XLII. — D'Emile Deschamps
Je vous assure, cher ami, que nous n'avons pas trouvé M™® Dudon mal hier au soir; je vous assure que nous en avons été ravis. J'ig-nore si elle s'était fait une santé, comme vous le dites ; en tout cas, sa santé était très bien faite et lui ressemblait prodigieusement.
J'aurais bien voulu aller vous dire cela au n" 20 en sortant du n» 19, mais Aglaé était très pressée parce que nous allions très loin.
Voici le Globe; j*ai deviné presque aussitôt que vous que l'article n'était pas de moi, c'est sans doute parce qu'il est de Charles Rémusat (i i3).
Voici aussi une lettre de Charles Nodier qui croyait que vous l'aviez depuis quinze jours. C'est la faute de sa fille qui a été me la chercher dans son tiroir de toilette qui, depuis deux dimanches, oublie toujours de la donner àSouIié (ii4)» à Victor ou à moi, quand nous revenons de chez elle à Paris. Nodier est aussi furieux de cet oubli qu'il est charmé de vos Tableaux Poétiques qui n'ont rien de commun avec l'oubli; il est doublement enrag-é. II me charge de ses excuses, de ses admirations et de ses tendresses pour vous.
Je crois. Pour un Hercule, c'est ridicule (ii5), vous vous rappelez ! Je voudrais bien être à ce tempslà, j'avais beaucoup de chagrins de moins et pourtant j'en avais bien assez.
J'ai A'u chez Nodier un M. Gallois (ii6), qui est de Genève et qui sait par cœur Isabeau et le Bal. Je n'ai pas besoin de vous dire que c'est un jeune homme véritablement supérieur. Il prétend aussi, lui, que vous devez faire un poème sévère et que votre talent est plus libre et plus vrai plus il s'élève dans les régions de l'art; ce sont ses paroles et, qui est plus, sa pensée.
Je vous parlerais beaucoup de tout cela; mais je voudrais bien que Soumet en parlât un peu à
Michaud ; Soiilié n'attend qu'un mot pour me lâcher mes cinq colonnes.
Adieu, cher ami, n'ayez pas aujourd'hui votre accès de fièvre,je vous en prie,;et rassurez madame de Rességuier, la première, je crois, à ma joie comme à mes douleurs.
EMILE [dKSCHAMPS].
Lundi matin.
XL/ II. — D'Emile .Deschamps.
Voici, cher Jules, pour la Gazette de France; aurez-vous la complaisance de faireporteraM.de Genoude (117) mon horrible paquet, avec vos charmants Tableaux. Je vous envoie cela tout fermé, vousy verriez que je vous aime etquejevousadmire; c'est absolument inutile. Vous écrirez à Guiraud et à Saint-Valrj, n'est-ce pas? Et vous enverrez à ce dernier les Annales Romantiques. Tâchez d'y penser. Moi, j'oublie même en vous l'écrivant.
Donnez-moi des nouvelles de M"^"' Dudon et de M""^ de Rességuier; j'espère qu'elles ne sont pas trop mauvaises; je suis sûr qu'elles ne seront jamais assez bonnes.
Anna, Aglaé et moi, nous rafTolions, en revenant de votre soirée si intime, si chantante, si aimable;
ii4 l'aubb romantique
nous disions que rien n'est plus charmant que
Mil" de....
Un jour bientôt, grande et belle Cécile, Il faudra donc autrement vous nommer.
Tâchezj du moins, de prendre un nom facile. Mais faudra-t-il autrement vous aimer?
Jamais, adieu.
EMILE [dESGHAMPS].
Mardi 8 h. du matin.
Si VOUS alliez voir Soulié (ii8) pour quelque chose, cela pousserait, j'en suis sûr, notre article de la Quotidienne.