CLXXXIV. — Du IL Père Lacordaire
Paris, 7 février 1847.
Monsieur, J'ai reçu des mains de notre ami commun, le vicomte de Falloux(283), la lettre et les vers dont vous avez bien voulu m'honorer. L'oreille, le cœur, le goût ont eu beaucoup à se réjouir ; mais il y a de par le monde une certaine vertu qui s'appelle, je crois, riiumilité et qui a bien, en cette occasion, quelque motif de se plaindre un peu. Vous m'avez trop traité en orateur et pas assez en religieux.
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Mais je renvoie cette querelle au jour du Jugement dernier, et, pour le moment, je ne veux que vous remercier de votre bon et poétique souvenir, sorti de votre cœur, qui est la meilleure des Muses, une Muse chrétienne.
Je n'ai pas eu le bonheur de vous voir, cette année, à Notre-Dame ; vous avez voulu m'en consoler, c'est une bonne pensée.
Soyez assuré, monsieur, que je sais tout le prix de votre inspiration; les sentiments que vous m'exprimez daus votre lettre, m'ont aussi bien touché; ils me rappellent ceux que j'ai coutume d'échanger avec votre aimable fils Albert. Veuillez être, auprès de lui, l'org-ane de mon amitié et agréez, monsieur, avec toute ma reconnaissance, l'hommage de ma haute estime et de mon admiration.