‹ L'aube romantiqueChapitre 129 sur 144 · CXC. — D'Emile Deschamps · texte numérisé non relu

CXC. — D'Emile Deschamps

Versailles, H février 1835, dimanche.

Mon cher Jules,

Je vous écris avec le courage du désespoir. Ma pauvre femme, ma chère Aglaé, vient de me quitter ce matin, pour le ciel, sans maladie déterminée, sansaçonie, après un accès d'oppression de poitrine dont elle souffrait depuis longtemps.

Je suis un pauvre déraciné, battu par tous les vents du malheur.

J'ai pleuré bien souvent vos larmes, pleurez les miennes, mon cher Jules, et que Nina prie pour elle; c'est pour lundi, n'est-ce pas?

Pauvre Aglaé, elle vous aimait tant vous tous ; dites mon désespoir à Paul, à Albert, à Charles, à tous!

Et dites-moi que vous êtes heureux ! Je n'attends pas d'autre bonheur; mais, il peut encore être bien grand.

Je suffoque, je succombe, mais je vous aime bien avec ce pauvre cœur brisé.

Pardon de ces déchirements. Je ne sais où j'en

suis ; mais ma pensée est au milieu de vous; hélas ! hélas I C'est fini (292).

Votre

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