SCÈNE XV
Les Mêmes, MARIE.
MARIE
Au nom du ciel! que me veut-on? (Elle regarde autour d'elle.) Pourquoi cet appareil?
DCMONT.
Approchez, malheureuse, et tâchez de vous disculper du crime dont on vous accuse.
MaRIE,
De quel crime voulez-vous parler?
ROGER
Monsieur Germeuil a été assassiné.
MARIE
Et c'est moi que l'on soupçonne..
TOUS
Oui, vous.
RËMOND, à part.
Heureux hasard !
MARIE
Mon Dieu! je n'ai donc pas encore épuisé ta colère!
ROGER
Qu'avez-vous à répondre ?
Monsieur, j'ignore comment j'ai pu faire naître de si terribles soupçons ; mais je jure devant Dieu que je suis innocente.
FltliRE.
Jurez-vous aussi. que ce malin vous ne possédiez pas de l'or?
MARIb).
Je possédais ce malin, et je possède encore quatre louis qui sont renFermésdans cette bourse , que m'a donnée monsieur Germeuil.
ROGER
Donnée, dilos-vous? et à quel titre?
RÉMOND
Oui! à quel titre cet or-là?
BERTRANt.
Oui , à quel titre?
(Kéinond lui donne un coup sur le bras. ) ROGER , à Marie.
11 VOUS connaissait donc depuis long-temps?
MARIE
Je le vis hier pour la première fois,
ROGER
El sans vous connaitre, il vous a donné une nomme aussi forte , en y ajoutant le don de 8a bourse?
MARIE
Je vous ai dit la vérité.
BOGER.
U Hufiiu..
RÉM'iMj, à r.oj;cr.
Uoo>ieur, j< vous demande un miilioa de
pardons, si je viens, pour aiiisi dire, me jeter a la traverse, dans un interrogatoire d'un si haut et si puissant intérêt; mais dans la position difficile et critique où nous nous trouvons tous placés, on ne saurait trop, par quelque moyen que ce puisse être... si enfin l'un de nous venait à découvrir un avis qui tendit à jeter un peu de lumière sur... enfin vous comprenez. Cette malheureuse femme...
BERTRAND
Cette scélérate de femme...
RÉMOND
Ah ça , te voilà encore avec tes amplifications injurieuses?... Madame est accusée et non convaincue. Cette II alheureuse femme n'occupaitelle pas une chambre à côté de celle de l'infortuné Cerfeuil?...
DU MONT
Germeuil , monsieur.
RÉMOND
Germeuil.
riERRE.
Oui, monsieur , le n°8.
RÉMOND
Eti'infortuné?
RÉMONU.
8 et i3 font 3 1 ; c'est bien cela. Alors il esi impossible qu'elle n'ait pas entendu quelque chose; car enfin, on ne commet pas un assassinat sans faire un peu de bruit.
BERTRAND
Jamais , jamais, jauiais.
RÉMONU.
Alors les renseignements qu'elle pourrait fournir faciliteraient la découverte ties assassins, et tendraient à nous sortir de la situation difficile et embarrassée où nous nous trouvons tous jetés.
BERTRAND
Que fais-tu?
RÉMOND
Je les entortille, animal.
ROGER , à Marie.
En effet, on n'a pu s'introduire dans ! apjj.ir. tementdu malheureux Germeuil, sans que vous ayez entendu quelque brait.
MARIE
Je vous jure que je n'ai rien entendu.
ROGER
Est-il vrai-'que, ce matin, l'ierre vous a snrprise essayant d'ouvrir cette porte poui voii« en aller?
PIERRE
Ah! ce n'était donc pas pour prendre l'ait comme vous me l'aviez dit?
DUMONT, à Marie.
l'(jiir<juoi cet empresseinenl à iuir d'uue maison où vous aviez été accueillie avec tant de bonté?