CHAPITRE IV
Xransforinez vos rêves en réalités.
a Toute grande âme humaine a eu sa vision et l'a méditée, jusqu'à ce que la passion de la transformer en réalité ait dominé sa vie. »
ASHiNGTON, dans une lettre écrite lorsqu'il avait douze ans, disait: «J'épouserai une belle femme ; je serai un des hommes les plus riches du pays ; je conduirai l'armée de ma colonie; je gouvernerai la nation que j'aurai aidé à créer. »
Le général Grant, dans ses « Mémoires » raconte que lorsqu'il était un petit garçon, il vit à West Point le général Scott, monté sur son cheval, passer en revue les cadets, et qu'une voix intérieure lui dit : « Ulysse, un jour, sur cette même place, tu seras à cheval, et le général de l'armée ».
Chacun sait comment ces visions enfantines furent réalisées par ces deux hommes.
La fortune du défunt J. Pierpont Morgan fut construite par la force dynamique de sa pensée, par la vision mentale de sa jeunesse. C'était un homme aux goûts variés et esthétiques, mais il concentra ses pensées sur la finance, et il devint le maître du monde dans cette branche.
L'ancienne Grèce se concentra sur la beauté et l'art, et elle devint le grand modèle de beauté et le grand révélateur de l'art dans le monde. L'empire romain se concentra sur la puissance, et il devint le maître du monde. L'Angleterre se concentra sur la maîtrise des mers et du commerce, et elle devint la maîtresse des mers et la plus grande nation commerciale du monde. Les Américains forment une nation riche, parce qu'ils se sont concentrés sur le dollar. Ils rêvent dollars, détestent la pauvreté, et soupirent après la richesse.
Sur quoi que ce soit qu'un individu ou un peuple se concentre, il tend à le réaliser, parce que la concentration est une force, tout comme l'électricité. Le jeune homme qui se concentre sur le droit pense aux lois, rêve des lois, lit tout ce qui se rapporte aux lois, assiste aux séances des tribunaux ; il est sûr de devenir unjuriste.
Il en est de même pour tous les arts et pour tou-
tes les sciences. Ceux qui se concentrent sur une idée, qui se nourrissent de leurs rêves, qui ne perdent jamais de vue leur but, quelque sombre et rebutant que puisse être le chemin, obtiennent l'objet de leur concentration. Leur intelligence devient un puissant aimant qui attire les choses qu'ils désirent. Tôt ou tard, ils réalisent leurs rêves.
Qui aurait pu empêcher Ole Bull de devenir un célèbre musicien, lui qui, petit garçon, bravait le mécontentement de son père, en se glissant hors de son lit, la nuit, pour aller dans le grenier jouer «du petit violon rouge» qui hantait ses rêves et l'empêchait de dormir ? Qui aurait pu empêcher un Faradey ou un Edison, qu'aucune difficulté n'effrayait, de réaliser les merveilleuses visions de leur enfance ?
Si vous pouvez concentrer votre pensée avec persistance, ne craignez pas de vous livrer à votre plus grande ambition, rien ne vous empêchera de la réaliser. Mais une concentration spasmodique, un enthousiasme intermittent, quelque intense qu'ils soient, n'aboutiront pas. Le rêve sans l'effort ne fait que consumer l'énergie. C'est le maintien de la vision, accompagné de l'effort persistant et concentré sur le plan matériel, qui aboutit.
« Prépare ton rouet et ta quenouille, et Dieu t'enverra le lin, » dit un ancien proverbe. Si nous voulions seulement croire aux promesses de Dieu, et faire notre part pour amener leur accomplissement, personne ne serait malheureux ni misérable.
Partout nous rencontrons des hommes ou des femmes désappointés, aigris parce qu'ils n'ont pas obtenu ce qu'ils désiraient, une éducation musicale ou artistique, l'instruction nécessaire pour être ingénieur, médecin, juriste, ou pour exercer toute autre vocation à laquelle ils se sentaient appelés. Ils luttent dans un milieu qui leur est contraire, maudissant le sort qui les a privés de ce qu'ils désiraient. Ils croient que la vie les a déçus quand la vérité est qu'ils se sont déçus eux-mêmes. Ils n'ont jamais préparé le fuseau et la quenouille qui leur auraient attiré le lin avec lequel ils auraient filé une vie heureuse et complète. Ils n'ont jamais donné une forme à leurs désirs ; ils ne les ont jamais entretenus en refusant positivement de les abandonner ; par-dessus tout, ils n'ont pas fait tous leurs efforts pour amener leur réalisation.
Trois choses sont nécessaires pour transformer nos rêves en réalité : avoir la vision de nos désirs, nous concentrer sur cette vision, travailler pour la
faire passer dans la réalité. Les outils nécessaires pour cela sont en nous et non hors de nous. Peu importe les accidents de la naissance ou de la fortune, il n'y a qu'une seule force avec laquelle nous puissions façonner notre vie matérielle : l'intelligence.
L'abeille et le serpent tirent des matériaux de la même plante. L'un les transmue en poison mortel, l'autre en miel délicieux. La puissance qui tranforme les matériaux en une nouvelle substance est dans l'abeille et dans le serpent.
Sur deux garçons ou deux fillettes sortis du même milieu défavorable, l'un trouve moyen de s'éduquer etd'arriver à occuper une bonne place, tandis que l'autre devient un propre-à-rien. La différence réside dans le for intérieur du garçon ou de la fillette. Les deux ont les mêmes matériaux à leur disposition; l'un les transmue en or, l'autre en plomb.
Deux marins forcent la même brise à envoyer leur bateau dans deux directions opposées. Ce n'est pas le vent, mais la manière de placer la voile qui détermine la direction.
Le pouvoir qui transforme en réalités nos désirs et nos visions, ne réside pas dans notre environnement, ni dans aucune condition extérieure : il est en nous.
Dans la cencentration de l'esprit sur un seul dé-
sir, ily a une force invisible, inconnue, magnétique, qui contribue à la réalisation de ce désir. Nous ne pouvons pas dire au juste ce qu'est cette force qui va chercher les forces cosmiques correspondant à nos désirs. Nous savons seulement qu'elle existe. L'éther cosmique qui nous entoure est plein de puissances insoupçonnées, et l'esprit fort et concentré s'élance dans cet éther et attire à lui des forces capables de concrétiser ses désirs.
Tous les progrès humains ont été extraits de l'invisible par le cerveau, par Tintelligence s'emparant des matériaux mis à sa disposition, pour leur donner la forme des désirs et des projets de ceux qui ont accompli des exploits.
Toutes les grandes découvertes, les grandes inventions, les grandes actions qui ont élevé Thomme au-dessus de son existence animale, ont été le résultat de la pensée constante et de la vision de leurs auteurs. Ces grands caractères se sont cramponnés à leur vision, Tout entretenue, jusqu'à ce qu'ils soient devenus de puissants aimants attirant à eux, par l'intelligence universelle, la réalisation de leurs rêves.
La plupart des grandes inventions sont dues à un éclair de la pensée. La machine à coudre, par exemple,
a surgi d'une simple idée que l'inventeur retint avec persistance dans son esprit, jusqu'à ce que, grâce à ses efforts, l'idée se fut matérialisée en une réalité concrète. Elias Howe avait l'habitude de surveiller sa femme lorsqu'elle cousait, cousait, tard dans la nuit, pour faire les vêtements de la famille, et il se demandait si une pareille corvée était absolument nécessaire. En observant le mouvement de l'aiguille agile, il commença à se demander si ce travail, qui prenait tant de temps à sa femme, ne pourrait pas être fait beaucoup plus vite et avec moins de peine par quelque machine. Il nourrit cette idée, se représentant quelle chose magnifique ce serait si l'on pouvait soulager des millions de femmes d'un travail qui, si fréquemment, doit se faire le soir, après une journée de dur labeur. Il commença ses expériences, retenant fermement sa vision, en dépit de la pauvreté et des moqueries d'amis qui pensaient que c'était folie de consacrer tant de temps à une idée aussi slupide. Mais, à la fin, sa vision se transforma en une merveilleuse réalité, la machine à coudre, qui a émancipé les femmes du monde entier d'un pénible esclavage.
L'idée du téléphone jaillit dans l'intelligence du professeur Alexandre Bell alors qu'il tirait une
corde à travers un trou percé dans le fond d'une boîte de métal, en découvrant que la voix pouvait être transmise par cette corde. Cette idée s'empara si complètement de l'inventeur qu'elle le priva de sommeil, et pour un temps le rendit pauvre. Mais rien ne put le détourner de sa vision, ni l'empêcher de lutter pour la transformer en réalité.
Je demeurais dans la chambre voisine de celle de ce célèbre professeur pendant qu'il travaillait à son invention. Je constatai sa lutte avec la pauvreté, j'entendis les critiques et les moqueries de ses amis, tandis qu'il persistait à faire les expériences d'où résulta le téléphone, une réalité dont le monde moderne des affaires ne pourrait plus se passer.
Toutes les inventions d'Edison, comme celles de chaque inventeur, ont éclos du même principe qui nous a donné la machine à coudre et le téléphone. Toutes, elles prirent naissance sous la forme d'idées, de visions, et un travail assidu les transforma en réalités.
D'après Darwin, le désir de s'élever dans les airs précéda la naissance et le développement des ailes de l'aigle. De même, on affirme que nos différents organes et leurs fonctions se sont développés à mesure que nous en ressentions le besoin.
Les cellules cérébrales se développent pour répondre au désir. Là où il n'y a point de désirs, il n'y a point de croissance. Le cerveau se développe dans la direction de l'ambition prédominante, de l'activité mentale la plus prononcée. Le désir de la carrière musicale, par exemple, développe les cellules musicales du cerveau. L'ambition de faire de bonnes affaires développe la partie du cerveau qui s'y rapporte, les cellules qui président au développement des facultés commerciales. Quoi que ce soit que nos désirs réclament du cerveau, il y répond par le développement de la partie qui correspond à ces désirs.
Pendant des années, un pauvre petit campagnard bâtit ses châteaux en Espagne. Il voit un grand établissement commercial qu'il dirigera un jour. Les moqueries de sa famille et de ses camarades ne peuvent ni l'intimider, ni troubler sa vision. Jl continue à l'entretenir, et voici que des ressources inattendues surgissent; il devient apprenti de commerce dans la cité de ses rêves. Il surveille toutes choses d'un regard d'aigle ; il emmagasine les informations et les idées ; il est alerte, actif, énergique, plein de ressources, et au bout de quelques mois il monte en grade. Il attire l'attention du patron de l'établisse-
ment qui l'appelle dans son bureau, et lui dit qu'il le surveille depuis plusieurs mois, et reconnaît en lui le génie des affaires. Il lui confie un poste plus avancé et certaines responsabilités ; les affaires prospèrent sous sa direction, et au bout de quelques années, il devient Tassocié de la maison dans laquelle il était entré comme apprenti. Ses rêves de jeunesse sont réalisés. Son cerveau s'est constamment développé dans la ligne de sa vision, attirant à lui les forces et les conditions qui en ont fait la réalité.
Une pauvre jeune fille, enfant d'une humble famille de l'Etat du Maine, qui pensait que devenir cantatrice était un péché impardonnable, n'entrevoyait aucune possibilité de réaliser le rêve qu'elle faisait en secret, mais elle nourrissait son désir en faisant la seule chose que lui permettaient ses parents, chanter dans le petit chœur d'une église. Graduellement, le chemin s'ouvrit, et la jeune fille du Maine devint la fameuse Lilian Nordica, une des plus grandes cantatrices du monde.
Peu importe que vous soyez une pauvre jeune fille de la campagne et ne voyiez aucune possibilité de quitter vos parents pour suivre la carrière de votre choix, ne laissez pas s'éteindre votre désir. Que ce soit la musique, l'art, la littérature, les affaires ou
toute autre chose que vous désiriez, retenez fermement votre ambition. Quelque sombre que vous paraisse l'avenir, persévérez dans votre désir, et la lumière et les occasions viendront vous rendre capable de les transformer en réalité. Le Créateur vous a préparé pour une certaine tâche, et il vous donnera l'occasion de l'accomplir, si vous gardez fermement votre vision, et luttez de votre mieux pour obtenir sa réalisation.
Pensez à Lilian Nordica, à Jenny Lind, à Sophie Germain, à Louisa Alcott, aux milliers de femmes qui ont été entravées, comme vous, par la pauvreté ou des circonstances défavorables, et qui, cependant, ont réussi en dépit de tout, à être ce qu'elles désiraient être, ou à faire ce qu'elles désiraient faire. Prenez courage, et croyez qu'à vous aussi Dieu fournira les outils nécessaires pour frayer la voie à l'accomplissement des désirs de votre cœur.
Si vous êtes un garçon de ferme et que vous vous sentiez né pour être un ingénieur, tout en n'entretrevoyant aucune possibilité de recevoir une instruction technique, ne perdez pas courage. Procurez-vous les livres qui traitent de votre spécialité. Retenez fermement votre vision. Instruisez-vous par tous les
moyens possibles. Gela pourra nécessiter des années, mais si vous êtes fidèle à vous-même, la concentration de votre désir vous ouvrira les portes, et avant que vous vous en rendiez compte, vous serez sur le chemin conduisant à la réussite. Les Washington, les Lincoln, les Edison, les Pasteur, les hommes qui ont fait le plus pour leur patrie et pour rhumanité ont eu à lutter autant que vous pour obtenir ce qu'ils désiraient. Pour les jeunes gens et les jeunes filles d'aujourd'hui, les moyens d'atteindre leur but sont bien plus nombreux qu'ils ne l'étaient il y a cent ans, cinquante ans ou même vingt-cinq ans. Le grand danger de notre temps n'est pas que nous manquions d'occasions de réussir, mais que nous perdions notre vision, et que nous laissions mourir notre ambition.
Au lieu de prendre leurs désirs en sérieuse considération, la plupart d'entre nous s'en amusent, comme si ces désirs ne pouvaient pas se transformer en réalité. Nous ne croyons pas à la divinité. Nous considérons les désirs de nos cœurs, les aspirations de nos âmes comme des caprices de notre imagination, oubliant que toute invention, toute découverte, tout progrès ayant contribué au bien du monde, a commencé par un désir, et que ce désir conservé
Marden. — Attitude victorieuse. 5
avec persistance a été accompagné de la lutte qui devait en faire une réalité.
Il nous est difficile de saisir le fait que l'ambition, accompagnée de l'effort, est une puissance créatrice qui tend à se réaliser elle-même. Nos esprits ressemblent à celui du disciple incrédule qui ne voulut pas croire que son Seigneur était ressuscité jusqu'à ce qu'il eut mis ses doigts dans le côté percé de son Maître. Seules, les choses que nous voyons nous paraissent réelles, tandis que, au contraire, les choses les plus réelles sont les choses invisibles.
Nous ne doutons jamais de l'existence de la force qui fait sortir la plante de la semence, le feuillage et la fleur du bourgeon, les fruits de la fleur. Elle est invisible. Nous ne pouvons la connaître par nos sens, mais nous savons qu'elle est plus puissante que tout ce que nous voyons. Personne ne peut voir, ni toucher la gravitation, ou les forces qui font mouvoir avec une rapidité effrayante la Terre à travers l'espace, tout en la maintenant dans son orbite sans varier d'un dixième de seconde par siècle, et cependant qui peut douter de leur réalité? Quelqu'un mettra-t-il en question la puissance de la force de l'électricité,parce qu'on ne peut ni la voir, ni l'entendre, ni la sentir.
La puissance de nos désirs, les aspirations de nos âmes, accompagnées des efforts qui tendent à en faire des réalités, est tout aussi réelle que celle des forces invisibles travaillant dans le grand laboratoire de la Nature. Le grand éther cosmique est plein de forces invisibles. Tout ce qui en sort vient en réponse à notre appel. Tout ce que vous accomplissez dans la vie est le résultat d'une loi psychique à laquelle vous avez obéi consciemment ou inconsciemment.
Faites éclore vos désirs, chérissez-les, attachez-vous aux aspirations de vos cœurs avec toute l'intensité et toute la persistance dont vous êtes capables, et vous serez surpris de voir combien vite ils commenceront à attirer leurs semblables, combien vite ils grandiront et prendront une forme tangible. Lancez fièrement vos désirs, avec une parfaite confiance, dans l'éther cosmique. Il vous fournira les matériaux qui transformeront vos rêves en réalité.
Le malheur est que nous n'osons pas le faire. Nous craignons que le sort ne se moque de nous et ne démolisse nos visions mentales. Nous ne comprenons pas mieux les lois qui gouvernent nos pensées et nos forces que les lois qui gouvernent Tunivers. Si nous avions foi en leur puissance, nos pensées sérieuses et nos efforts germeraient et donneraient des bourgeons
et des fleurs, tout comme le fait la petite semence confiée à la terre.
Considérez comment la semence doit être surveillée et nourrie avant de pouvoir donner naissance à une vie nouvelle. Voyez comment le germe délicat doit être nourri par la terre et réchauff'é par le soleil pendant des mois, avant de montrer sa tête à la lumière, à travers les mottes. Supposez qu'il ait peur de sortir et qu'il se dise : « Il m'est impossible de sortir de cette sombre terre. Aucune lumière ne m'éclaire. Je suis si tendre que la moindre pression me briserait et compromettrait pour toujours ma croissance. Le seul moyen de sortir de ma prison serait de percer la croûte qui me retient captif, et il me faudrait une formidable force pour le faire. Je serai aplati, étranglé, avant d'avoir fait la moitié du chemin. »
Mais le soleil cajole le petit germe, le sollicite, l'encourage à tenter l'impossible, et voici qu'au bout de quelques jours, sa petite tête se montre au dessus de ce qu'il considérait comme le plus grand ennemi de ses progrès, et qui devient, au contraire, son support et sa force. La lutte qu'il a dû soutenir pour percer le sol a fortifié ses fibres et l'a rendu capable de lutter contre les éléments qu'il a rencontrés.
De même que cette tendre plante, vous pouvez être entourés d'obstacles qui vous paraissent insurmontables ; vous pouvez ne pas apercevoir un rayon de lumière à travers les circonstances rebutantes ; retenez cependant fermement votre vision, et allez de l'avant. La lutte développera vos forces et vous trouverez le soleil et Tair, la croissance et la vie. Vous êtes peut-être engagé dans une occupation qui ne vous convient pas, et tenté de perdre courage et d'abandonnervos rêves, parce que vous n'entrevoyez pas le moyen d'améliorer votre situation. Mais c'est justement le moment de vous y cramponner, afin de les faire passer dans la réalité. Sans le savoir, vous êtes peut-être plus près de la délivrance que vous ne le croyez, et si, comme la petite plante, vous poussez, poussez toujours, vous trouverez bientôt le soleil, l'air et la liberté.
Nul être humain ne peut dire qu'il n'a aucune chance. Si votre position actuelle ne vous permet pas de vous épanouir, vous pouvez y arriver cependant en faisant votre travail aussi bien que possible, et en gardant votre esprit constamment fixé sur l'échelle qui viendra faciliter votre ascension. C'est dans votre esprit que se forment les échelons par lesquels vous monterez ou descendrez. Nul ne peut les faire pour
vous. La clef qui ouvrira la porte qui vous retient n'est pas dans les mains du sort ; vous la l'abriquez par vos pensées.
La porte qui conduit à quelque chose de meilleur est toujours dans le devoir du moment présent. L'esprit dans lequel vous faites votre travail, l'énergie que vous y mettez, vous ouvriront cette porte, quels que soient les obstacles ou les forces qui la retiennent fermée. Si vous retenez votre vision, si vous êtes en même temps honnête, sérieux et vrai, rien ne pourra empêcher la réalisation de vos désirs.
Peu de personnes comprennent l'étroite coordination qui existe entre leur vision mentale et les résultats de leur carrière actuelle. Si l'on me demandait de nommer la principale cause de la majorité des cas d'insuccès, je dirais que c'est l'incompréhension des relations qui existent entre la pensée et l'accomplissement. La disparition graduelle de nos rêves, la perte de nos visions, peuvent être attribuées à cette cause.
Ce que nous tirerons delà vie dépendra en grande partie de notre fidélité à nos visions. Si nous croyons en elles, nous ne les laisserons pas mourir faute de les entretenir. Si nous sommes assez forts pour leur
tenir tête, et si nous ne nous décevons pas nousmêmes par l'égoïsme, la vanité, la suffisance, aucune infortune, aucun découragement, aucun obstacle, rien au monde ne nous les enlèvera. Nous leur resterons fidèles jusqu'à notre mort.
Le monde soutient celui qui croit en sa vision et se consacre sans réserve à sa réalisation, car il sait qu'il existe une force réelle chez le rêveur qui a une telle foi dans son rêve qu'il sacrifiera tout pour le transformer en réalité.
Peu importe les découragements, les infortunes ou l'insuccès qui peuvent vous atteindre, ne permettez à personne, à aucune combinaison de circonstances malheureuses, de détruire votre foi dans la vision de ce que vous vous croyez appelé à faire. Peu importe que les faits actuels semblent contredire les résultats que vous attendez. Peu importe que les autres vous condamnent ; retenez fermement votre vision parce qu'elle est sacrée. C'est la poussée divine en vous. Vous n'avez pas le droit de la laisser s'affaiblir ou s'obscurcir. Votre succès final sera en rapport avec la ténacité que vous mettrez à garder votre vision à travers tous les découragements.
Bannissez toujours de votre esprit la pensée
que vous pourriez ne pas obtenir la réalisation de vos désirs. Tenez vos regards constamment fixés sur le but, quel qu'il puisse être ; prenez la résolution de n'admettre aucune défaite, et par votre attitude mentale victorieuse, votre énergie, vous créerez une force puissante qui amènera le succès de vos efforts.