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CHAPITRE III

Le aouée est un traiére.

La foi est le flambeau qui éclaire le chemin quand les autres facultés ne peuvent le voir.

C'est l'habitude de douter et de considérer le côté sombre, déprimant, désespéré des choses qui tue l'effort et qui paralyse l'ambition.

Il y a en nous un courant divin qui voudrait toujours se diriger vers Dieu, toujours nous conduire vers notre vrai bien, si nous ne l'empêchions pas ou ne le détournions pas par nos doutes et nos craintes.

Celui qui a vaincu le doute et la crainte a vaincu l'insuccès.

James Allen.

ORSQu'oN reprochait à Tagnostique David Hume son inconséquence, quand il allait entendre prêcher John Brown, le ministre écossais orthodoxe, il répliquait:

« Je ne crois pas tout ce qu'il dit, mais lui le croit, et une fois par semaine j'aime entendre un homme qui croit ce qu'il dit. »

Un mensonge^énoncé avec conviction sera cru, tandis qu'une vérité proclamée avec une voix faible

et hésitante sera mise en doute. Une marchandise de valeur offerte timidement, d'une manière hésitante, ne se vendra pas, parce que cette façon de la présenter inspirera des doutes à l'acheteur.

J'avais l'habitude d'aller à la pèche à la truite avec deux hommes, dont l'un répétait constamment qu'il n'avait point de chance et qu'il n'attraperait jamais aucun poisson. Ses doutes le rendaient totalement incapable d'avoir quelque succès. Il ne prenait pas assez d'intérêt à la pêche pour étudier les habitudes de la truite et ses endroits préférés. Il ne connaissait pas la meilleure manière de l'attraper. Ses doutes, quant à son habileté, le conduisaient à l'indifférence et à l'insuccès. Mon autre compagnon, lui, était absolument sûr que, n'importe où se trouverait une truite, il la capturerait. Pendant des années, il avait étudié les habitudes de ce poisson. Il connaissait exactement la pierre vers laquelle il devait lancer son hameçon, et de quelle manière il devait le lancer pour ramener la truite. Lorsqu'il péchait dans la même rivière que l'autre pêcheur indifférent et douteur, il prenait dix fois plus de poissons que lui.

Si vous doutez de vos aptitudes, si vous gardez par devers vous une issue en cas de défaite, si vous manquez d'une décision ferme, votre succès sera in-

complet, et vous ne serez jamais capable de vous élever au-dessus de la médiocrité.

Nos pires ennemis ne sont pas au dehors de nous, mais au dedans de nous. Tout être humain donne asile à un traître, toujours en éveil pour contrecarrer ses désirs et le détourner de son but. Ce traître est le doute. A l'entrée de votre carrière, vous devez vous faire à Tidée que vous aurez toujours à lutter contre certains ennemis mentaux qui essayeront de vous dissuader d'entreprendre ce dont vous êtes cependant capable.

Le doute est le plus tenace d'entre eux, et il vous harcèlera jusqu'à la tombe. L'homme ou la femme qui n'est pas assez fort pour résister à ses attaques insidieuses, ne sera jamais capable d'accomplir la tâche que le Créateur lui avait dévolue ici-bas.

Celui qui redoute toujours les conséquences de ses actes, ou qui se demande constamment s'il est vraiment capable de faire ce qu'il a entrepris, ne sera jamais qu'un être faible et débile. Le doute est un ennemi subtil qui tue l'initiative et la confiance en soi-même, et sans ces qualités dominantes, aucun être humain ne peut donner sa mesure.

Sans le doute qui détruit tout élan, l'initiative, au lieu d'être si rare, serait une vertu commune à toutes

les classes. Les ^lio des gens de capacité moyenne sont empêchés, par les suggestions du doute, de montrer ce dont ils sont capables. S'il était possible de chasser de l'esprit humain ce spectre qui se tient à la porte de nos espérances, de nos résolutions, qui étend son ombre funeste sur notre vision, la civilisation avancerait par sauts et par bonds.

Le doute est responsable de plus de suicides, de plus de misères, de plus d'insuccès, de plus de banqueroutes que toute autre chose. Il empêche de partir ceux qui sentent qu'ils devraient s'engager dans une certaine voie, en leur suggérant qu'ils doivent encore réfléchir et considérer s'ils ne devraient pas choisir une autre voie qui paraît plus facile et plus agréable. Il les effraye en leur inspirant la crainte de ne pas réussir, et finalement les pousse dans le sentier plus facile de la médiocrité.

Le doute a tué plus de splendides projets, détruit plus d'ambitions, étranglé plus de génies, neutralisé plus de superbes efforts, ruiné plus d'intelligences que tout autre ennemi de l'humanité.

Parlez des victimes et des esclaves de la boisson î Le doute fait encore plus de victimes qu'elle. Partout nous voyons retenus dans des positions inférieures, des commis perpétuels, des hommes de

peine mécontents, des coupeurs de bois, paralysés au début de leur carrière par ce traître qu'ils n'ont jamais appris à étrangler, à neutraliser par ses contraires : la foi, l'espérance, la confiance, l'assurance.

Combien de milliers d'employés, végétant aujourd'hui dans la médiocrité, auraient pu s'établir, sans ce grand ennemi qu'ils portaient en eux ! Combien déjeunes gens bien doués auraient pu être l'honneur de la chaire ou du barreau, s'ils n'en avaient pas été empêchés par ce traître !

Quand les occasions se présentaient, ces douteurs étaient effrayés ; ils n'osaient pas courir la chance ; ils attendaient plus de certitude. Ils ne comprenaient pas que l'occasion est une jeune fille qui aime les soupirants fiers, courageux, pleins de confiance en eux-mêmes, et qui ne se livre pas aux timides, aux hésitants, aux soupirants qui se méfient d'euxmêmes. Trop tard ils ont compris que, tandis que le douteur vacille et hésite, se demandant s'il ose avancer, le courageux, l'intrépide s'élance et gagne, car les grands prix de la vie sont pour les courageux, les intrépides, ceux qui ont confiance en euxmêmes.

Rien ne décourage mieux la race humaine que le doute, l'incertitude, ou la crainte de ne pas réussir.

Ce sont les pires ennemis de tout progrès. Ils murmurent à l'oreille du jeune garçon et de la jeune fille pauvre qui désirent s'instruire que c'est folie à eux de penser aller au collège ou à l'université, sans argent et sans personne pour les aider. Ils leur citent les noms d'une quantité d'hommes et de femmes ayant fait des études, et qui ne trouvent point d'emploi.

Peu importe ce que vous avez l'intention de faire, l'entreprise dans laquelle vous voudriez vous engager, les plans que vous formez, le doute traître essayera de vous dissuader. Il vous suggérera combien d'autres ont entrepris des choses semblables et n'ont pas réussi. Il vous dira qu'il ne faut pas vous hâter, que c'est folie d'entrer dans les affaires à une époque comme la nôtre, que vous devriez attendre que vous soyez mieux préparé et que vous ayez un capital; bref, il vous montrera tous les obstacles que vous rencontrerez sur votre route, et vous engagera à réfléchir mûrement avant de prendre une décision.

Qui pourra estimer combien d'inventions et de merveilleuses découvertes, qui auraient émancipé l'humanité de l'esclavage de conditions pénibles, ont été annihilées par ce traître ?

Le doute tue l'activité, décourage l'ambition, et détruit ou neutralise la plus forte puissance cérébrale.

Ce malin ennemi de l'humanité est en si étroite relation avec la crainte, qu'il est presque impossible de tirer une ligne de démarcation entre les deux. Ce sont des jumeaux. Partout où le doute fait son entrée, il introduit sa sœur la crainte, et la crainte amène avec elle toute sa famille : le souci, l'anxiété, le découragement. Un seul jour de doute, de crainte, de méfiance envers lui-même, dépouillera un homme de tout ce qu'il aura acquis pendant plusieurs mois.

Des multitudes de gens souffrent aujourd'hui de la fatale maladie de la dépréciation de soi-même, dont les germes lui ont été fournis par le doute. Toutes les victimes du découragement, tous ceux qui souffrent de mélancolie, tous ceux qui traversent la vie déprimés, désespérés, sont les auteurs de leur propre misère, parce qu'ils se sont laissé empoisonner par le doute.

Les Thomas douteurs n'arrivent jamais à rien, parce qu'ils n'ont point de vision, et « sans vision le peuple périt ». Celui qui veut faire quelque chose de bien en ce monde doit avoir une vision, et le courage nécessaire pour la faire surgir dans la réalité.

Le courage est le grand meneur dans le royaume mental. Tout ce qui le paralyse détruit l'initiative et rhabileté. Le doute est son grand ennemi ; il suggère la prudence au moment où tout dépend de la hardiesse et de l'audace.

La prudence est une bonne chose, mais lorsqu'elle est portée à l'excès, elle cesse d'être une vertu, et devient presque un vice. Elle peut rendre inefFective plus d'une noble qualité.

Nous sommes des créatures d'habitudes, et quand nous laissons pénétrer dans notre esprit des doutes sur notre habileté à faire les choses que nous savons faire, nous prenons l'habitude de croire que nous ne pouvons pas les faire, et quand nous pensons que nous sommes incapables, nous devenons incapables. Lorsqu'un homme commence à écouter ses doutes, il commence à faiblir.

Pourquoi différer de faire les choses que vous savez parfaitement bien devoir faire ? De quoi avezvous peur? Même l'insuccès vaut mieux que renvoyer constamment ce qu'on devrait faire. Reculezvous devant une responsabilité ou devant un travail supplémentaire? Craignez-vous l'humiliation possible d'un insuccès ? Qu'est-ce qui favorise vos doutes et vous retient ? Quelles sont les fibres invisibles qui

vous lient ? Ou vous chargez-vous d'un excès de bagages en vous cramponnant à des choses qui ne sont pas nécessaires et qui vous entravent ?

J'ai entendu parler d'un marin qui perdit la vie de cette manière. Il faisait partie de l'équipage d'un navire qui transportait, dans un port éloigné, une grande quantité de minerai d'or. Le vaisseau donna contre un écueil, et, quand tout espoir de le sauver ainsi que sa précieuse cargaison fut évanoui, le capitaine ordonna à l'équipage de quitter le navire qui s'enfonçait. Le dernier canot avait été mis à la mer, mais ce marin refusa d'y descendre avant d'avoir rempli ses poches du précieux minerai. 11 disait qu'ayant été pauvre toute sa vie, il désirait enfin être riche. Dédaignant les avertissements du capitaine et de ses compagnons, qui ne pouvaient plus l'attendre, il continua à se charger d'or. Puis, voyant que les bateaux avaient pris le large, il sauta par-dessus bord, et essaya de se sauver en se cramponnant à des pièces de bois qui flottaient. Le poids du minerai l'empêcha de flotter et de nager, et la fortune qu'il n'avait pas voulu abandonner causa sa mort.

Je connais un homme qui depuis un quart de siècle, a pris la résolution d'entreprendre une chose à

laquelle il croit. Chaque année, pendant cette longue période, il m'a répété qu'il allait entreprendre la grande œuvre de sa vie, mais le doute a si bien engendré en lui rhabitude de renvoyer, qu'il recule toujours. Il semble craindre de quitter sa routine pour essayer quelque chose de nouveau. Maintenant ses cheveux sont gris, l'enthousiasme de sa jeunesse est parti, et il n'entreprendra jamais ce dont chacun le déclarait absolument capable.

Toute l'histoire montre que tandis que l'expérience augmente la sagesse, elle n'augmente pas toujours la foi. La jeunesse inexpérimentée entreprend souvent des choses qui font hésiter les gens plus âgés et plus expérimentés. La confiance est la caractéristique de la jeunesse ; mais après quelques échecs et quelques désappointements, beaucoup commencent à se demander si leur confiance était basée sur un jugement sain, si leur enthousiasme et leur foi n'étaient pas la conséquence de leur manque d'expérience. Ils commencent à douter et à craindre que l'ambition qui les pousse ne soit pas digne de confiance, et ils se demandent si elle ne serait pas un mirage destiné à les faire échouer. Ces doutes et ces craintes, cet excès de prudence, deviennent une habitude qui a ruiné des multitudes de carrières,

Marden. — Attitude victorieuse. 4

une habitude responsable d'un large pourcentage de facultés non utilisées.

Avez-vous fait tout ce qu'il vous était possible de faire ? N'y aurait-il pas en vous quelque territoire mental qui, s'il était cultivé, réaliserait les rêves de votre jeunesse ? Pourquoi poursuivez-vous, année après année, la même routine, faisant la même chose de la même manière, écoutant le doute qui vous murmure qu'il serait téméraire d'essayer de nouvelles méthodes, d'adopter de nouvelles idées ? Depuis combien de temps vous contentez-vous d'être un employé tout ordinaire ? Comprenez-vous que cette habitude de douter prend toujours plus d'influence sur vous, et que vous lui devrez de rester perpétuellement un simple commis ?

Plus vous resterez longtemps dans la même position, faisant le même travail, sans être promu à quelque chose de meilleur, plus cette habitude d'inertie aura de prise sur vous, et plus grandira votre doute sur la sagesse d'un changement. C'est une chose dangereuse que de tomber dans la routine. Réveillezvous avant qu'il soit trop tard, et commencez à mettre à exécution le plan qui vous hante depuis si longtemps, mais que le doute vous a représenté comme impraticable.

Si chaque être humain, aujourd'hui, se mettait à faire ce qu'il s'est senti parfois capable de faire, toute notre civilisation en serait révolutionnée. Tout ce qui a été accompli ne constitue que le Vio ^^ ce qui aurait pu être accompli si chacun avait été fidèle à sa vision, s'il ne l'avait pas laissé obscurcir par le doute.

N'êtes-vous pas fatigué de voir vos plans contrecarrés, vos efforts enrayés par ce traître qui s'appelle le doute ? N'êtes-vous pas fatigué d'être frustré par ce voleur des bénédictions et des bonnes choses que le Créateur vous avait destinées ? Pourquoi ne pas le chasser de votre royaume mental ! Neutralisez-le par une grande foi en vous-même, en votre mission, en votre contribution possible au bien du monde. Le doute a très peu d'influence sur les hommes du type d'un saint Paul, il ne paralyse que les faibles. Soyez donc un homme fort, capable de lui résister. y

Ne permettez pas à cet ennemi de vous contrecarrer et de vous bafouer plus longtemps. Ayez une bonne conversation avec vous-même, et dites-vous: «Je ne veux pas écouter plus longtemps la voix de ce démon. Je ne lui permettrai plus de gâter les dons de Dieu à mon égard. Quelque chose en moi affirme

que j'ai été créé pour la victoire, non pour la défaite, pour le bonheur, non pour la misère, pour le repos d'esprit, et non pour une vie de soucis, d'inquiétudes et de craintes. Je ne crois pas que j'aie été placé icibas pour être le jouet des circonstances. La foi, l'espoir et la confiance seront mes aides. Le doute est l'enfant de la crainte, et la crainte a hypnotisé la grande majorité des êtres humains, de telle sorte qu'ils n'osent pas entreprendre les tâches qu'ils sont parfaitement capables d'accomplir. A partir d'aujourd'hui, elle n'aura plus aucun pouvoir sur moi. Je n'écouterai plus sa voix perfide et déloyale. »

Si vous voulez réussir, vous devez éviter la témérité aussi bien que la prudence excessive. Mais quand vous aurez bien considéré, sous toutes ses faces, le projet que vous aurez formé, et que vous l'aurez déclaré réalisable, ne permettez plus à la crainte et au doute d'entrer dans votre esprit. Mettez-vous à l'exécuter, et ne regardez pas en arrière pour vous demander si vous auriez mieux fait d'entreprendre autre chose. Allez de l'avant et n'ayez aucune crainte. Votre confiance grandira à mesure que vous avancerez, et il vous deviendra comparativement facile de surmonter toutes les difficultés.

Tout enfant, tout jeune homme devraient être

instruits du danger que peut leur faire courir le doute, ce fatal ennemi de l'humanité. Ils devraient être si imbus de la philosophie qui s'attend au succès et non à rinsuccès, que le doute ne puisse avoir assez de prise sur eux pour amoindrir leurs capacités et empêcher la réalisation de leurs rêves. L'intelligence impressionnable des jeunes est trop souvent suggestionnée par l'idée de l'insuccès. La plupart d'entre nous naissent avec le germe du doute implanté dans leur cerveau.

Dès le début de votre carrière, mettez-vous bien dans l'esprit que vous allez être un conquérant dans cette vie, que vous serez le roi de votre royaume mental, et non l'esclave d'un traître ennemi, que vous choisirez la carrière la plus sage, sans égard aux difficultés de la route, que vous réaliserez vos ambitions, sans vous inquiéter des obstacles que vous pourriez rencontrer sur votre chemin. Ne permettez pas au doute d'entraver vos efforts. Ne le laissez pas vous paralyser au début, et faire de vous un pygmée quand vous avez en vous l'étoffe d'un géant. La confiance en vous-même, l'assurance, voilà les amis puissants qui tueront en vous le traître qui se jiomme le doute.

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