‹ L'auberge des Adrets; drame en trois actes, à spectacleChapitre 33 sur 71 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, PIERRE.

PiBBBE.

Voilà ! voilà! ah! ah! déjà levés, messieurs! est-ce que vous auriez passé une mauvaise nuit?

BERTRAND

Non ! elle a été bonne !

r.ÉMOKD, à Pierre.

Comment, paresseux, encore coaché à cette heure!

PIERRE

Comment, ;i sept heures?... il n'est que six heiues.

BERTRAND

A c't' heure-ci. Est-ce que nous aurions eu le cauchemar?...

RÉAtoND, chantant.

Quand on fut toujours vertueux, On aime à voir lever l'aurore.

(Pendant ce temps, Bertniiid vii pour se mouclirr avec le mouchoir de Pierre. RJniond lui donne un coup de pied sans que Pierre s'en aperçoive. Bertrand, s apercevant de sa bévue, serre le mouchnir dans sa poche, et en tire un tout déchiré dans lequel il se mouche.)

PIERRE

Je vous ai fait un peu attendre, parceque je faisais mettre à l'écurie les chevaux de trois cavaliers qui viennent d'arriver.

BERTRAND, effrayé.

Des cavaliers?...

PIERRE

Oui , des gendarmes.

BERTRAND, avec terreur, Des gendarnjes?

PIERRE

Tiens , on dirait qu' ça vous fait peur.

C'te bêtise ! pourquoi donc qu' ça me frail peur?... Qu'est-ce qu'ils viennent donc faire ici?

PIERRE

Ils viennent, d'abord, pour déjeuner, et ensuite...

RÉMOND, passant entre Pierre et Bertrand.

Et que t'importe ce qu'ils viennent faire, est-ce que tu as quelque chose à démêler avec les gendarmes ? Qu'est-ce que ça signifie d'accabler ce monsieur d'un tas de questions plus incohérentes les unes que les autres?

BERTRAND

Mais, mon aini, je ne peux pas...

RÉMOND

Allons donc. Kous aussi, nous voulons déjeuner, monsieur Pierre...

PIERRE

Dans l'instant. C'est que, voyez-vous, votre camarade me demandait...

RÉMOND

II ne faut pas l'écouter, c'est un bavard.

BERTRAND

Je suis sûr qu'il va me faire une scène. (Sitôt que Pierre est parti, Réniond redescend, prend Hertrand au collet et l'aïuéne sur le devant de la scène. )

Infâme brigand! tu veux donc nous perdre?

BERTRAND

Mais non, mon ami.

(Sitôt que les gendarmes entrent, Bertrand et Rémond s'en vont dans leur ch.trabre, reviennent presque aussitôt tout habillés. — Ils font les fashionables tandis qo» le* gendarmes les examinent. }

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