‹ L'aube romantiqueChapitre 96 sur 144 · CXLVI. --UH. T. de Latouche · texte numérisé non relu

CXLVI. --UH. T. de Latouche

Je serais bien malheureux si les deux ou trois jours qui se sont écoulés depuis mon retour des Pyrénées avaient été si surchargés d'afl'aires qu'ils m'eussent empêché de lire Almaria; mais non,

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mon cher comte, non, j'ai mis hier toutes les affaires de côté plutôt que de difFérer à lire quelque chose de tous; j'ai \\iA/maria; je l'ai lue tout d'une haleine, sans m'arrêter, avec une émotion vive et un intérêt toujours croissant en souriant à tant de choses spirituelles qui s'y trouvent répandues, en m'arrêtant à tant de choses profondes qui en marquent les développements. Partout, dans le style on sent le poète, l'homme élég^ant, l'homme dont le cœur est aussi haut que l'esprit; partout dans la marche de l'ouvrage et dans la peinture des sentiments, on retrouve l'élévation du caractère de l'auteur. Les femmes le remercieront de les avoir si bien connues; les hommes, de leur montrer comment ils doivent être. On dit que vous avez en vous et auprès de vous de nobles et charmants modèles. Vous voulez bien que je dise tout le plaisir que vous m'avez fait. On est fier d'aimer des ouvrages dont on aime les auteurs. A ce titre, vous pouvez juger si j'ai dû me plaire à une si remarquable production.

Les autres vous en remercient comme auteur; moi je vous en remercie comme auteur et ami; car j'espère que vous savez qu'il y a peu de gens qui vous soient aussi fidèlement attachés que moi.

H. DE LATOUCHE

33 sept: [18]35.

Dites-moi un peu à quel ministre il faut demander la permission, lorsqu'on veut aller voir les prisonniers de Ham?

Mon bien-aimé poète, je dînais hier chez Nodier; il n'a été question que de Ham (245), que de talent et de courag-e, que d'histoire et de poésie, que de Michaud qui revient, que de Rességuier qui part ! J'ai sans doute trop exigé de vous, en vous demandant de vous souvenir de moi en présence de notre illustre prisonnier. Mais mon pauvre cœur bat d'org-ueil en songeant que mon nom aura été prononcé entre vous et lui, dans cette chambre consacrée que vous nous avez si bien décrite et que,g-râce à vous, je connais si bien. Si la porte de Ham était ouverte, certes M, de Peyronnet recevrait plus de courtisans qu'il n'en a jamais vu à la chancellerie de France. J'ai promis hier à M'"'^ Mennessier de vous faire passer cette lettre, si vous pouviez lui rapporter la réponse, vous la rendriez bien heureuse, elle attend vos vers et moi, je vous attends pour lui donner les miens.

Adieu, mon poète chéri ; pardonnez-moi mes ennuis, mes albums, mes vers, ma prûse et mon

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amitié même qui vous harcelle et vous demande toujours et n'a pas le temps de vous remercier.

19 octobre [18] 3o.

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