçue et dont il se souvient qui l’a surtout rendu Atticiste.
Lucien, qui écrit presque comme on aurait pu arler. multiplie l'emploi des figures et des comparaisons : c'est là une preuve de simplicité plutôt que de recherche, si l’on considère que ces élégances sont naturelles et aisées, et de plus, généralement utiles pour donner au discours plus de clarté ou de pittoresque. Lucien n’est pas de ceux à qui l’on a besoin de dire : « Mihi cane et populo; » il parle pour être compris, et, en dehors des quelques déclamations d'école qui nous sont restées de lui, il est rare que le seul amour de l’art engendre chez lui les métaphores:
Celles-ci sont empruntées surtout à la scène, aulangage du théâtre : P. Portr. 29 :
éreinso draë oo vo dpäpa napadtèoxa, vov iv éanodv érortmsoar énôtav di Très bipoucdvaxnpüt- TOOL TOY AGLTOV, TÔT YÔn 2x aùrès napécopuar fôpuevos énoiôy ri T6 rékos toÙ d'yüvos Etat.
Mais en général il n'emploie que des expressions très compréhensibles pour tous, et qui étaient ou devaient devenir proverbiales : Ami M. 29 :
Geèv dnd pnyavis énetoxuxAnbivai por robroy Gunv ürd Tâs TÜyns.
Le verbe roxywûe (Pér. 3) rappelle les railleries de Démosthène contre Eschine : ‘
à dé nûca 105 dpauaros diacueu roudde hv, elc.
Les métaphores empruntées à l’art militaire sont presque aussi nombreuses : il parle de « élus donovdos Kai dxñguxros médeuos ! », de « drxona roËew* », de « äroppinres tv dorida ? » ; il recourt à la navigation, à la pêche, à la chasse, au jeu. Toutes ces comparaisons sont aussi simples et aussi populaires que les mots français viser, aborder, partir en guerre, rompre en visiére, etc. La religion, le commerce, la médecine, l’industrie, les arts, la rhétorique, la philosophie, la mythologie, les fables d'Esope sont autant de mines qu'il exploite sans mesure. Il rappelle tour à tour « le Renard et l'Homme qui compte les vagues ! », le Geai paré des plumes du Paon° », l’histoire de Niobé, les amours de Pygmalion, les travaux d'Hercule, les voya-
L Péch. 36. —? To. 63. — ? Z.tr. 41. — 4 Herm. 8k. — Ps. 5, Ap. &.
ges d'Ulysse ; enfin il reprend pour son comple bon nombre de proverbes : |
‘Dial. C. 9, : £06mûer ra va bu, les oreilles vous lintaient.
Herm. 78: rôv Etepov nôda Ev <ÿ eopæ Éywv, avoir un pied dans la tombe.
Man. H. 93: &ôivev dpoc, la montagne qui accouche.
Man. H. 28 : ro pèv H60ov adro pr BAéretv, tas dxavôac Où autos Tac Tapàa Trv pitav axp10Ws ÉTioxonE iv.
Sal. 26 : siv roourdéuws peolôa oépsadat, la graisse et les os.
Songe, 9 : Xxyw Biov Liv, vivre lu vie d'un lièvre.
Man. H. 9 : Éswpevos too Nixogtoétou &v,
Trav. 11 : ôpxoç aovoïç 7v éyw, être le démon pour quelqu'un.
Trav. 5, Herm. 76 : +ù mod Edxheldou tEeréteiv, remonter au déluge.
Le reste, métonymies, antonomases, litotes, hyperboles, prête aux mêmes remarques ; signalons cependant les pluriels de noms abstraits au nominatif sujet :
eyén Onoioy, px rActaviotüy, xdAÂn yapioy,
Je régime de ces noms abstlraits étant lui-même au
pluriel, mais concret. Cet usage se rencontre aussi en latin. L'emploi des substantifs Agpodirn, le rut, rotyoc, la luvure, était usuel. C’est toujours la même apparence de naturel : les figures semblent se présenter spontanément, les citations ne sentent pas l’érudition, les allusions sont intelligibles à tous. Il a tenu à être compris sans eflort, non seulement du public lettré, mais, on peut le dire sans exagération pour la plupart de ses ouvrages, de quiconque savait lire.
Le vocabulaire de Lucien est bon ; il n’est pas pur,
ilest vrai, non plus que celui de Platon, de Xénophon,
d'Homère et d'Hérodote ; les puristes seuls ont la pré-
tention d’en posséder un pareil; mais ce vocabulaire, “avec la discrétion qui paraît avoir présidé à son choix,
est celui d’un classique. Nous ne savons ce que les
Attiques, s'ils fussent par miracle revenus au monde,
en eussent pensé ; mais il semble bien qu’on ne puisse contester à Lucien ce mérite d’avoir parlé sous Marc- Aurèle un attique intelligible. Telle était son ambition sans doute, puisqu'il a si vivement critiqué les auteurs à la mode qui se souciaient peu d’être compris ; mais si les matériaux, si les pierres de son œuvre dataient de la bonne époque, la construction fut plus récente ; nous devons examiner s’il demeura fidèle à la syntaxe classique, et surtout dans quelle mesure, par son style, Lucien mérite une place parmi les auteurs classiques dignes du grand siècle athénien.