CLIX. — De Mgr Dupanloap
Monsieur le comte,
Je ne sais, en vérité, comment répondre à la lettre si complètement bienveillante que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Je croyais et je crois encore que c'est à moi qu'il appartient de vous parler de mon admiration pour un talent qui est aujourd'hui un des plus brillants ornements de la religion et des lettres et aussi de ma reconnaissance, pour des bontés dont je sais le prix infini; mais vous me fermez la bouche.
Le nom d'Albert, que je trouve avec bonheur dans ces lignes trop flatteuses, me suffit, il est vrai, pour expliquer une bienveillance qui me serait infiniment précieuse, si elle ne me donnait des louanges dont je dois roug-ir; l'ancien catéchiste d'un fils si justement chéri a quelque droit à une paternelle indulgence, mais doit aussi n'y trouver qu'un encouragement à bien faire. J'ai, je le crois, le bon sens et la bonne foi de penser de la sorte ; mais, je n'en suis, monsieur le comte,que plus reconnaissant d'une bonté dont il m'est si facile de me trouver indigne.
Daignez, monsieur le comtej agréer l'hommage
profond de ma considération la plus respectueuse et la plus haute.
J. DUPANLOUP p*" .
Paris, 49 février 1836.
Vendredi, 3 h. 4/2.
Je suis accouru chez vous, une minute après votre départ, cher grand Jules. Je venais furieux vous dire que je n'avais pas trouvé les citations dans l'article de la Mode, elles ont été renvoyées à un autre samedi. Je n'ai pu rejoindre Walsh pour lui demander raison. Peut-être, quand ma mauvaise humeur sera passée, trouverai-je qu'il vaut autant dans l'intérêt de l'ouvrage que les citations ne viennent que samedi prochain, ce qui nous ferait deux articles ; car vos vers sont des éloges ; mais j'aurais été heureux de votre approbation, en ceci comme en toute chose.
La Quotidienne a été telle que je savais qu'elle serait, c'est-à-dire, à genoux devant votre nom. Elle est encombrée de feuilletons retardés par les Chambres ; mais nous aurons un tour de faveur, c'est-à-dire, de justice, pour un des jours prochains.
J'ai donné votre délicieux volume à M. Moreau^
23o l'aube nOMANTlQUE
VOUS aurez à I" envoyer plus tard à Lostang-es et au père Michaud qui ne quitte pas, dans cette saison, sa retraite de Passy.
Voilà, belle l^milie, à quel point nous en sommes.
J'aurais voulu être certain que la réserve que fait Walsh de votre ravissante poésie, dans l'intérêt de l'avenir de son journal, ne vous déplairait pas.
Je vous demande pardon devons avoir barbouillé cette jolie petiie feuille de papier qui était destinée à un bien meilleur sort.
A vous de cœur et d'âme, tout à vous.
A. DE BEAUCHESNB.