‹ L'attitude du lyrisme contemporainChapitre 36 sur 40 · Joseph Texte. Étude» de littérature européenne. Colin · texte numérisé non relu

Joseph Texte. Étude» de littérature européenne. Colin

inS l'attitude du lyrisme contemporain

tor Hugo : Hoffmann, qui ne fait d'ailleurs pas partie de la génération de Novalis. Cet homme étrange, dont la vie s'était écoulée entre l'alcool et le rêve, semblait le digne fils de cette Allemagne qu'un critique a appelée la patrie des hallucinations. « Mieux que tout autre, écrit M. Texte, son inquiet génie répondait à l'idée que se faisaient les Nerval, les Musset, de l'inspiration poétique. Personne n'avait mieux réalisé l'idéal du poète purement sensitif, de celui qui passe sa vie dans une perpétuelle oscillation de l'ironie au mysticisme, du sarcasme au baquet de Mesmer * . » Ces qualités ne pouvaient manquer d'enchanter nos poètes, alors épris de fantastique ; aussi peu de livres ont eu chez nous, à cette époque, la vogue des Contes d'Hoffmann.

Somme toute, le romantisme français ne doit presque rien au véritable romantisme allemand. Il lui a emprunté son goût pour l'étrange, son amour du gothique et de la légende, mais là s'arrêtent ses emprunts. Les poètes de 1795 demeurèrent inconnus en France. Jamais les contemporains de Hugo ne se seraient entendus avec Novalis, disciple de Fichte et de Schelling, et n'auraient accepté cette idée de l'auteur des Hymnes à la Nuit : « La distinction de la philosophie

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