‹ L'aube romantiqueChapitre 108 sur 144 · CLXI. — De M""' Desbordes- Valmore · texte numérisé non relu

CLXI. — De M""' Desbordes- Valmore

Lyon, ce i^r septembre 1836.

J'ai un beau livre de vous, monsieur, et j'ai de votre écriture pour me persuader que c'est bien à moi qu'est envoyé ce livre, et que j'ai pour toujours cette belle Almaria qui a tout de votre âme, à vous !

Je ressens toute la g-râce et toute la bonté d'un tel souvenir. Pensez-vous, monsieur, que j'oublie votre courageuse visite; vous étiez presque aussi malade que je le suis encore et ce pauvre calvaire ne vous a pas effrayé 1 Merci! ma fille, qui a retenu

L AUBE ROMANTIOUE

toutes vos paroles, m'a dit : Maman, c'est donc cela un poète! Je suis éblouie, oui, c'est bien vrai, monsieur; il y avait delà poésie sous mon toitpuisque vous y étiez et nous en avons gardé l'étonnement et l'émotion ; vous n'y avez trouvé que de l'écho (255), mais c'est beaucoup, n'est-ce pas ? Il ne faudrait pas l'éveiller souvent chez ma pauvre Ondine (256), elle serait triste de Lyon comme je l'ai été si longtemps moi-même.

Au revoir, soyez heureux et entendu partout et qu'un vœu de votre âme, que je sais présentement, soit accompli dans l'année. J'espère que vous m'en- * tendez, monsieur, et Dieu aussi.

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