SUJET. VERBE. CIRCONSTANCIEL. RÉGIME
Personne to KAtwvi Evidence de 3 choses PAVEDOD YEVOLÉVOU aÜTOÙ 1° Point de départ ärû toù K. |
Départ xatab4vtroc 2° xai
Lieu Év Th nôet Émipavet or
précis ÉEwOev
plus précis mepi tù ispôv tic ’A.
sacrifice Buopévou 30 va!
résumé taÿta
de ce qui précède rpésaovtus Action dyyékAeTEt
Accolade bre
TT
1er sujet À TE OTPaTIA ….rédel
2e xA1 sujet. br vas nÜÂG .….oalvovra.
Cette phrase, ainsi construite, n’est pas bien facile à comprendre ; l’auteur n’est pas seulement un aristocrate d'opinion, il ne semble guère écrire pour le peuple. La déduction est bonne, mais, à vouloir l’exprimer telle qu’elle est élaborée dans le cerveau d’un philosophe, on bannit la clarté.
Rien de pareil chez Lucien : si les faits qui rentrent
‘ Thucydide, 5, 410.
dans un même groupe logique sont trop nombreux, on les sépare, quitte à les relier ensuile à grand renfort de particules. Platon déjà, en employant le dialogue, avait brisé cette lourde synthèse; Lucien utilise aussi et emprunte à Platon cette forme familière, en lui associant l'esprit de la comédie ‘ ; le dialogue qui, succédant à la prose philosophique de Thucvdide, avait été un agent de clarté, n'était pas devenu populaire, et demeurait encore le cadre des plus abstruses dissertations. Peu à peu à la synthèse succédait l’analyse : quelle différence entre les phrases citées plus haut, et ces périodes plus claires encore que celles des plus clairs Attiques, de Démosthène, et d'Eschine lui-même, le plus intelligible des orateurs ! Le style de Lucien n’est pas toujours coupé, tant s’en faut; mais comme les résultats de l'analyse sont difiérents ! Dans cette
+ phrase : dnavtes yao és tpoudior mapexivouy xai lauésia épféypovro nai péya du, pélota Ôë rnv Eüpiridou Avôpouédav épovddouv nai thy toù Tlepaéus fhatv &y pion dubnese, Aa peoth HV ATOS Gypdv dndvray xat Xenzdv roy fdopainr éxsivoy toaydav,
où d'à Geûy tüpawve xävéporav "Fous,
ai taMAa peyékn rà povÿ dvabodvruy xai Toûto éni mokd, dyot dn jeu nai 6006 de péyx yevdusvor Erauge Anpoërras aroÿs *, tous les membres sont coordonnés entre eux, non subordonnés les uns aux autres ; la partie subordonnée suit l’autre, de sorte que, pour faire la construction en mot à mot, il n’y a plus que des
* D. acc 34.
* Man. H.1.
inversions de mots, non de propositions, à faire dispa-
raître :
Sujet GTAYTES YAP ire prop. princip. Ëç Tpaypôlav rapexivouv 2e » xai lauOeta ÉpOEyyovto 3e prop. princip. ” xai péya ÉGéwv Appel d'attention mäÂtota ÔÈ &e » riv Edperlôou ’A. Enovwôouv je » xai tv T. II. pioiv èv méoet drebnesav
0® (autrement construite) x? MLEOTT Fv À TA WY ou... TpaypÜwv
1 régime où Ô',& Getwv….
2° régime «ai TaAa et circonstanciel He. TA Quvn «d’une détermination de la 6e ävaGowvtwv, résumé (7e) nai Toto ni roÀd, subordination à l'ensemble, ax pt ôù 1e sujet XEUHV 2° sujet | Kai 4p90ç ÔE détermination du 2° sujet péya yEvépEvoY verbe ÉTAUTE détermination du régime An2odvzas régime. | AUTO.
On le voit : pas d’autre inversion que celle du régime avant le verbe, comme en latin, ou, comme généralement en grec, l’épithète avant le substantif. Nous sommes luin de cette période de Thucydide, plus coùrte peut-être, où le verbe unique, placé au milieu, était précédé de son complément indirect et de tous ses circonstanciels, pour être suivi de son sujet chargé de dépendances ; avec une subordination si savante, avec un emploi si étendu de cas, de modes, de propositions obliques, s’il est permis de s’exprimer ainsi, les particules étaient inutiles dans l’intérieur des périodes ; elles se sont mullipliées quand la période s’est brisée ; ce lien extérieur est venu remplacer jusqu’à un certain point l’ancienne force de cohésion, tout intérieure, qui
maintenait étroitement unies les parties de ces blocs massifs.
Le sens, ou, si l’on veut, le direction grammaticale des 3 phrases considérées plus haut est la suivante :
1° Thucydide : une période, une proposition :
Proposition simple, Causes,
Causes des premières, Causes des secondes.
2° Thucydide : une période, une seule proposition principale, plusieurs propositions secondaires :
Complément (substantif),
Circonstanciels (propositions), d ” 4 Verbe, 2
Sujets (propositions).
3° Lucien : une période, 7 propositions principales, une secondaire :
dre proposition.
ke »
7e (résumé).
Proposition subordonnée : S
de plus, et c’est ce qui donne à la phrase une variété suffisante, chaque proposition contient une inversion légère, soit le complément avant le verbe dans les 5 premières propositions, l’attribut avant le sujet
daus la 6°, le participe avant le substantif dont il dépend.
Dans les premières phrases, on altend jusqu'à la fin, d’une part le verbe, d'autre part Île sujet; jamais la phrase ne paraît finie avant de l’être réellement ; c'est un tout savamment étagé, on ne peut rien retrancher sans couper dans le vif, on ne peut s'arrêter qu'à la vraie fin ; tout est doctement subordonné au verbe, âme unique de l’ensemble. Ces phrases sont, en quelque sorte, de l’'embranchement des rayonnés, avec des membres qui dépendent tous d’un même centre; les phrases de Lucien ressemblent plutôt aux annelés, dont les divers anneaux appartiennent bien sans doute à un même corps, mais contiennent chacun un organisme complet. Quand on a disloqué une phrase de Lucien en 7 ou 8 autres, les fragments en demeurent intacts ; il suffit de les réunir de nouveau, tels qu’ils sont, par une particule comme xai, et, bien souvent, l’ensemble est reconstitué. De même en latin, les périodes, chez Quintilien, se terminent le plus souvent par la partie la moins nécessaire : la subordonnée pend à la prin-
cipale, au lieu de reposer sur elle. Et pourquoi cela?
Sans aucun doute, parce que toujours, avec le temps, le public lisant s’accrott en nombre, et qu’il importe à qui veut être lu d’être de plus en plus aisément compris. Les savants et les philosophes retrouveront toujours la subordination qui échappe au vulgaire, et le vulgaire du moins aura saisi quelque chose.
Mais n'exagérons rien : les sacrifices à faire aux plus simples des lecteurs ont une borne, et, sans peine aucune, il n'y a plus aucun plaisir. Lucien, qui connaît son temps, n’a cependant pas oublié les leçons des vieux maîtres : aussi a-t-il conservé, au défaut des inversions de phrases, toutes celles qui ne nuisaient
pes à la clarté : régime direct avant le verbe, attribut et qualificatif précédant Le sujet, sujet suivant le verbe, il nous présente encore loutes ces légères obscurités, grâce auxquelles on peut garder quelque chose de l'ordre logique, et ne pas donner à l'expression de la pensée l'ordre absolument contraire à celui de la pensée même. Si les Atticistes s’étaient bornés, comme lui, à retenir le langage écrit sur cette pente dangereuse où peut-être il roulait déjà, à l'empêcher, au nom des vieux auteurs qu'ils prétendaient imiter, de se confondre avec le langage parlé, à modérer la rapidité de cette évolution qu'ils prétendaient arrêter, leur œuvre eûtété bonne et leur effort louable, puisqu'ils n'eussent visé à rien moins qu’à sauver le grec en tant que langue lilléraire ; mais ils ne recherchaient qu’une chose, le vain étalage de leur érudition malfaisante. Lucien avait du talent et du goût : sa phrase est claire et savante en même temps, simple dans l'ordonnance des propositions entre elles, variée dans la structure de chaque proposition, avec des gradations habiles, et d’excellents procédés pour retenir l’aftention du lecteur ; mais ce lecteur souvent aussi est auditeur ; et, si la prose de Lucien est si vive, si légère, si animée, si elle est propre à tous les sujets et s'accommode à tous les tons, c'est que l'auteur la parle, ou, presque toujours, pourrait la parler : la Rhétorique « l’a recueilli et s'est chargée de l'instruire‘ ». Et quand ce n'est pas la Rhétorique qui le conduit, c’est le Dialogue, « privé de son masque tragique et majestueux * », c'est-à-dire la conversation familière, et grave cependant. A cet égard, il est permis d'appliquer au style de ce Grec
1 D. acc. 27.
? D. acc. 33.
l'épithète dont un illustre contemporain a qualifié la littérature française : il a déjà un caractère social, et par là peut-être, plus encore que par l'esprit et les idées, Lucien peut être comparé au grand prosateur, au grand publiciste français que fut et que demeurera Voltaire.