CHAPITRE Ill
Egalement éloignée de l’ionisme pur et du dorisme, la morphologie du dialecte attique était absolument spéciale: tout en gardant la diphthongue 60 (leds, vds, Xentéyeuv), on ne décline plus, à la bonne époque :
veavisn, Kau£üoco;
la nouvelle orthographe permet d'écrire, mais régulièrement :
nékeug, Basihéus, dates.
Au duel féminin, *& reste la caractéristique de l’attique. Le rigorisme grammatical est loin de régner en maître : la langue se prête volontiers aux fausses analogies des déclinaisons en -ns, des radicaux en -« :
° Zoxpdrenv comme romty ; And)}o } gà days ) » neo; vêor » Xe.
L'accusatif pluriel, sauf exceptions rares, se forme régulièrement du singulier par l'addition d’un > et les
leu est exceptionnel : Platon, Rép. 600 a.
modifications ordinaires au point de vue phonétique : | |
s ( vadv, natéou, fucihëx, modw, vmuésav, Xcyor, | vaës, TUTÉOUS, Basihéas, méhes, nuéoas, hcyous.
L'antique déclinaison ionienne de ris persiste, mais avec la contraction dorienne roÿ, r& et l’assimilation éolienne d-træ, et conjointement avec la déclinaison tuy0s, tué, tivx ; de même encore dans les comparatifs imparisyllabiques, l'élément caduc n’a ni complètement disparu, ni complètement demeuré :
rheiuy, nAsious, nhciw, mAëoves, Récit:
et dans les verbes on voit subsister la trace des divers dialectes et des diverses époques de la conjugaison : on fait déjà l’assimilation
Àdo, OetxvÜo ;
les futurs doriens en petit nombre, les futurs sans © en très grand nombre, coexistent avec le futur ordinaire que son caractère moyen finira par faire triompher. L'augment à l’imparfait n’est Jamais absent, mais il l’est quelquefois dans les plus-que-parfaits des verbes commençant par une voyelle ou une diphthongue. Les contractions sont régulières en général; mais les verbes dont l’initiale caduque est tombée tardivement en gardent souvent la trace :
ipeidts, %oet0ov, mais (céya, eiyov, (/°\ére, elnov, etc.
Le nombre des contractions est même artificiellement
augmenté par la multiplication des futurs sans 6, où se retrouvent les deux influences : ionienne, pour la
chute du 6, dorienne, pour la contraction. Les conjugaisons hétéroclites sont assez nombreuses :
cxond, Gxépouat, ÉcKEbdUNV, “ÉGKEUE; oxouat, eu, Go», 4 (vba) ; pépe, oise, Aveyra, évvoya ; roncéau, mArqas bé6alo, Érause, mhnyas Oéduex, rérAr ya, donner des coups ; l ratifu, ralou, Érésafa, rirhnya ) » » Érauea (st. noble) ÿ
<irre blesser; romtfoopar, rhryae Ahabov, rÀ. Area, être ballu ; <émropat rmplsouat, émkfque, RérAnquat, rAyis engz où Éju, être blessé.
Tous ces mots furent bientôt employés indistinctement, ou bien encore on forma des doublets :
ckoméo, cxérnocu, etc.
(oxénropor, ouégopar, etc. { Tnt, TunThce, étürinsa, elc.
l'rünto, tübo, Erupx, elc.
L'ignorance des éléments caducs ira s’accroissant ; mais déjà le suffixe se distingue mal de la racine :
Jepé-cro, lu yr-yvés-o, donne é-yroc-Onv.
Dès l’époque attique, les éléments accessoires se multiplient, les temps passés dils seconds, qui sont les temps de l’origine, sont remplacés par des temps composés :
É-tpan-nv,
E-tpép-0-nv,
dont le suffixe, toujours le même, régularise la conjugaison; la formation et l’étymologie se compliquent, mais la morphologie se simplifie et devient facile
comme doit l'être celle d’une langue classique, sans négliger absolument ses origines. Ces irrégularités étaient médiocrement gênantes à une époque où le petit nombre des mots, d'une part, et, d'autre part, avant les contractions, la mise en lumière de toutes les lettres, de tous les éléments, écartaient à peu près tous les inconvénients du système. A cet égard encore, l’attique est à la fois ancien et moderne, il fixe en quelque manière une époque de transilion.
Les désinences persunnelles n'ont guère varié ; }ün n’est que la transcription en nouvelle orthographe de ver écrit Ave ; les 2° personnes en -c9x perdent à peu près toutes le suffixe -0a, sauf dans les verbes les plus
anciens :
oioôa, n50a, Epnoba, ñasôa ;
de même aussi, et plus encore, la 3° personne du pluriel, au parfait et au plus-que-parfait passif, perd la désinence en -ata, -auto : retayarai est rare à côté de retaymévor sisiv. C’est le plus-que-parfait actif qui a gardé le mieux {es traces de son origine ionienne ; la divergence entre les deux dialectes ne s’y est, pour ainsi dire, pas produite :
és\UxN, éAEUANC,
n’ont pas encore subi l’altération éhshüxery, Aeküuers, et demeurent fidèles à la 1"° forme : |
(EAsUn-c0-v) = éhkelux-e(o x, keUeN.
Peut-être cette persistance est-elle due au rare emploi
de ces formes : le peu d’usage d’une forme est aussi
favorable au maintien de l’archaïsme que l'usage très
fréquent. Quant à [a 3° personne du pluriel de l'im-
péralif :
AU-0-VTO-V, Àu-é-cÜc-v,
c'est la formation régulière d’un temps principal et dont le seul défaut est de pouvoir être confondue à l'actif avec le génitif pluriel Avéyray (Au-6-1r-0), beaucoup plus souvent employé. A l'optatif aoriste, la forme éolienne
Noa, Actes, Xaeu(v), Aüdeæy,
a persisté, sauf à la 1° personne ; l’optatif présent en -oiny' se rencontre régulièrement dans les verbes contractes ou en -w, aux parfaits seconds, et dans quelques aoristes seconds.
La xotv duéheuros rendit tout cela plus uniforme : on déclina : Zoxpérn, ’AréAova, yékuta, mAsiovæ, TAciouE, rés, ti, twd, tübo, tnbisonar, oidac, Era, Duérusav, huésfoca, cat, Lüsats, pootus, d'après des analogies vraies ou fausses, et le moins d’exceptions possible ; ce fut avantageux à certains égards ; mais on voit, par cette brève exposilion des particularités les plus remarquables du dialecte attique par rapport à ce quisuivit, combien la morphologie en était délicate et, pour des Gréco-Romains, difficile à connaître exactement ; la langue est formée, et toutefois les origines diverses en sont si visibles, qu’au premier abord elle pourrait paraître impure et disparate ; il est plus exact de dire qu'elle est complexe comme toute langue vraiment vivante, au point que, le siècle de Périclès une fois passé, il était vraiment impossible d'en concevoir l’immuable conservation ; à plus forte raison ne pouvait-elle être plus tard intégralement restaurée; mais il était sensé, possible et utile de revenir aux principes qui avaient fait sa force et sa grandeur.
* Plus ancien, parce que le suMxe auxiliaire -£?1v y est plus visible.
Les habitudes de Lucien en morphologie, comme en phonétique, semblent dériver de principes intelligents et larges ; ces deux parties de la grammaire sont en effet assez étroitement liées, parfois même assez solidaires l’une de l’autre, pour que la distinction ne soit pas toujours facile à bien établir entre les particularités d'orthographe et les particularités de déclinaison. Tel est le cas de l'orthographe }ü4 pour }ün, des futurs en -£w ou -cw, etc. La morphologie n’est souvent qu'une phonétique de désinences. Quoi qu'il en soit, Lucien diffère sensiblement, de l’attique d’abord, de la xouvn dithextos ensuite.
Première déclinaison. — Le duel féminin x& apparaît une seule fois, et encore dans la bouche du pédant Lexiphane (4), qui croit faire un atticisme. L’expression taty yesoiy semble être proverbiale ; «irait, Toæaris, 23 *, était nécessaire à la clarté, puisqu'il n’y avait aucun substantif pour marquer Île genre ; le même motif sans doute a fait écrire zœiv Geoiv *. Du reste, il n'ya pas d'exemple du féminin en -ow. Pour les cas droits, on trouve r&, même avec yeios *. — Le génitif des noms propres en -«s garde parfois la forme dorienne :
Midas, Mida *. — Abauyas, ABaiya”,
conformément à l’usage des anciens Athéniens ;
ASayas est un nom de Barbare et non de Dorien, mais
1‘ Dém., 11; Portr., 9; P Portr.,9 ; D. acc., 2 ; An., 28 ; El. M., 3 ; Salle, 31. |
2. àrû sahdvrwvy Rivze y 2lye, 000 nv Th £auToS Ouparst, doo Où <f T0 o! lon à Ête0os, AA? TV fApoy je adTaiv... DEWTE evégUat.
3 Dial. C. 7,1. — + H. V.L 18. — Tor. 48. — Nav. 31. — © Sal. 20. — Herm. 11. — S Tor. 61.
le génitif en -« lui donne une couleur étrangère ; c’est aussi le cas de Midas.
Seconde déclinaison. — La forme vraiment attique vess, seule employée dans les inscriptions jusqu’en 250 av. J.-C., est aussi la plus fréquente chez Lucien ; il n’y a que 8 exemples de v«cs, forme durable de la langue commune. Le nominatif singulier est toujours os, les cas obliques du pluriel, vaüy et vois * ; l’accusatif pluriel est w»s, à une exception près: Prométhée, 14, présente les deux formes juxtaposées. Les deux formes vos et le cas droit wexv sont donc généralement conservées. En revanche, et sans doute pour les besoins de la clarté, on trouve plutôt vac5 et vaoi que ww et vs. — La forme commune de }:55 est inconnue à Lucien, qui a dit seulement Asus au nominatif singulier, et une fois, au nominatif pluriel, x:%*°. Les autres noms de cette espèce sont des noms propres, dont les deux formes sont souvent jJuxtaposées : ainsi Medio, Tontestews, et, plus souvent, Mevélaos (de Sparte), Howtesikaos * (de Thessalie). Les autres exemples sont : Iékems, Xaopihems, Aupiäaneus, Tuyddoens, Bordoeus, les quatre premiers en pays dorien ; d'autre part, Tlscilæos, Acyéhaos, Tuokaos, ce dernier dans Athènes. Le vocatif a toujours une forme spéciale, en -’}u. Lucien, en somme, libre d'employer les deux formes, semble avoir préféré la plus claire. — Il a employé une fois l’accusatif "A6o ‘, autorisé par l’usage de Platon ‘. Quant à la forme d’accusalif }«yw, admise cependant par Xénophon ‘, l’auteur du Soléciste la traite de fausse, et la
‘ Sauf une fois v:wv dans un traité apocryphe : Sacr. 44.
? D. acc. 12. — 3 Pass. La forme en -as est plutôt celle des cas obliques. — * P. Portr. 9. — 5 Platon. Leg. 699, a, etc. — 5 Xénophon. Cyn. 3, 3”
range au nombre des barbarismes :ommis par atticisme inintelligent : « Vois-tu courir le lièvre ‘ ? » dit Lycinos à l’infortuné puriste, qui ne voit rien. Assurément rien ne justifie cette forme d’accusatif, et l’auteur a eu raison de préférer, des deux désinences, la moins équivoque et la plus régulière. — Le pluriel de décués est toujours deu, qui semble avoir été préféré par les Attiques :.
Troisième déclinaison. —L'accusatifsingulier des noms propres en -ns, -ous, était indécis : pourtant la forme en -n fut préférée par Aristophane et Platon, et la forme en -nv par Xénophon, ce qui semblerait bien indiquer que la forme régulière est plus ancienne : Lucien a préféré la moins démodée (7 * exemples contre 3 *). — Il y a quelque confusion avec la 2° déclinaison attique, pour les radicaux en «: ainsi nous trouvons yékov *, forme ionienne,pour yékwra, Aréhls hors d’une formule * (archaïsme ?) ; Ilooad& figure une fois’ hors d’une formule, une fois dans une invocaiion #. 36e, forme autorisée, est assez fréquent ; oüos, qui appartient à la langue de Xénophon, est rare. — "Eyyeu, féminin d’ailleurs, est masculin dans un seul passage * ; c’est évidemment une faute, puisqu’un peu plus loin * on trouve le féminin ; mais le pluriel est en -uec, -vou, au rebours de l'usage attique, et conformément à la règle.
Les contractions sont quelquefois négligées :
1 Sol. 3. — ? Moeris, p. 147 : G:5ux ovdstéows Aztixwe, depot &ogevuxws, et inscr. diverses. Cf. toutefois ôsouot, dans une ancienne inscript. athénienne, CIA. 2. 678 b., 48, 51 (milieu du 1rv° siècle av. J.-C). — * Dial. Morts. 5, 1. — Charon. 14. — Nav. 26. — F. 16. — Hipp. 2. — Dèm. 24 et 56. — 4 Par. 19. — Pér. 5. — Pér. 5. — 5 Ps. 2. — 6 Exc. 4. — Al. 43, etc. — 7 Dial. C. 14, 2. — ® Charid. (?) pass. — ? An. 1. — 10 An. 28.
LA MORPHOLOGIE DE LUCIEN 105 avôéwy ‘, doreos *, forme épique, mais conforme à la prononciation trisyllabique des Athéniens ; épv:a, employé partout pour l’attique épvets ; two, Expos et npos, formes également autorisées ; teryéwv*, contre tout usage; ävéoxs “, forme épique ; viéas *, forme poétique usitée en prose seulement à l’époque impériale ; enfin ‘apeos", fréquentchezles tragiques pour'Apeuxs.Parcontre, Lucien a écrit une fois nôvos *, très attique, pour ñiovos.
Oùru, Ulysse, fait régulièrement à l’accusatif Oùruw *, même devant une consonne. — "Eos, suivant quelques manuscrits de l'apocryphe Lucius (33), fait au datif om. — L'accusatif de rë est ruüua ”, conformément à la régularité, et contrairement à l’usage attique rüxva. — Le nominalif iv (Luctus? 12) n’est pas attique ; cette forme ne se rencontre chez aucunauteurantérieurà Arétée de Cappadoce, médecin de la fin du 1°" siècle de notre ère, Cur. m. ac., 1, 2. — L’accusatif pluriel des noms en -æs est toujours en -éas, et même l'auteur du Soléciste, par la bouche du grammairien Socrate de Mopse, qualifie de barbarisme la forme où irnets ‘‘ usitée pourtant depuis Alexandre; mais fc5s fait souvent Bcus 12
Adjectifs. — 1] y a peu de remarques à faire : }vdtos au féminin ‘* est autorisé par un seul exemple de Pindare ‘*, -‘E\dc adjeclif ** est un archaïsme. — Xoÿ5cos sans contraction ‘* est un mot poétique admis en prose à l’époque impériale; et, à propos de cette forme, les paragraphes 24 et 25 de pour les Portraits
t Dial. D. 14, 2, régulier (gramm.). — * Nav. 1. — 3 Salle. 9. 11. — 1.33. — * Coq. 21. — 5 Nav. 29. — 5 Desh. 8. — 7 Tor. 50. — ® Dial. Mar. 1,2. — ? Dial. Mar. 2, 1. — Tr. 14. — 10 I). acc. 9. — Z. tr. 11. — 11 Sol. 8. — 1? Songe, 2. — 3H. V. TI, 8. — ‘* Pind. N. &, 45. — 15H. V.1, 8. — 4 Çoll. &. — Nav. 39.
nous offrent un exemple du respect de Lucien pour les textes de citations. Il cite en entier le vers :
Aptépudt ixéAn kai ypusig Appodirn,
où d’ailleurs ycusén est disyllabe; ei, d'autre part, en faisant une allusion à ce même vers, il dit, en langage ordinaire, yovoñ Awpodirn ixé\n. — Le mot Xüos:' mérite.une mention spéciale : c'est un de ces mots d’argot athénien, « mon bon », que les Atticistes exagérés plaquaient à tout propos sur leur prose ; il en est question dans le Lexæiphane et ailleurs, comme de dér:g, apéke, etc. : c’est un terme cher à Platon, et qui avait évidemment vieilli. — Au comparatif, on trouve la forme xaxoreyvéors006 *, qui est un comparatif inusité de xaxor:yvos : zazotéyuns esl inconnu. — Dans les comparatifs en -iwv, les formes altiques contractées sont toujours employées, à très peu d’exceptions près :
ES LS eo CA a S © œ Ce es ro = un =S = = Led Le | æ, ee D:
Lo T D [æ) | < — = ® (ep)
mhsloux, Mén. 4, Al, 2, DL. 15, Dial. C. 6, 4, Ho. (?) p. ; Songe, 8. uet*ova, Desh. 18, Nav. 29 ; 4c'20vx, Tor. 22, Par. 59 ; ñzzova, P. Portr. 13.
Il est à remarquer que les formes contractées sont souvent employées tout à côté des autres, de même que eis et és, Eûv et uv, par une sorte d'’aflectation analogue à celle de Théocrite en prosodie, quand il dit :
« rokkänts, © Tlo)üpaue, 7ù un 4wXX xuAX népavrat. »
Dans le Soléciste, 7, fnddioy est traité de barbarisme, et à juste titre, puisque les Altiques disaient foadureooy, et qu'il ne s’en rencontre qu’un seul exemple en prose,
‘ Lex. 21. — ?% D. Cal. 10.
Plutarque, Fab. 12, et un en vers, Hésiode, 0. 526, tous deux béotiens. — Dans la déclinaison de rAciov, les Attiques, on le sait, préféraient rAa- devant une longue, et rke- devant une brève. Lucien dit toujours nheiuy, neiw, neious ; mais, outre les formes déjà citées rhsioves, nhsiovas, neiova, Il dil rAsiovos el rAéovos aussi souvent que rés, une fois même! l'écriture ràgiou est rendue nécessaire pour la justesse d’un vers cité,
.… GÙy dE nheloy dénas aiei :
il est vrai que rcioy signifie plein. L'usage attique avait l'avantage d'éviter les confusions avec ré, et Lucien semble s'être inspiré surtout de cette règle.
Les pronoms réfléchis se confondent souvent entre eux : éauroù est employé pour éuavroÿ et aeauro ”, éaurS pour éuauta, auto pour éuaurovy* et ceavrèv', éaut@y pour uv aïtéy, dans un passage du Soléciste où cet emploi est peut-être blâmé *, éxurois pour vuiv adtrois, ÉautoÙs POUr auäs Ou vuxs aù7ous. Enfin on trouve éauta (poweta) pour üuäs aùzd. — L'emploi de oi est à la rigueur justifié par l’anacoluthe dans ce passage de l’Excuse, 9 :
9 n . e . ” + , Avtioyos 0ë 6 gurho ÿte Tois l'aldtats suvantely éuehey, æ A , n s 9 , ° É0OÉEy Gyao ÉTUITAVTE Gi TOY AXgayocoy.…
mais il ne l’est nullement dans la Double accusation (34), ni dans Pérégrinos (21), à moins que, dans ce passage,
OtéyyoTto oi
ne soit regardé comme un moyen personnel, et non comme un impersonnel passif. — L'emploi de coic,
1 Par. 45. — * Herm 1. — Dém. 17. — 5 Luc. 33. — + Ap. 2. — Herm. 1. —5©Sol.h. —°J.5.
une fois‘ mis pour aœÿrois, est d’ailleurs régulier. — 2p&s, comme le veut Mæris, est toujours réfléchi, et, quand le Soléciste * emploie opäs adtois pour muäs avroüs, l’auteur l’en blâme formellement. — Avec l'i démonstratif, on a une fois toutoi * et une fois +outci*. — Deux fois ° rowiro est employé sans y au neutre conformément à la régularité, ét contrairement à l'usage attique; mais devant une voyelle, le » est toujours ajouté. — Les formes indéfinies ou interrogalives ruvôs, twi, sont plus fréquentes que où et <5; rca et dre le sont plus que driwa et rwd *, Té cependant se rencontre assez souvent; et, surtout pour GOTLS, principalement au neutre, érou et crw ne sont pasrares, avec ou sans le suffixe oùv; en général, comme on l’a déjà remarqué ?, formes attiques et formes communes sont juxtaposées : il serait bien étrange qu'un écrivain de goût comme le fut Lucien ait fait ici preuve de négligence, et qu'il n’y ait pas eu là une sorte d'intention de souligner les termes employés. — Il fait quelque usage du pronom attique diva.
En résumé, nous remarquons jusqu'ici : 1° que la morphologie de Lucien semble d’abord assez impure, puisqu'elle se compose à la fois de formes communes et de formes attiques; 2° cependant que les formes attiques sont de beaucoup les plus nombreuses, comme si elles eussent constitué le vrai fonds de la langue écrite de notre auteur; 3° qu’en ce qui concerne le rapprochement des formes dissemblables, on peut se demander si Lucien n’a pas cherché à restaurer insensiblement les anciennes, et à leur faire lentement supplanter les nouvelles. Nulle part assurément l’au-
1 K. 14. — * Sol. 8. — 5 Ap. 11. — * S. enc. 1%. — ÿ Herm. 34. — Man. H. 51. — 5 Prom,. 12 : £wztiva. — 7 P. 106.
teur ne nous a révélé à cet égard ses intentions: ce qu'ilest permis de dire, c’est que, surtout dans certains passages ‘, ces intentions semblent se manifester par le texte même; mais le travail de restauration n’a pas élé, dans ses œuvres, poussé jusqu'au bout, et sa morphologie des mots déclinables garde un aspect, une physionomie générale, d’inachevé et de provisoire.
Verges. — 1] y a lieu de distinguer les anomalies
générales et les anomalies particulières, celles-ci assez
nombreuses, celles-là faciles à résumer.
Modes. — L'optatif et l’impératif seuls prêtent à des remarques sur les modes. La 3° personne du pluriel à l'impératif est, dit Mœæris, en -'yruy chez les attiques. Chez les auteurs de l’époque impériale, Denys, Dion Cassius, on trouve toujours -’7wcu, C'est le cas ordinaire chez Lucien, à peu d’exceptions près :
Dial. Morts. 10, 2. ar:2oloMuv.
Dial. C. 9, 5. FXOVTUY.
Charon, 14. érat2é00uv.
K. pass. les deux formes, et plutôt la forme attique. Z. tr. 7. rpotestuisduv, av2TÀrpoSvTuv.
Ibid. 12. xa01Vovrwv,
mais, à côté, 6 et 34, Esrwsav.
La forme attique avait l'inconvénient de se confondre, étant rarement employée, avec le génitif pluriel du participe correspondant, beaucoup plus fréquent, ce qui n’est pas le cas pour Avouow. — Pour l'optatif, à la forme -oiwe, -ois, -oï, dans les verbes contractes, la forme -oinv, oins, -oin, est préférée d’une façon géné-
‘ Affectation visible d'atticisme, K., pass., Mén., 22, fin, etc.
rale ; il existe tout au plus 6 ou 7 exemples du contraire :
-otut. Dial. C. 3.
-otç. Cog. 20 ; El. D. (?) 13 et 48.
-ot. Ti. 16, Croturot coordonné à ouÀt+70:, qui a peut-être
influencé par ouornTtAsutov.
Dans 41. 50 (en vers), on lit sicooots.
‘Loin, forme attique, ne figure jamais dans les œuvres de Lucien. — La syncope au pluriel des optatifs en -vv est plus rare que la forme pleine; la conjugaison est
Avbeinpuey, Avbeinte, AvGeincay et aussi AuGeïer.
Ainsi, batev : Herm. 36. — Danse. 7.
etdetev : Herm. 86. — Phal. I. 13.
émeroibetev. Dial. C. 15, 3.
Eis est une des formes vantées et recherchées par les purs Atticistes; employée comme adverbe concessif, elle a toujours été respectée par Lucien, et a même entraîné les formations analogues que nous venons de relever en petit nombre. — L’optatif aoriste { actif est d'ordinaire conjugué ainsi :
AUGaUUL, AUGLEY, Avsetas, AVGaTE, Avoeus!y), AGE :
relevons les rares exceptions
Otarolvote. Dial. D. 23, 1.
rottsats. Herm. 84.
bBovhaats et Erocunroais. Portr. 1.
ériôst£ats. Portr. 3, mais àvarhdesuav, ÔdEatc, M. Rh. 1.
kplvar, Dial. Mar. 5, 2
xwh Ta, Ami M. A.
ÿrouzivar. Salle. 2.
LA MORPHOLOGIE DE LUCIEN 111 L'écriture nv pu xahübais (Hés. 7),
est évidemment fautive pour xælüÿns, bien que cet optalif soit coordonné à éripopoin : Dindorf semble avoir corrigé avec raison xxAÿbns el értpopÿ. — Enfin peradans (Par. 1) est une forme isolée pour meradoins, el qui ne saurait être considérée comme un subjonctif, puisqu’elle est coordonnée par % à anovauo.
Temps. — Le présent des verbes en -vuut est assez souvent en -yÿw, même quand la fésinence est brève : : édelxvuov. Songe. 7. — H. V. I. 34 et 4€.
&ôclxvuz. Ami M. 492.
Octxy2ovtess. Ibid. 3.
arw)u:s. Tox. 15.
Eyprataulyvus. Z. tr. 6.
Dans la bouche de Socrate *, Lucien place ouwo comme un atticisme. Les verbes en -vaut sont rares : dtacxidvxcbar est une forme poétique (Dial. D. 20, 5). Le même emploi (Sacr. ? 13) peut être une allusion à Homère. — On trouve des verbes en -yu conjugués en 0 :
avls=4 5. El. M. 7.
neot{sra. Man. H. 2.
verlurha. D. Cal. 3.
avarsz@sat de avarzzavyout. D. Cal. 21,
forme qui est bien un participe présent. Evidemment cette extension aux verbes en -mu de l’atticisme Gevyvvo est une exagération, un pas en avant dans le sens d’une tendance assez bonne en soi, et permanente
1 Cf. rAslwy et rhËwv, P- 107. — 1 S. enc. 16. 5 Dans le Soléciste, 7, à des gens qui disent 4157 4V0 et &otoräu, le bon grammairien répond : « äuow pv (pr, ?) oùx oïüa. »
en grec comme dans toutes les langues, celle de simplifier le système des conjugaisons.
Augment. — Malgré le caractère attique (Mæris) des augments en », on tendail à tout régulariser : Lucien dit une fois HSouhGpny *, cinq fois #0uvaro, rarement fpehhov, EixaSo *, episxo, ne prennent pas l’augment en #, non plus que le préfixe &° * ; euyouar au contraire, à trois exceptions près, fait n”younv. Les formes éoUpet ", npiet *, éxloxcca *, sont attiques ; l'emploi de la forme ävä}wxa ‘ est exceptionnel, ainsi que celui de xaravalwuet (El. D. ? 24), Gumxovasaro “, dimxévouv *, non attiques; mvecyounv, mveiyeto sont réguliers. —- Un certain nombre de plus-que-parfaits se trouvent privés de l’augment dans les œuvres de Lucien, surtout quand le verbe est composé, ou est aflecté du redoublement attique ; ainsi, outre trois exemples de écréxew contre cinq de sicraxev, on trouve éurérAroro (Danse, 16), peteknAïdesay (To. 16, forme attique), xatahchoiner (To. 50), dvaeBnuemuey (Luc. ?). Ici du moins, les attiques avaient donné l'exemple; mais les aoristes à pénultième « pour leur sont, dit Mœæris, tout à fait étrangers; exemples :
értypävavres. D, acc. 6.
Exxa)äoat. F. 23.
xotkdvavrec. H. V. II. 37.
ënestuave. H. V. II. &i.
snuävn. Nav. 36.
mais xataonunvacbur, Al. 19. — Les futurs attiques, surtout en -15, sont très fréquents ‘; Lucien dit aussi
4 Tyr. 12. — % Macrobe, De Diff. et Societat. Graeci latinique Verbi, donne nxzxïov comme attique. — * Exceptions : r0=%yroav. Hip.3; 1 0vvev, Ap. 7. — + B. 35. — 5 Herm. 74. — S Dion. k. — 7 Herm. 83. — 8 Tyr. 22. — 9 Ami M. 35. — 19 Dial. D. 20, 2: Badtodpar; Péch. 5. xatakoyin ; Tr. 9. reryuet, etc.
LA MORPHOLOGIE DE LUCIEN 113 xa)@", ya (à côté de yaurico ”), uoëna ”; les formes xakéco {Al 19), érauwvécorar (Salle, 5), dtacxedasouer (Dial. C. 9, 5), Evvelacovrac (Coll. 24, Nav. 33), sont des exceptions.
Désinences personnelles. — Lucien, nousl'avons vu, conjugue presque toujours }vouæ, Xün, et n’est bien fidèle à la forme en -« que pour Boÿhoua, oiouar et Gpouar. Il a employé quelquelois le suffixe archaïque -6x à la seconde personne du singulier ; ; 1 dit plus souvent Mdeto0ax que des, mais il écrit également tpn et EoncÜa, veus et feucôx, etc. La pure forme attique élehüxn lui est inconnue, la première personne du pluriel est en -emuey *, la troisième en -asav et beaucoup plus souvent, suivant l'usage attique, en -ecav. — La forme ionienne éretayaro se rencontre une seule fois : elle est approuvée par Mæris qui l’a trouvée chez Thucydide *.
Ainsi, impératifs ordinairement en -tucav, optatifs contractes en -oiny avec syncope rare au pluriel, optatif semi-éolien sans la première personne, présents en -& pour -, augments à peu près réguliers, abréviation du plus-que-parfait, recherche des futurs sans ç, formes peu classiques des désinences au plus-que-parfait actif : telles sont les particularités communes à la morphologie des verbes, toutes inspirées à divers degrés par le besoin de la clarté, le respect de la tradition, et la réduction au minimum des exceptions, pour la simplification du langage ; toutes ces tendances tempérées les unes par les autres constituent un idiome quelque peu indécis, mais clair, nullement singulier ou bizarre.
Ti. 52. — 4 Ti. 52. — 5 To. 11. — + H. V. I. 7, 28, 33, etc. — 9H. V. I. 13. — © Thuc. III. 13.
Le reste des observations auxquelles donne lieu la conjugaison des verbes ne se compose que de cas tout à fait isolés, dont voici les principaux :
AG ‘ est qualifié de barbarisme dans un passage très controversé, étant lui seul au présent de l'indicatif au milieu d’infinitifs présents : pnometpety, dvboxpatei, cpevd kite, xe006An abat.
Avoiyvuut. Le Soléciste blâme * l'emploi intransitif du parfait dvéwya, comme non attique ; on le trouve cependant plusieurs fois (Sal. 17, An. 20, Coq, 6, 30, Dial. Morts, 4, 1, Nav. 4). Deux fois seulement * se présente la forme correcte ävéoymévos.
Baive. L'impératif Beénxéro ne se rencontre que chez Lucien : Man. H. 45, et ailleurs.
Atxpdeipw. Le participe dupbosos avec le sens intransitif est blâmé dans le Soléciste ‘, et toutefois employé dans le Nigrinos, 15.
"Epxoua, chez Lucien, semble avoir pour futur or. dinaire é\æcouat (très rare en prose attique) plutôt que eiput 5.
Marehevotéov apparaît ‘ une fois ; le siapre est un äna£ de la version des Septante.
"Ewôx, forme ionienne probablement en usage dans l’ancien attique, fait partie du jargon de Lexiphane ‘
Oo est aussi fréquent qu'éfélw, auquel il a été plus d'une fois juxtaposé #.
Kéw se rencontre, mais plus rarement’, à côté de xaicw ; en revanche, il y a trois exemples de ét contre deux de xAaic ”
"Exavoa, dans un traité apocryphe (Sacr. 3), repré-
t Ps. 24. — ? Sol. 8. — 5 Coll. 2. — D. Cal. 30. — * Sol. 3. — 5 Employé cependant Ti. 34, Tr. 21, Sal. 44, Danse, 3%, I. 3, etc. — 6 F. 22. — Septante, II. Macch. 6, 17. — 7 Lex. 14. — 9 D. acc. k, Par. 60 et 61. — * Pér. pass. — 1 Employé seulement Par. 13 et 46.
sente la correction attique d’une citation d'Homère, 11. À. 40 :
...Tiova pMpt' ERA.
Kabalomar fait à l’aoriste xaënaäumnr, et non xaÜncuny, qui semble avoir été une faute de copiste *.
Oida, au lieu de oisgx et iate, fait trois fois oïdas et une fois oidure ”.
Hétopar. L’interlocuteur du Soléciste blâme irracôar et ses dérivés :
‘Intacôar dé émi toù nétesüar noÂGv Àeyoytuy, « OTL pLëy (pv ?) and ris nricews tà Gvoua aapis lomev ". »
Néanmoins Lucien emploie librement en composition inTAuEbX, RETGOLLEL, ÉNTNV, RTAS, ÉNTAUNY, TTOLO et même retaoGévra, forme postérieure à Aristote. ‘Irrato est critiqué aussi dans le Leæiphane (25).
‘Pinré est aussi fréquent que birtu.
Tifnpu fait toujours au parfait actif tédeuxe, non téÜnxa ; au passif on trouve également réfear et xenon.
"Omodunv * est une forme particulière à Lucien.
Les aoristes en -xx sont employés au pluriel cinq ou six fois seulement 5, quelquefois $ à côté des formes d’aoristes seconds. Lucien dit sinare, eindto, fveyxav, comme en attique. Au passif, les aoristes seconds sans 6 sont nombreux, mais tous altiques : éooipnv ”, étoiénv”, éypapar”, épOäpnv", éphéyar ‘, Ébapnv'*, étamnv, turnv'.
Les formes d’origine dorienne ava- et aro-nAevcoûpar”, aupiäopo ”, cupraiëouar ‘”, sont les seules usitées
{ Dial. Morts. 14, 5. — * Epigr. (?). — 5 Sol. 7. — + Dial. Morts, 3, 4. — 5 Tyr. 13, 19; Luc. (?), 18, 19, Epigr. pass. (?). — © Deuil. 10. xattônxav ; 22. dué0ecav. — 7 Sacr. (?) 6. — * Par. 8 et 52. — Dial. G. 2, 3 et 15, 3, etc. — ° Lex. 84. — M. Rh.923.— As. D. 9. — 19 Par. 8. — K. 21. — 11 An. 26. — 13 An. 33. — 13 Ami M. 26. — #4 D. Cal. 18. — 1 Tr. 21. — Nar. 15. =." D. acc. 12. — 17 Dial. D. &,3.
en attique. KouaËare (Danse, 11) est un barbarisme dorien, en citation de chanson ; plus loin d’ailleurs, il y a deux citations thessaliennes. |
Les contractions sont régulières, sauf ouvdéouca (Salle, 7) ; dvanvén (Dial. D. 11,2); — ypäv, prophétiser (AI. 19), à côté de Expn et égpüto. Dans le Soléciste !, xpa50a1 pour ypñoba est traité de Yevdatrixôv. On a tour à tour äroou&” et ouñv*, qui semblepasser pour une affectation. Enfin, pour les verbes id& et fry&, on trouve tdpou, idpoüvres, idpobvruv ‘, formes attiques nouvelles au lieu de la vieille contraction en «, — et pryov, pryoüvras *, qui peuvent venir.de pré.
En résumé, cette langue, d'aspect plutôt composite, est assez pure au fond ; le collectionneur qu'est Lucien ne mérite pas l’épithète d’araideuros qui est le titre de son 58° opuscule ; le Démonaæ, l'Excuse pour une inadvertance, le Lexiphane, le Maître de Rhélorique montrent assez qu'il est capable, tout comme un autre, de conquérir cette gloire facile de l’érudition superficielle. Nul doute que ses ambitions ne soient plus hautes: il possède bien les dialectes de l’ancienne Grèce, il en rappelle le souvenir, sans jamais se heurter à l’écueil des ignorants qui est la négligence, ni à celui des faux savants qui est le pédantisme imopportun.
1 Soi. 7. — 3 An. 29. — 5 Lex. 3. — + Z. tr. 16. — Paras. 23. — An. 98. — ! Par. 38. —Deuil. 16.