JANE GREY
Car à ce trône on descend parmi crime. Et sur cet échafaud on s'élève en victime.
Elle finit par céder, mais la fortune favorise Marie Tudor, la catholique et la sanglante. Guilfort s'empoisonne, après avoir signé l'acte de divorce qui doit sauver Jane. Elle le déchire et va à la mort, moins noblement dans la tragédie de Soumet que dans le tableau de Paul Delaroche.
Mademoiselle Georg-es vieillissante tenait le rôle de Marie Tudor, mademoiselle Naptal celui de Jane Grey, Rouvière celui de Northumberland. Et l'auteur dit en note: « Le jeune Ballande, l'espoir de notre théâtre, a déployé dans Guilfort les mômes qualités qui l'avaient fait applaudir dans Hamlet etOreste. » C'est ce môme Ballande auquel on sera redevable de la création, en 1869, des matinées littéraires du dimanche, précédées de conférences, et qui érigera la scène de Déjazet provisoirement en troisième Théâtre-Français.
L'œuvre dramatique de Soumet est close. Il verse, il s'enlize dans un poème d'arrière-saison, en douze chants, la Divine Epopée, destinée à célébrer la rédemption de l'enfer par le Christ. Ce sont là des vers superlativement pieux, et, comme disait Voltaire :
Sacrés ils sont, car personne n'y touche.
Nous ne troublerons pas le sommeil, contagieux sans nul doute, de la Divine Epopée.