Stefan Zw(4g, op. cit
I. — La réaction contre le naturalisme et les tendances idéalistes.
II. — Le réel et la façon de l'atteindre. — L'intuition et la connaissance lyrique.
III. — Définition du mot symbolisme. — En quoi ce mot est bien et mal choisi. — Les images accumulées.
... Car c'est à l'endroit où l'homme semble sur le point de finir que probablement il commence. Cette phrase lumineuse, suggérée à Maurice Maeterlinck par l'étude de l'œuvre de cet exquis Novalis, pourrait être épinglée en lettres ardentes sur l'oriflamme de la poésie contemporaine.
Suivant les temps, le milieu, le moment, c'està-dire suivant la mentalité ambiante, la création poétique revêt telle ou telle forme plus détermi-
née. On conçoit qu'en un siècle utilitaire et gorgé de philosophie, comme la fin du xvnr, la poésie s'alourdisse pour se prêter aux enseignements didactiques d'un Delille, d'un Saint-Lambert, d'un Roucher, et qu'à l'époque du romantisme le vers se fasse « l'écho sonore » d'imaginations vibrantes. L'attitude parnassienne correspondait ;ui mouvement positiviste créé par la philosophie. Une violente réaction ne tarda pas à se manifester dans le domaine des lettres, appuyée par la faillite d'une pseudo-science et d'un rationalisme à courte vue. Si l'on admet cette simple loi d'histoire, qui prouve l'existence dans le temps d'un large parallélisme entre toutes les manifestations intellectuelles, une coïncidence heureuse ne suffit pas à expliquer ce retour au lyrisme subjectif dans le moment où prend naissance une philosophie plus aérée, moins abstraite, orientée vers nos activités psychiques. C'est bien d'une compénétration entre les divers modes du savoir, d'une coexistence de pensées parentes, d'une éclosion de rameaux verdoyants entés au même tronc, qu'il s'agit.
Ainsi, tandis que les méthodes expérimentales trop étroites se découvraient impropres à embrasser le réel, tandis que la science faisait partiellement faillite à ses engagements hardis, tandis que la philosophie réintégrait dans son programme
d'études des notions telles que celles de finalité, de substance, de liberté, d'homme centre du monde, bref de personnalisme * , — autant de réalités dédaignées par Fancien intellectualisme comme trop métaphysiques, — nos symbolistes, à leur tour, découvraient l'âme, et la poésie des états de conscience. L'histoire de cette héroïque équipée, au sortir du naturalisme oppressé, vers les rivages azurés de cette mer intérieure, fut trop souvent contée pour que j'y insiste, mais Fécole poétique contemporaine a-t-elle fini d'acquitter sa dette de reconnaissance aux initiateurs du lyrisme actuel ? A-t-on bien senti de quelle pénétrante atmosphère s'enveloppaient les drames de Maeterlinck? 11 se pourrait que l'auteur des Serres Chaudes ait été le Jason de cette jeune armée d'Argonautes inspirés, partis sans retour à la conquête de leur moi transcendant.
Il ne s'agit pas ici d'analyser l'œuvre de Maeterlinck ; cela fut tenté plusieurs fois. On a dit tous les horizons dévoilés par la philosophie et le style de notre auteur. Son théâtre fut l'objet de quantité de diagnostics justes, parmi lesquels je place en première ligne celui du jeune et regretté Charles de Sprimont, paru dans la revue belge Ditrmdal, en juin 1903, D'autre part l'influence