‹ L'aube romantiqueChapitre 62 sur 144 · XCII. — D'Emile Deschamps · texte numérisé non relu

XCII. — D'Emile Deschamps

Paris, samedi 31 juillet.

Vous savez, mon cher Jules (i94)> tout ce qui se passe. Après trois jours de combats, le Roi est en fuite et le drapeau tricolore est aux Tuileries et dans la moitié de la France.

Quand j'ai reçu votre charmante réponse à ma pauvre lettre, j'étais bien loin de penser à ce qui

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était si près de nous; mais, dans tout ceci, je ne cesse de penser à vous. Aglaé et Anna sont à Arnouville, car la garde royale a chassé le peuple dans notre quartier comme dans tout Paris. Certes, je ne croyais pas que mon uniforme de garde national (igS) se trouvât jamais à pareille fêle. Maintenant que Dieu s'en mêle. Mais j'avais besoin de vous dire que nous ne sommes pas loin de vous supplier de ne pas vous faire tuer dans votre Midi.

Quand les troupes royales et la Maison du Roi ont mis bas les armes, il serait affreux que, dans l'ignorance de ce qui se passe, de plus affreux malheurs arrivassent à nos amis.

Il faut rendre justice au peuple, il a été brave jusqu'à l'héroïsme, et généreux jusqu'à la politesse. Ce n'est plus du tout l'ancien peuple ; mais combien j'attends de vos nouvelles avec impatience ! J'ai passé quatre fois rue du Helder ; il n'y apersonne dans l'hôtel; mais je sais qu'on se porte bien et de combien d'anxiété générale et personnelle on est ému. Voilà tout jusqu'à présent ; on tarde bien de vous ouvrir les bras et de se jeter dans les vôtres.

Dites tout ce qu'il y a de plus tendre et de plus joli à madame Nina et embrassez Paul, Albert et Charles, beaucoup.

EMILE [dESGHAMPS].

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Le duc d'Orléans est nommé lieutenant-général du royaume.

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