‹ L'aube romantiqueChapitre 3 sur 144 · JULES DE RESSÉGUIER · texte numérisé non relu

JULES DE RESSÉGUIER

De son domaine de Sauveterre placé comme

l'aube HOMANïiyUE 27

une sorte de sentinelle détachée, en face « de cette longue et superbe chaîne des Pyrénées qui forme l'isthme crénelée de la péninsule..., de ces pyramides bleues chargées de neig-e, de forêts et de gazons )), ainsi que la écrit son ami Alfred de Vigny, Jules de Rességuier se rendait fréquemment à Toulouse — il y passait d'ordinaire les mois les plus rigoureux de l'hiver — où il contribua grandement alors à répandre et à accroître la tradition et le ^oûtde la poésie. Il occupa de nouveau à l'Académie de Clémence Isaure ce fauteuil de Mainteneur dont il était titulaire depuis trente ans, se souvenant qu'il avait triomphé jadis aux Jeux Floraux à côté de ses compagnons d'armes, les amis de sa belle jeunesse, Victor Hugo, Soumet et tant d'autres que nous avons déjà énumérés à plusieurs reprises.

Pour la dernière fois, en 1862, quelques mois avant sa mort, à la grande joie de ses confrères, il y dit les délicieuses et fines strophes : la Nouvelle Maison, un des plus charmants morceaux sortis de sa plume, son véritable chant du cygne.

Il était devenu non pas indifférent, mais quelque peu sceptique aux bruits affaiblis qui lui arrivaient

de Paris où, plus d'un demi-siècle auparavant, il avait tenu un rôle important, occupé une place enviable.

Les relations de ses derniers jours, ce furent ses parents et voisins de campagne résidant à quelques lieues de son château de Sauveterre : ses neveux Rességuier, les d'Ag'uilar, de Panât, de Castelbajac, de Malaret, de Montbel, de Pins, de Belcastel, de Voisins de Lavernière, de Limairac, de Tauriac, etc.

Jules de Rességuier s'éteignit, le 7 septembre 1862, à l'âge de soixante-treize ans, entouré des siens. La mort ne le surprit pas, il la vit venir et l'accueillit en sage et en chrétien. Sa femme, la compagne fidèle de sa vie, qui avait partagé ses joies et ses douleurs, lui ferma les yeux.

Jules de Rességuier repose dans la crypte d'une petite chapelle érigée à un bout du cimetière de Sauveterre, à quelques mètres au-dessus de l'humble église de son village, où il avait l'habitude d'aller prier. M™^ de Rességuier, qui porta si dignement son nom, a été, quelques années plus tard, le rejoindre dans son dernier asile.

Page 1