‹ L'aube du théâtre romantiqueChapitre 27 sur 55 · LE MENDIANT · texte numérisé non relu

LE MENDIANT

Non, je suis homme et ton frère.

Les cœurs durs, que sont-ils? des fléaux sur la terre.

Il est trop tard. Jeanne tombe et meurt, tandis que la foule servile salue de ses acclamations le passage de Glocester qui vient d'être couronné en grande pompe. Le roi, se tournant vers le mendiant qui a disposé de son pain et encouru la peine capitale, lui dit impérieusement :

Toi, va prier pour moi.

Alors le gueux montre les deux cadavres de Shore et de Jeanne, époux réconciliés par le désespoir, et il répond avec fierté :

Je vais prier pour eux.

Richard III fut la dernière joie dramatique que connut Népomucène Lemercier. Les autres œuvres

qu'il essaya de faire représenter de 1823 à 1840, ou bien ne trouvèrent pas de directeur propice ou bien échouèrent lamentablement. Une tragédie qui n'est pas dénuée d'intérêt, Camille ou le Capitole sauvé, subit les pires vicissitudes théâtrales. Reçue à l'unanimité par les sociétaires de la Comédie- Française en 1811, elle rencontra le veto de la censure, fut trois fois mise à l'étude après 1815, trois fois abandonnée, et réduite à se réfugier à rOdéon où elle n'eut qu'une seule représentation, le 3 décembre 182o. « Elle y apparut, dit l'auteur, pour être démontée dans une espèce de guêpier par un essaim de cabaleurs. » Il s'y trouve pourtant quelques ])eaux vers, demi-cornéliens. Ainsi cette réponse de Camille à Clépvèse, l'envoyé de Brennus :

A trahir mou pays je préfère la mort.

Et ce dialogue entre le général romain et le chef des Gaulois :

liltENNUS.

Qui vous défendrait ?

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