CHAPITRE V
Un nouveau rosaire.
« Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez obtenu et cela vous sera accordé. » Ce passage de l'Evangile da saint Marc renferme un sens profond : nous sommes exhortés à croire que ce que nous demandons, nous l'avons déjà obtenu, et qu'en prenant cette attitude, il nous sera accordé plus que nous ne désirons.
Le bénéfice que nous retirons de la prière consiste en ce qu'elle nous met en communion plus étroite, plus vitale, avec l'Intelligence divine, par laquelle nous recevons une plus grande mesure des bénédictions de notre Père.
La prière ouvre les canaux fermés de notre esprit qui empêchent l'influx divin elle fait passer dans nos vies, en plus grande abondance, les ressources illimitées qui découlent continuellement de la Source Suprême.
ARiE, disait une jeune fille à son amie catholique, pourquoi portez-vous toujours et partout avec vous votre rosaire ? Quel bien cela peut-il vous faire d'en compter et d'en recompter les grains ?
— Oh! répondit Marie, je ne sais comment vous faire comprendre quel réconfort ce rosaire est pour moi. Quand je suis fatiguée, découragée, quand j'ai des idées noires, ou que je désire quelque chose qui me
paraît impossible, je prends mon rosaire et je commence à prier. Avant que j'aie parcouru la moitié de ses grains, tout est changé. La sensation de fatigue, de découragement a disparu, et ce qui me paraissait impossible à obtenir, ne le parait plus autant ; je sais que si je ne reçois pas exactement ce que je demande, je recevrai quelque chose de meilleur.
Ceux qui ont des idées trop étroites ou qui sont trop imbus de préjugés pourvoir quelque chose de bon dans une croyance qui n'est pas la leur, se moquent souvent de la coutume catholique « de réciter le chapelet». Pour ces personnes, répéter plusieurs fois la même prière paraît une superstition, un nonsens. Elles ne comprennent pas la philosophie et la religion qui sont à la base de cette vénérable coutume. Elles ne connaissent pas la puissante influence des pensées formulées oralement.
Chacun peut en faire l'épreuve. Il n'est pas nécessaire de posséder un rosaire fait de grains. Vous pouvez vous construire vous-même un rosaire intangible, mais très réel ; et si vous le récitez, non pas une fois ou deux fois par jour, mais souvent dans la journée, et tout spécialement avant de vous endormir, vous serez surpris du merveilleux résultat que vous obtiendrez.
Est-ce un défaut dont vous désirez vous corriorer, un talent ou un don que vous voudriez développer ? Désirez-vous acquérir de l'instruction, des amis, le succès dans quelque entreprise, ou voulez-vous obtenir le contentement, le repos d'esprit, le bonheur, le don de servir? Bref, quoi que ce soit que vous désiriez, formez-en un grain de votre rosaire, priez pour en obtenir Taccomplissement ; pensez-y, travaillez à sa réalisation, et votre désir se matérialisera.
Il y a bien des manières de prier. Toutes les prières ne sont pas des pétitions adressées au Tout- Puissant. Ce sont aussi des inspirations, les aspirations de nos âmes. Le désir est une prière. La prière la plus sincère peut être Tardent désir du cœur de cultiver un talent, d'être plus instruit, de manière à pouvoir faire plus de bien dans ce monde. Notre lutte pour atteindre le but, nos efforts pour faire le bien sont aussi de vraies prières.
Quand Jane Addams, petite fille, désirait pouvoir élever d'autres petites filles et les rendre heureuses, quand elle rêvait au temps où elle serait grande et pourrait se mettre au service de l'humanité, elle priait. C'est alors qu'elle creusait les fondations de « HuU House », et la « HuU House » d'aujourd'hui n'est que sa prière exaucée. Toute son enfance fut
une prière, puisqu'elle fut la préparation à une grande et noble tâche.
Quand la fillette Frances Willard rêvait dans son logis retiré du Wisconsin, elle priait et construisait aussi sûrement que dans les années subséquentes où elle créa tant de belle œuvres. «J'ai toujours désiré agir sur le monde, autour de moi, jusqu'à Textrême limite de mon pouvoir, » dit-elle en parlant des aspirations de sa jeunesse. « Couchée surTherbe de la prairie, les mains tendues vers le ciel, j'avais l'habitude de dire dans mon for intérieur : Quel est le but à atteindre, 6 Dieu ? »
Les désirs de ces nobles cœurs, dans le sens le plus profond, sont des prières. La prière à haute voix, d'un style irréprochable, qui descend de la chaire pour être entendue des hommes, peut n'être pas du tout une vraie prière. Les prières collectives d'une congrégation peuvent n'être qu'une dérision. J'ai souvent été dans des églises où tous les assistants récitaient des prières automatiquement ; pendant que leurs lèvres remuaient pour prononcer cette soi-disant prière, ils regardaient tout autour d'eux et pensaient à autre chose. Il n'y a aucune réelle prière dans un acte semblable, car ce n'est ni un soupir du cœur, ni l'expression des désirs de l'âme.
C'est un pur verbiage. De semblables prières sont une insulte au Créateur.-»
« La prière est le désir sincère du cœur. » Ce que nous désirons et espérons ardemment, nous le prions par notre désir et notre espoir même. La vraie prière peut être une lutte intérieure sans paroles, elle peut être un noble désir, un soupir du cœur qu'aucune langue ne peut exprimer. Qu'elle soit formulée ou non, la vraie prière vient toujours du cœur, et elle est toujours exaucée.
Une remarquable illustration de ce que nous avançons se trouve dans le fait suivant, raconté par John Weslev. Il traversait un jour, à cheval, une épaisse forêt, portant sur lui une grosse somme d'argent confiée à sa garde. Tout à coup, une sensation de crainte l'étreignit, et descendant de son cheval, il se mit à prier pour demander à être protégé. Bien des années plus tard, Weslev fut appelé auprès d'un moribond. Cet homme confessa que. lorsque Weslev avait traversé le bois, il était embusqué pour se jeter sur lui et lui voler l'argent qu'il portait. Il l'avait vu descendre de cheval, puis quand Weslev avait continué son voyage, l'homme avait vu. chevauchant à côté du voyageur, un être armé, qui l'avait rempli d'une telle terreur qu il avait renoncé à son dessein.
Balzac a dit avec justesse : « Quand nous sommes capables de prier sans fatigue, avec amour, avec certitude, avec intelligence, nous nous trouvons en accord avec la puissance divine, et semblable à un ouragan, à la foudre, notre volonté se fraye un chemin à travers tout, et participe à cette puissance.
Tout le monde prie, parce que chacun espère et désire. En un certain sens, l'athée, Tagnostique, rincrédule, sans le savoir, prient tout comme les cro^^ants, car chaque soupir du cœur, toute noble aspiration est une prière. Nous prions aussi naturellement que nous respirons, car le désir d'une vie meilleure et plus noble est une prière inconsciente. La prière est, en réalité, le besoin que notre cœur éprouve d'être uni à Dieu. Elle est Tunion de l'âme avec son créateur. Elle est littéralement ce que Phillips Brooks Fa dépeinte : la vanne entre Dieu et l'âme.
Beaucoup de gens ne comprennent pas la vraie nature de la prière, et disent qu'il ne sert à rien de prier, parce que leurs prières ne sont pas exaucées.
Si vos prières vous reviennent sans avoir été exaucées, c'est qu'elles ne répondaient pas aux conditions dont la prière dépend : la foi et le travail. Vous ne recevez pas les choses que vous demandez, parce que vous ne croyez pas vraiment que vous les rece-
vrez, ou que vous n'accompagnez pas votre prière de TefFort nécessaire.
Prier pour obtenir une chose, et ne pas travailler et lutter pour l'obtenir, est une moquerie. Demander à Dieu ce que nous désirons, tout en étant trop paresseux pour nous aider nous-mêmes, c'est mendier. En réponse à nos prières, à nos désirs et à nos efforts, nous recevons ce que nous demandons de la Source universelle qui est partout. Chaque jour, quelque exaucement se produit, quelque chose sort de Tinvisible et se manifeste dans Factuel, grâce à ces deux puissants instruments : la Prière et le Travail. Mais si vous croyez que les obstacles seront enlevés, ou que votre désir sera réalisé sans que vous leviez un doigt pour vous aider vous-même, vous pourrez prier jusqu'au jour du jugement dernier, sans recevoir la moindre réponse. La prière sans la foi ne sert à rien, et la foi sans les œuvres est une vertu improductive.
Dans la seconde strophe d'un petit poème intitulé « La réponse de Dieu », Ella Wheeler Wilcox nous donne une réponse à la plainte de Tâme découragée, qui crie que ses prières ne sont pas entendues, et qu'aucune main ne s'avance pour la porter sur les hauteurs qu'elle voudrait atteindre.
Alors, Dieu répondit : « Je t'ai donné trois biens : Un esprit éclairé, une volonté fière.
Un cœur brave et vaillant pour tracer le chemin Qui te conduit toujours plus loin, toujours plus haut. Utilise ces biens, fais ta part tout entière, Avant d'oser, sur moi, rejeter ton fardeau Et m'adresser ta prière.
La réponse à nos prières dépend de nous. Elles sont exaucées par notre obéissance aussi bien à la loi naturelle qu'à la loi spirituelle qui règle le secours. Si vous ne faites pas votre part, jusqu'au moindre détail, dans le travail actuel du monde, votre prière vous reviendra inexaucée.
Tout se paye dans l'univers, et ceci est parfaitement légitime. Vous pouvez obtenir ce que vous désirez, si vous êtes décidé à en payer le prix par votre effort honnête, sérieux, persévérant. Le Créateur répond à votre prière en vous rendant capable de l'exaucer vous-même, en vous mettant en état de vous conformer à la loi de la demande et de l'exaucement, le principe fondamental sur lequel toute prière est basée. Vous devez vous mettre en harmonie absolue avec la chose que vous demandez. Elle ne peut être obtenue par la force ; vous devez l'attirer. La ré-
ponse à la prière ne parvient qu'à un esprit réceptif, mais en état de créer, d'achever.
L'affirmation et la prière obéissent à une seule et même loi. «Affirmez ce que vous désirez, travaillez pour l'obtenir, et cela se manifestera dans votre vie. » Affirmez-le avec foi, sans admettre aucun doute. Dites-vous : «Je suis ce que je pense que je suis, et je ne peux pas être autre chose. » Mais si vous affirmez : « Je suis en bonne santé ; je suis en prospérité ; je suis ceci ou cela, » et que vous ne le croyiez pas, votre affirmation ne vous aidera en rien. Vous devez croire ce que vous affirmez ; vous devez constamment lutter pour être ce que vous affirmez que vous êtes, ou vos affirmations n'ont aucune valeur.
Composez vous-même un Rosaire de la Pensée Nouvelle, non une collection de prières formalistes, mais un chapelet original dont chaque grain représentera les aspirations de vos cœurs, votre volonté de devenir l'homme ou la femme forts, heureux, que le Créateur veut que vous soyez.
Si vous êtes malheureux, écrasé par les désappointements et un insuccès continuel, si vous souffrez les angoisses des désirs non satisfaits, mettez ce grain dans votre rosaire, et répétez-vous souvent :
Marden. — Attitude victorieuse. *
« Dieu ne m'a pas créé pour une telle vie. John (ou Marie, prononcez votre nom), Dieu t'a créé pour le succès et non pour Tinsuccès. Tu t'éloignes du but de ton existence en te laissant aller au découragement, en montrant aux autres un visage triste et sombre, comme s'il n'y avait point de place pour toi dans ce monde d'abondance. Tu as été créé pour exprimer la joie, pour traverser la vie en conquérant. L'image de Dieu est en toi ; tu dois la manifester au monde. Ne déshonore pas ton Créateur en voilant son image, en n'étant pas l'être fort et heureux qu'il veut que tu sois. »
Mettez en action, pendant la journée, chacune des prières de votre rosaire, sinon vous pouvez vous épargner la peine de réciter votre chapelet.
Ne craignez pas de vous estimer trop haut, non par égoïsme, mais parce que le Créateur vous ayant fait à son image, vous avez hérité des qualités divines. C'est une insulte envers Dieu que de déprécier ce qu'il a fait et déclaré bon.
' Si vous êtes la victime de la timidité, si vous avez peur de dire que votre âme vous appartient, si vous traversez la vie comme si vous aviez la pensée que vous occupez une place destinée à quelqu'un d'autre, si vous reculez devant la responsabilité, devant tout
ce qui attire l'attention sur vous-même, allez à votre rosaire et ajoutez-lui un nouveau grain.
Dites-vous: «Je suis l'enfant du Roi des rois. Je ne permettrai pas plus longtemps à cette lâche timidité de me gouverner, moi, un prince du royaume des cieux. J'ai été créé par le même Créateur qui a fait tous les autres êtres humains. Ils sont mes frères et mes sœurs. Il n'y a aucune raison qui puisse m'empêcher d'exprimer devant eux ce que je sens ou pense, comme je le fais dans ma propre famille. J'ai autant le droit que n'importe quel monarque de la terre de relever la tête et d'affirmer ma descendance royale. Je suis l'héritier de mon Père, et j'ai tous les droits d'un prince. L'univers entier m'appartient, parce qu'il est à mon Père ; je veux abandonner cette malheureuse habitude de me déprécier moi-même, dem'effacer et d'avoir l'air de m'excuser d'être ici-bas. C'est un crime commis contre mon Créateur et contre moi-même. Dorénavant, je me comporterai comme un prince, et je marcherai sur la terre en conquérant. Aujourd'hui même, je ne laisserai passer aucune occasion d'assumer toute responsabilité qui développera ma valeur, toute occasion d'exprimer mon opinion, de m'affîrmer chaque fois que cela sera nécessaire.
(( Dorénavant, je me tournerai du côté ensoleillé de la vie, et je laisserai ses ombres derrière moi. Je considérerai la vie avec assurance, avec espoir, avec une attitude victorieuse, car je sais que j'ai été créé pour la victoire, que je suis né pour conquérir. »
Si vous sentez que vous manquez d'initiative, affirmez fièrement la qualité contraire, et ajoutez cette affirmation à votre rosaire. Affirmez courageusement votre capacité de faire les choses, de les faire aussi bien qu'elles peuvent être faites, et de les amener à achèvement parfait. Apprenez à vous confier au Dieu qui est en vous. Cette confiance est une force divine qui vous portera à travers tout. Ne vous permettez jamais d'accueillir des pensées d'infériorité. Ditesvous : « Je veux affirmer ma virilité, et être une force pour le monde. J'ai été créé pour faire de ma vie un chef-d'œuvre et non une esquisse informe ; j'ai été créé pour un grand but, et je veux l'atteindre. Il y a en moi des forces qui, mises en activité, révolutionneraient ma vie ; je veux les maîtriser et m'en servir. J'entends me révéler à moi-même, et donner le cent pour cent de mon habileté, au lieu d'une misérable petite fraction. »
Si vous êtes obsédé par l'idée que vous n'êtes pas aussi bien doué que d'autres; si vos parents ou vos
instituteurs vous ont déclaré lourd, stupide, au point que vous ayez perdu confiance en vous-même ; si vous avez été amoindri par une suggestion d'infériorité, qu'elle vienne des autres ou de vous-même, il vous faut changer tout cela. Vous devez affirmer votre habileté et retenir avec ténacité l'idéal de l'homme ou de la femme capable que vous désirez être, et que vous voulez devenir. Remplacez l'image de votre infériorité par l'homme idéal et complet que le Créateur a voulu que vous soyez. Cramponnezvous à cet idéal, affirmez votre supériorité, et vous chasserez ainsi les pensées fausses que vous avez laissées s'établir dans votre subconscience. Retenir la vérité, l'idéal de la perfection dans votre esprit, vons donnera la confiance, l'assurance nécessaire pour faire les choses que vous êtes capable de faire.
Des milliers d'étudiants ont manqué leurs examens, non parce qu'ils étaient incapables de répondre aux questions posées, mais à cause de la crainte, du manque de confiance en eux-mêmes, engendré parla suggestion décourageante de leur infériorité. Ceci se remarque tout spécialement chez les natures sensitives.
Je connais un jeune homme à la fois capable et ambitieux; mais quand l'occasion, attendue peut-être
depuis longtemps, se présente, il se dérobe. Son courage s'évanouit, et il ne se sent plus à la hauteur. Il craint d'essayer de faire la chose demandée, parce qu'il redoute de ne pas réussir.
Si vous vous reconnaissez à ce tableau, ajoutez un autre grain à votre rosaire. Enlevez le «Je ne peux pas» de votre vocabulaire, et substituez lui le «Je peux », car il peut celui qui croit qu'il peut. Napoléon, un des plus grands conquérants que le monde ait jamais connus, détestait l'expression « Je ne peux pas », et ne l'employait jamais lorsqu'il pouvait faire autrement. Il n'admettait pas le mot « impossible ». Quand on le loua pour l'audace et le génie qu'il avait montrés en traversant les Alpes, en hiver, il répondit : « Je ne mérite aucun éloge, sauf pour avoir refusé de croire ceux qui me disaient que c'était impossible. »
Avez-vous pensé que chaque fois que vous dites : « Je ne peux pas », vous affaiblissez votre confiance en vous-même et votre force pour faire les choses ? Avez-vous jamais connu une personne ayant, dans son vocabulaire, un grand nombre de « Je ne peux pas », qui ait accompli de grandes choses ? Certaines personnes répètent constamment : « Oh î je ne puis faire cela», «je n'ai pas les moyens d'entreprendre
ceci », « je ne puis aller là », « cette tâche est trop lourde pour moi, qu'un autre s'en charge î » Ces affirmations négatives détruisent leur force. Ne les employez jamais. Toutes les fois qu'une œuvre à faire se présente, que votre rosaire abonde en affirmations. Au lieu de «Je ne puis pas», dites: «ye puisy)y a je dois y), a je veux ». Commencez à faire ce que vous craignez d'entreprendre, et la moitié des difficultés s'évanouiront.
Si vous êtes irrité, soucieux, et si, comme Marthe, vous vous inquiétez et vous agitez pour beaucoup de choses, si vous souffrez de toutes espèces d'inconséquences, si vous ne vous sentez pas bien, vous trouverez un grand réconfort à prendre votre rosaire et à vous répéter quelques-unes des belles promesses de la Bible. « Celui qui demeure sous l'abri du Très-Haut repose à l'ombre du Tout-Puissant. » « Aucun malheur ne t'arrivera, aucun fléau n'approchera de ta tente. » « Je dis à l'Eternel : Mon refuge et ma forteresse, mon Dieu en qui je me confie ! » « Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole le jour, ni la peste qui marche dans les ténèbres, ni la contagion qui frappe en plein midi, car il te couvrira de ses plumes, et tu trouveras un refuge sous ses ailes».
La contemplation de Dieu et la fréquente répétition des belles promesses de la Bible augmenteront votre foi, et vous donneront la conscience de votre union avec l'Infini.
Ne dites jamais que vous êtes usé, fini, que vous vous sentez misérable, que vous n'avez plus la force de rien entreprendre. Ne parlez jamais aux autres de vos maux et de vos douleurs, car chaque fois que vous en parlez, vous imprimez plus profondément ces sombres tableaux dans votre conscience. Au lieu de les intensifier ainsi, dites-vous : « La puissance qui m'a créé et qui me soutient à chaque instant répare, renouvelle, restaure mes forces et me guérit ; je suis en bonne santé, je suis vigoureux, j'ai de la force, et je suis ce que je crois que je suis. » Refusez de voir ou de retenir, ne fût-ce qu'un instant, l'image de vous-même comme celle d'un être imparfait dominé par le péché ou la maladie. Ne recelez aucune suggestion d'infériorité, soit physique, soit mentale. N'admettez aucune pensée de faiblesse physique ou mentale. Persistez à vous voir tel que vous désirez être, à garder l'idéal que votreCréateur avait en vous faisant. Gardez votre vision de bonne santé sans faiblir !
Avez-vous un tempérament colérique, et sautez-
vous en l'air à la moindre provocation, allumant ainsi dans votre cerveau un feu tout aussi destrucleur de vos forces mentales et physiques que l'est, pour les grandes forêts, le feu qui décime de grandes étendues de territoire ? S'il en est ainsi, vous ruinez votre puissance et mettez sérieusement en danger votre succès, votre bonheur, votre vie ellemême. Demandez aux asiles d'aliénés, aux hôpitaux, aux morgues, à tous les endroits qui abritent les naufrages humains, quels sont les fruits des passions ingouvernables.
La colère, quelle qu'en soit la cause, est une folie temporaire. Avez-vous l'habitude de vous livrera des accès de rage pour la moindre bagatelle ? Si vous pouviez seulement voir quel triste spectacle vous offrez dans de semblables occasions, quand vous mettez tout en pièces et extravaguez comme un fou, parce que vous avez manqué votre train, ou parce que vous croyez que quelqu'un vous a insulté, quand vous descendez du trône de votre raison, et que vous permettez à la brute de s'y asseoir et de gouverner à votre place, vous seriez si chagriné et si mortifié que vous n'auriez aucun repos avant de vous être affranchi de votre défaut. Si vous étiez de sang-froid, vous ne vous donneriez pas ainsi en spectacle ; vous
ne le faites que sous l'empire de la colère, lorsque vous êtes privé de votre raison par cette folie temporaire.
Garder la maîtrise de soi-même, l'équilibre mental, le calme d'esprit au milieu de toutes les provocations, grandes ou petites, est la marque d'un beau et grand caractère. C'est le triomphe de la force sur la faiblesse, de la grandeur sur la petitesse. L'habitude de se maîtriser soi-même est l'habitude de la victoire ; elle fortifie toutes les facultés.
Vous pouvez appeler cette grande force de la maîtrise de soi-même à votre aide en vous rappelant la divinité qui est en vous, en affirmant votre union avec l'Être divin qui reste éternellement calme. Dites-vous : « L'image de Dieu est en moi. Je suis de race divine. Je ne dois pas être l'esclave de la passion. Il est indigne de l'être normal d'être le jouet de son tempérament ou de toute autre passion qui l'affaiblit. Il y a quelque chose de divin en moi, et je ne permettrai pas à ma nature inférieure de me maîtriser. »
L'affirmation constante de votre unité avec votre Créateur, vous donnera une merveilleuse sensation de puissance, et vous aidera à vous débarrasser de vos entraves. Mais vous devez être très positif, très ferme et très persévérant dans vos affirmations. Peu
importe le défaut que vous essayez de surmonter, ou la qualité que vous désirez acquérir, il ne doit y avoir aucune faiblesse, aucune indécision, aucune vacillation dans vos affirmations ou vos efforts.
Si vous êtes soumis à la fatale habitude de l'indécision, si vous hésitez, si vous vous demandez à chaque instant si vous avez bien agi comme il le fallait, si vous doutez de la sagesse de vos décisions, vous serez incapables d'arriver jamais à une conclusion intelligente.
Vous pouvez vous guérir de l'indécision en affirmant que vous êtes capable de voir clairement, de penser rapidement et d'agir avec décision. Si vous doutez de la carrière que vous devez choisir ; si vous hésitez à suivre un des deux ou trois chemins qui s'ouvrent devant vous, quel que soit le problème que vous ayez à résoudre, demandez la lumière, et la divine puissance viendra à votre aide et vous guidera. Répétez dans chaque cas: «Je puis prendre une décision et m'y tenir fermement. » Déclarez chaque matin que, pendant la journée, vous prendrez des décisions sans appel. En prenant ces décisions, usez de votre jugement, puis regardez l'incident comme clos. Vous vous éviterez ainsi la tentation d'hésiter ou de revenir en arrière.
Si vous sentez que vous êtes un lâche sur certains points, vous pouvez vous corriger en retenant l'idéal du courage, en étudiant la vie des héros, en lisant des actions héroïques, surtout en pensant que vous êtes un enfant de Dieu et que vous n'avez rien à craindre de la terre. Dites-vous : « Je suis un fils de Dieu, et je n'ai pas été créé pour être un lâche ou un poltron. La crainte n'est pas un des attributs de la divinité. Je suis brave, courageux; je suis un conquérant. »
Si vous soufFrez de la maladie de la pauvreté, si toute votre vie a été saturée de pensées de pauvreté, si vous n'avez eu d'autre but en vue que la pauvreté, changez de direction, et faites agir la loi de l'abondance. Regardez à la prospérité et au succès, au lieu de penser à la pauvreté et à l'insuccès. Toutes les bonnes choses dont vous avez besoin sont à vous par hérédité ; réclamez-les, attendez-les, travaillez et priez pour les obtenir, et vous les verrez se réaliser dans votre vie. Que cette dernière strophe du magnifique petit poème d'Ella Wheeler Wilcox, intitulé «Assertions», soit un des grains de votre nouveau rosaire. Répétez-la fréquemment et travaillez avec joie, avec confiance, avec courage à son accomplissement.
Je suis le succès. Malgré la misère,
La faim et le froid, insouciant, j'erre
En cherchant ma vie. On me voit sourire,
Et l'on m'entend dire :
Bah ! C'est pour un temps ! Et sur mon chemin, Je vois le bonheur qui me tend la main. Dieu me donnera, demain, en partage.
Richesse et santé, tout mon héritage !
Si vous avez commis une erreur fatale qui vous a mis au ban de la société et si vous vous tourmentez d'une façon morbide au sujet d'une expérience désastreuse, la rendant ainsi plus sombre et plus hideuse, rejetez tout cela hors de votre esprit, oubliez-le, et dites à ces choses : « Vous n'avez aucun pouvoir sur moi ; je ne vous permettrai pas de détruire ma paix et de ruiner ma carrière, vous n'êtes pas mon vrai moi; mon être réel et divin, et vous ne pouvez y toucher. Je puis et je veux m'élever au-dessus de tout ce qui me trouble, et. faire tourner à mon bien mes fautes et mes erreurs. Dès maintenant, je veux travailler avec le Père qui agit en moi. Je ne veux pas être vaincu. Je veux vaincre. »
Si vous êtes l'esclave d'une mauvaise habitude qui a flétri vos espoirs, ruiné votre bonheur, contrecarré vos ambitions, obscurci toute votre vie, dites-vous :
« Je veux briser avec cette mauvaise habitude. Je veux être libre et non esclave. »
Si c'est l'impureté, dites : « Je n'ai pas été créé pour être sous la domination d'un vice aussi monstrueux. Il n'était pas dans les intentions de Dieu que son image en moi se vautre dans cette souillure. Assez longtemps j'ai souffert de cette damnable habitude qui ruine ma santé, diminue mes chances de succès dans la vie, et me ravale au niveau des bêtes. Je suis un enfant de l'Infini, envoyé ici-bas pour contribuer au bien de l'humanité. Je veux faire le bien. Je vais me libérer de ce vice et recouvrer à tout prix le respect de moi-même et ma virilité. Je veux être un homme et non wnechose^ un fils de Dieu, non un fils du démon. »
Remplissez continuellement votre esprit de pensées de pureté, d'affirmations qui neutraliseront vos désirs sensuels. Répétez constamment votre détermination de ne pas permettre que votre vie soit gâtée 'par une passion déréglée. Appelez en d'une façon si vigoureuse et si énergique à votre meilleur moi, que votre nature supérieure en soit éveillée et domine vos actes. Dites : « Le Créateur m'a créé pour regarder en haut et non en bas, pour m'élever, et non pour descendre et m'abaisser au rang des animaux.»
Si c'est la boisson, le tabac ou toute autre habitude vicieuse qui détruit votre virilité et vous empêche de réussir dans la vie, enfilez un nouveau grain à votre rosaire et dites : « Je n'ai pas été créé pour me laisser dominer par vous, une simple plante, un extrait de grains, une habitude que je me suis forgée. Je romps avec vous pour toujours ; l'amour que j'avais pour vous est détruit. 11 y a en moi quelque chose de divin qui me rend parfaitement capable de vous surmonter. Choses viles, vous m'avez fait déchoir pendant un temps, mais vous ne m'humilierez plus, et vous ne me ferez plus me mépriser moimême. Un seul régnera dans mon royaume mental, et ce sera moi. Je ne vous permettrai plus, cigarette, vin, liqueur, ou toute autre drogue, de ruiner ma vie, d'imprimer sur mon visage la marque de ma défaite, de ma dégradation. Assez longtemps vous m'avez humilié, insulté, tyrannisé, persuadé que je n'avais pas la force de lutter contre ces habitudes vicieuses. Maintenant je vous défie. Votre pouvoir sur moi est détruit ; le charme est rompu. Dorénavant, je marcherai sur la terre en conquérant, et non en esclave. Dieu et moi, nous sommes la majorité. Je suis majeur maintenant. »
Il n'y a aucune infériorité, aucune dépravation
dans Vhomme que Dieu a fui\ Quelque bas que vous soyez tombé, l'image de Dieu en vous ne peut être gâtée ni détruite. Elle est aussi parfaite dans le pire des criminels que dans le plus grand saint. Dans tout être humain, il y a quelque chose qui ne peut être contaminé, quelque chose qui n'est jamais malade, et qui ne peut pécher. C'est le Dieu qui est en nous, et en Lui réside l'espoir pour l'être le plus brutal de la terre, car le Dieu qui est en lui viendra immédiatement à son aide, dès quil l'appellera.
Si vous sentez que vous êtes éloigné de votre Dieu, que vous êtes sorti du courant qui vous entraînait vers Lui, répétez-vous des paroles telles que celles-ci :
« Plus près de Toi, mon Dieu, plus près de Toi ! »
Cela vous aidera à placer votre trolley sur le fil qui vous mettra en communication avec la Force divine toute-puissante. Le sentiment de séparation disparaîtra, et le fardeau sous lequel vous ployez sera enlevé.
Le secret de la santé, de la prospérité, du bonheur, de la puissance, de Tamour, d'une vie victorieuse, est la conscience de notre unité avec Dieu. C'est le secret de toute bénédiction. Quand vous en
aurez fait l'expérience, vous serez « plus près de Dieu», et vous ne craindrez plus rien, car vous saurez qu'aucun mal ne peut atteindre celui qui possède en lui la Puissance infinie.
Plus nous sommes unis à la Divinité, plus nous sommes forts et capables. Ce qui nous rend faibles et incapables, c'est que nous nous sommes séparés de cette Puissance par notre fausse manière de penser et de vivre. Votre vie prendra une nouvelle signification, une dignité divine, quand vous réaliserez consciemment votre unité avec le grand Principe créateur qui soutient l'univers.
Rien ne vous aidera mieux à atteindre ce résultat que l'usage journalier et constant de votre rosaire de la Pensée Nouvelle. Vous pouvez faire de chacun de ces grains une prière, une affirmation, qui vous conduira toujours plus près de la Source de toutes choses. Qu'il s'agisse d'abandonner une habitude vicieuse, de vous corriger d'un défaut, de vous sortir de la pauvreté et du désespoir, quoi que ce soit que vous désiriez, vous pouvez répéter votre affirmation concernant l'une ou l'autre de ces choses, silencieusement si vous êtes en compagnie, à haute voix si vous êtes seul, jusqu'à ce qu'elle devienne une partie de vous-même. Égrenez tout spécialement
Marden. — Attitude victorieuse. T
avant de vous endormir, les perles de votre chapelet représentant ce dont vous avez le plus besoin.
Si vous avez neutralisé vos espérances, vos ambitions et vos efforts, par une mauvaise manière de considérer la vie, par vos doutes, vos soucis, votre crainte de la pauvreté, de la maladie, du malheur, de la mort, rejetez toutes ces choses hors de votre esprit, et dites-vous : « Dieu est mon aide, Dieu est mon berger, je ne manquerai de rien. Je veux vivre dans la pleine réalisation de mon unité avec la Vie infinie. »
Chacun de nous est une partie du Dieu vivant, et nous sommes puissants, victorieux et heureux, dans la proportion où nous réalisons notre unité avec Lui, et faibles, abjects et misérables, dans la proportion où nous nous séparons nous-mêmes de Lui, la Source de tout bien.