‹ L'aube du théâtre romantiqueChapitre 19 sur 55 · TARTUFE · texte numérisé non relu

TARTUFE

Il faut, en homme libre, attendre qu'on t'arrête.

Enfin, notons avec Charles Labitte qu'Orgon, au lieu de se cacher sous la table, était enfermé dans une armoire sur laquelle on avait mis les scellés, et que l'exempt était remplacé par les bons et loyaux républicains de la section. Le Directoire s'alarma du succès de ce2'a?'tufe, qui était tour à tour et même tout ensemble révolutionnaire et contre-révolutionnaire : la pièce fut interdite à la cinquième représentation.

Aucune de ces œuvres de jeunesse n'a été imprimée. Népomucène Lemercier ne consentit à livrer au libraire que son Agamemnon, tragédie représentée pour la première fc^is sur le Théâtre de la République le y floréal an V (27 avril 1797). L'auteur n'avait pas encore adopté le prénom sous le-

quel il est généralement connu. Les afflches et la brochure le dénommaient « le citoyen Louis Lemercier. » Non moins citoyens et citoyennes étaient les interprètes à qui les rôles furent ainsi distribués : Agamemnon, roi de Mycènes et d'Argos, le citoyen Baptiste; Clytemnestre, la citoyenne Yestris ; Kgisthe, fils de Thyeste^ le citoyen Talma; Gassandre, prêtresse, iille dePriam, la citoyenne Petit ; Oreste, lîls d'Agamemnon, le citoyen Saint-Clair. Ils jouèrent à souhait un drame antique composé selon le goût du jour : au sortir de la Terreur, on aimait encore la tragédie. Celle-ci était suprêmement sombre et émouvante. On s'y délecta. « La marche en est à la fois rapide et sage, a dit Marie Joseph Chénier; Eschyle et Sophocle sont imités, mais avec indépendance. Le caractère artificieux et profond d'Egisthe, les agitations de Clytemnestre qui résiste avec faiblesse et succombe à l'ascendant du crime, le rôle naïf d'Oreste adolescent, et bien plus encore les scènes pleines de verve de la prophétesse Cassandre, ont déterminé les suffrages publics en faveur de cette pièce, regardée comme un des ouvrages qui ont le plus honoré la scène tragique. » Pour traiter un sujet si noir, dont s'est également inspiré l^econte de Lisle dans les Éririwjes, Lemercier, adonné à la peinture et à la médecine en môme temps qu'à la poésie dramatique, dut se rappeler une leçon très suggestive de David, ainsi racontée par M. Ernest f.egouvé : « Frappé des dons extraordinaires de ce jeune homme, David l'associait volontiers à ses travaux. Le jour où il fut chargé par la Convention de faire le portrait de Lepelletier de Saint-Fargeau assassiné par Paris, c'est Lemercier qu'il emmena pour l'aider.

Le corps avait été déposé dans une salle basse des Tuileries; Tartiste s'y enfeima, et, resté seul avec son élève, lui dit : « Va me chercher un poulet et un couteau. » Le couteau et le poulet apportés, David étendit sur le corps un grand drap, puis, coupant le cou du poulet, il aspergea le drap de taches de sang. » De môme, dans la tragédie d'Agameinnori, il semble qu'on voie le sang ruisseler et s'épandre à terre, en une scène effroyable de boucherie conjugale. Pour expliquer les sollicitations criminelles qui la hantent, Clytemnestre évoque le souvenir et l'image d'Iphigénie :

Le barbare ! a-t-il plaint ma tendresse alarmée Quand il ravit ma fille à mes bras maternels ?

Puis elle écoute, elle accueille les insidieuses paroles, les perfides insinuations d'Egisthe, résolu à lui démontrer la nécessité de l'attentat qu'il médite et auquel elle va conniver. Il faut tuer Agamemnon :

Nos pleurs, nos soins cachés, nos secrets entreliens. Nos soupirs qui feraient parler notre silence, Nos yeux, tout l'instruirait de notre intelligence.

Le Roi des rois, à la scène (] de l'acte II, rentre en sa demeure, depuis dix ans délaissée. Il ramène de Troie Cassandre, la captive à l'âme prophétique, et lance cette invocation, sur le mode consacré :

Salut, ô murs d'Argosl ô palais ! ô patrie! 0 terre, où de Pélops la race fut nourrie...

Si certaine clairvoyance maritale lui fait défaut, du moins il reconnaît ou plutôt il devine Égisthe à l'épée qu'il porte, et qui est celle d'Atrée. D'un geste souverain, plus majestueux que courroucé,

il le bannit. Clytemnestie et son complice vontils se soumettre et se séparer^? Au quatrième acte, surgit entre eux la scène décisive et sinistre :

ÉGISTHE

Demain, au jour naissant, Clytemnestre, je fuis.

CLYTEMNESTRE

Et demain sur les mers, Egisthe, je te suis.

Chacun d'eux cependant nourrit une pensée qu'il hésite à formuler tout haut. Elle apparaît dans leur regard avant de venir sur leurs lèvres :

CLYTEMNESTRE

A (piel autre parti devons- nous recourir?

ÉGISTHE

Il n'en est qu'un.

CLYTEMNESTRE

Lequel?

ÉGISTHE

Effrayant.

CLYTEMNESTRE

EGISTHE

CLYTEMNESTRE

Parle.

Horrible.

Mais certain ?

ÉGISTHE

Trop certain.

CLYTEMNESTRE

Eh ! quoi de plus terrible Que d'être encor soumise aux détestables lois D'un mortel dont nos feux ont blessé tous les droits? Que pouvons-nous, après des injures si grandes ? Réponds !

ÉGISTHE

Rien.

CLYTEMNESTRE

Tu te tais.

ÉGISTHE

Et toi, tu le demandes?

glytemxkstuiï;.

Quelle affreuse lumière!... ah! mou sang est glacé ! D'où vient ce mouvement dont mon sein est pressé? Qui doit donc nous ravir, Egisthe, à sa puissance?

ÉGlSTlIb;.

Je ne sais.

clytemnestre.

Sa mort?

ÉGISTHE

Quitel'adit?

clytemnestre.

Ton silence.

Est-il besoin, pour qu'elle adhère à ce monstrueux dessein, d'un argument extrême? Egisthe l'a en reserve et l'emploie. Il éveille en elle la jalousie contre Cassandre. Dès lors, il a cause irrévocablement gagnée. Elle obéira.

ÉGISTHE

Il faut nous séparer ou qu'un barbare meure. Prononce! Mourra-t-il? ou dois-je fuir?

clytemnestre.

Demeure.

Vainement Cassandre prodigue au roi de solennels avertissements. Le sort de la ïroyenne est d'élever la voix, sans jamais être écoutée. Agamemnon sommeille. Egisthe et Clytemnestre apparaissent, comme les spectres du crime, en échangeant de brèves paroles : « Hâte-toi. — 11 dort. » Puis l'amant ordonne, d'une voix impérieuse:

Prends ce fer, entre et frappe, et sauve notre amour...

Il faut que l'un périsse, Agamemuoii ou moi : que ta haine choisisse !

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clytemnestre.

Donne ce fer.

ÉGISTHE

Echappe au coup qu'on veut frapper.

Va, cours, le péril presse, et ce poignard te reste.

Elle sort, on entend un cri, et elle revient^ tenant l'arme sanglante. Ici, Lemercier indique un jeu de scène. Egisthe, souriant — ce sourire est de trop — s'écrie, alors qu'un silence discret serait de rigueur :

Voilà le sang d'Atride... ah! je respire.

CLYTExMNESTRE.

Dieux !

Le ris est sur ta bouche, et le sang coule encore.

p:gisthe.

Dois-tu?...

CLYTEMNESTRE

Je te connais enfin, et je m'abhorre.

Dans ce dénouement^, comme au cours de la tragédie, Lemercier atteste plus de puissance dramatique que de dextérité et de souplesse pour traduire les nuances de la passion. Mais il a trouvé une scène linale,d'une[îet prodigieux, que Leconte de Lisle n'a pas osé lui emprunter : c'est l'entrée du petit Oreste, pale et balbutiant.

Ma mère.

Oh ! viens voir de quel coupon a frappé mon père. Viens.

Et le voici qui continue son pathétique récit. Il a entendu, il répète le dernier cri paternel :

Il inonde de sang et le marbre et sa couche. Au travers des sanglots qui sortaient de sa bouche, Il m'a crié : « Ta mère! » ah ! tout t)rès de mourir. Sans doute il t'appelait pour l'aller secourir.

Volontiers Égisthe, en humeur d'assassinat, tuerait Oreste après Agamemnon; mais l'enfant se dérobe très opportunément. Il faut qu'il grandisse pour fournir la matière d'une autre tragédie. Les paroles vengeresses sont prononcées et la moralité de l'effroyable aventure est déduite par Gassandre, qui, après s'être empoisonnée, maudit les meurtriers et jure d'aller les dénoncera la justice clairvoyante et distributive d'outre-tombe. En attendant, elle fonde espoir sur Oreste, impitoyable redresseur de torts et saintement parricide :

Un jour il punira l'assassin de son père, Un jour lui-même enfin poignardera sa mère.... Je précède aux enfers Égisthe et sa complice, Et je vais à Minos demander leur supplice.

Avec Agamemnon, le citoyen Louis Lemercier connut, à vingt-cinq ans, les douceurs de la gloire que, devenu Népomucène, il devait souhaiter longtemps, sans parvenir à se les concilier. Cette première et heureuse tragédie lui valut d'être couronné en grande pompe au Champ de Mars, pour avoir composé la meilleure pièce parue depuis trente ans. Néanmoins la faveur publique ne le préservapas des critiques acerbes. Celle de Geoffroy va jusqu'à l'injure. « Les personnages, dit -il, sont bas et crapuleux ; Agamemnonest une bonne pâte de mari qui, par sa stupidité, peut être comparé au vieillard de nos comédies. Gassandre n'est pour nous qu'une folle ou une diseuse de bonne aventure. Strophus est aussi empesé que M. Bobinet, et le petit Oreste aussi sot que le comte d'Escarbagnas. Pour Egisthe, ce n'est qu'un Gascon, un misérable héros de tripot et de mauvais lieu, admiré par des badauds. » En reproduisant un jugement où

perce la haine littéraire, Charles Labitte a soin d'ajouter : « Geoffroy avait trop bien dîné quand il écrivait ces lignes. »

Pour se délasser de la tragédie, en cette même année 1797, Lemercier faisait représenter la Prac/e, une comédie qui n'a pas été imprimée. La fable en est menue. Un libertin a abusé d'une hlle, l'a rendue mère, et la retrouve, vingt ans après, prude et dévote. Il admire comment Célimène s'est métamorphosée en un mélange d'Arsinoé et de dame Pernelle. — Le succès d'Againeninori avait-il grisé la jeunesse du poète? Se laissa-t-il captiver par l'amour ou distraire par les plaisirs faciles de la société directoriale qui renaissait à la vie mondaine? A tout le moins, il est manifeste que Lemercier, négligeant un peu la Muse, eut une période de dissipation. Républicain, il fréquentait chez madame Tallien, maison hospitalière et de mœurs faciles. Entre temps, mû par la curiosité plutôt discursive de son humeur, il avaitquitté la peinture pour la médecine qu'il ne tarda pas à délaisser. « Ce fut, dit M. Ernest Legouvé, l'amour qui l'y fît renoncer. Au milieu de ses études anatomiques, il s'éprit d'une jeune femme d'un éclat de beauté incomparable. Un jour, assis près d'elle, il se sent tout à coup le jouet, la proie de la plus étrange fascination. Sa science d'anatomiste le poursuivant près d'elle, son regard devient comme un scalpel. Malgré lui, l'œil fixé sur ce cher visage, il le dépouille de son teint, de sa fraîcbeur; malgré lui, il clierche, il suit sous ces chairs éclatantes le jeu des fîbres, des muscles, des nerfs; il les dissèque; il fait de cette tête charmante une tête de squelette. Epouvanté, il veut chasser cette vision et s'enfuir; mais, à peine revenu le lendemain en

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face de celle qu'il aimait^ cet infernal travail de dissection recommence. » Alors, il rejette le bistouri, et il saisit une plumequ'il n'avaitpas encore maniée, celle du poète erotique. Il écrit les vers licencieux des Quatre Métamorphoses, dont on a pu dire que c'est « une œuvre païenne et voluptueuse, digne du Musée secret de Naples. » En voici la prudente analyse^ faite à mots couverts par M. Vauthier dans sa thèse sur Népomucènc Lemercier : « Diane, sous la forme d'une chèvre^ triomphe des froideurs d'Endymion ; Bacchus, sous la forme d'une vigne, se fait aimer d'Erigonc; Jupiter, sous la forme d'un aigle, enlève Ganymède ; Vulcain plaît à Vénus sous la forme d'un tigre. » La mythologie^ dans ses légendes, comme le latin dans ses mots, brave l'honnêteté. Les Quatre Métamorphoses en administraient la preuve. A telles enseignes que Beaumarchais vieilli, mais encore gaillard en ses propos, servit d'intermédiaire bénévole auprès du libraire, « voulant, disait-il, rendre un dernier service à la morale. » Par ses soins, la première édition fut in-quarto, afin que les belles lectrices ne pussent cacher le volume si vite sous leur chevet.

Il faut revenir des rivages d'Anacréon et de Sapho, quelle qu'en soit la délicieuse attirance. Lemercier ne s'y attarda pas outre mesure. Il aimait trop ardemment la poésie dramatique pour s'en éloigner longtemps. Le 2 nivôse an VII, il fit représenter au Théâtre de la République une tragédie, Ophis qui avait été lue à Bonaparte, à son retour d'Italie, devant Kléber et Desaix. Très intimes étaient alors les relations entre l'auteur à'Agamemnon et le général victorieux, « le Corse aux cheveux plats, » qui, rêvant de conquérir la

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vallée du Nil. s'intéressait dans Op/iis à une étude de l'antique Egypte. « Le sujet, dit Leniercier en sa préface, n'est emprunté ni de la fable ni de l'histoire; il est imaginé. Si l'on me demande quels modèles je me suis elTorcé encore d'imiter : les Grecs; quelle terreur j'ai voulu inspirer : celle du meurtre. » La scène se passe à Memphis, et l'on assiste à la rivalité politique et amoureuse des deux fils du roi Créops. Tholus veut détrôner Ophis et l'empoisonner. Pourquoi? Tout d'abord, parce que la belle Nais a préféré et épousé Ophis. Elle s'en explique avec Tholus, en deux vers d'un style bien singulier et fâcheusement précieux :

A-t-on cru que Naïs rallumât son flambeau Sur les restes d'Ophis qui desceud au tombeau?

Elle n'aime pas Tholus et le lui dit tout net, en même temps qu'elle pénètre ses desseins criminels :

tholus..

As-hi pour lu'accuser quelque droit?

NAIS

Mon malheur.

THOLUS.

Des indices?

NAIS

Tes feux.

THOLUS.

Un témoin?

NAIS

Ta pâleur.

C'est le même procédé, la même coupe de vers, dont Lemercier avait usé dans Arjainemnon, et que souvent il emploiera avec un bonheur inégal.

Aussi bien Optiis n'est pas mort. Amostris, grand prêtre d'Osiris, a eu soin de remplacer le poison qu'on lui destinait par un simple narcotique, ïholus et Usbal, son esclave tyrien, ne réussissent pas à s'emparer d'Ophis, qui s'est réfugié dans les hypogées et qui apparaît au dénouement pour annoncer son abdication. C'est un roi républicain. Espèce rare.

J'abandonne l'empire aux princes de ma race, Et ne me ressaisis de mes droits souverains Que pour les déposer en de plus dignes mains. Coupable ambition d'une vaine couronne ! Tu prodiguas le sang pour usurper mon trône; Et moi, qui sans forfait ai droit de m'y placer, Je le quitte à jamais, de crainte d'en verser. Ne crois donc pas, cruel, que j'imite ta rage. Vis.

A ces mots, Tholus se tue. C'est la fin très noire d'une tragédie qui essaya d'initier et d'intéresser les esprits à cette Egypte vers laquelle Bonaparte allait tourner la curiosité publique. On estima généralement qu'Ophis était loin d'égaler Agamemnon. (( Quelques critiques, dit Lemercier^ m'ont reproché d'avoir beaucoup parlé de morts et de tombes. Je leur en demande pardon. Il a fallu me conformer aux mœurs et aux idées religieuses du peuple que je représentais. J'aurais plus amusé mes juges, si le caractère des Egyptiens avait été plus gai. » Au gré de l'auteur, l'abdication d'Ophis était une leçon pour les peuples, non moins que pour les ambitieux qui pouvaient aspirer au suprême pouvoir. Il compare la conduite de son héros à celle de Sylla et de Charles-Quint, qui obéirent, celui-là à un orgueil démesuré.

celui-ci à des dégoûts capricieux. Il a l'horreur de la dictature, et ses œuvres le crient assez haut pour qu'il ait tôt fait de s'aliéner les sympathies de Bonaparte. C'était lui pourtant, le poète républicain, qui avait déterminé Joséphine, l'indécise créole, à écouter le général corse, celui, disaitil, c( dont il n'interprétait l'avenir que pour la liberté. » Il donna son avis sous forme synthétique, avec l'habituelle vivacité de sa parole : « Ma chère amie, croyez-moi, épousez Vendémiaire. » Elle épousa, et Lemercier fut l'hôte assidu de la maison jusqu'au Consulat. Il se refroidit après Brumaire. Pauvre, et réduit à vivre parcimonieusement — son budget pendant seize mois fut de quinze sous par jour — il refusa 10.000 francs que lui offrait Bonaparte, retour d'Egypte. Et^ quand madame Tallien lui reprocha de se ruiner ou du moins de se réduire à la portion congrue pour la liberté, maîtresse ingrate, il répondit allègrement : « Je suis comme les autres fous de ce monde. La liberté, c'est ma coquine. »

Népomucène Lemercier n'était pas seulement un brave homme, c'était un homme brave. Un jour, à la Comédie -Française, il pria poliment un grand diable d'officier, qui était venu se camper debout devant lui, de s'écarter un peu. L'autre n'en fit rien, et se contenta de regarder dégaigneusement le petit bourgeois, malingre et contrefait. <( Monsieur, insista Lemercier, vous m'empêchez de voir, et je vous ordonne do vous retirer. — Vous m'ordonnez? reprit le militaire. Savez-vous que vous parlez à un homme qui a rapporté les drapeaux de l'armée d'Italie? — C'est bien possible, monsieur, un âne a bien porté Jésus-Christ. » Le lendemain ils se battirent, et l'ofûcier eut le

bras cassé. Sous une frêle enveloppe Lemercier avait une âme héroïque. Il le prouva durant tout le cours de l'Empire, en tenant tète, sans jamais faiblir, aux ordres et aux menaces de Napoléon.

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