‹ L'auberge des Adrets; drame en trois actes, à spectacleChapitre 49 sur 71 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Ah ! répondez.

nCMOST,

CRAni.E.S.

Répondez, je vous en conjure.

MARIE

Eh bien! il est vrai <|u'nuire('ois...

DUMONT

Vous étiez détenue dans les prisons de cettr ville.

MARIE

Monsieur, vous sautiez...?

DUMONT

A cette époque aussi , comme en ce moment , vous étiez accusée...

♦ MARIE, en pleurs.

Alors, comme aujourd'hui, j'étais innocente.

CHARLES, à part.

Plus de doute, c'est elle.

MARIE

Mais pourquoi ces questions? Cet enfant dont vous me parlez, sauriez-vous?... oh! je vous le demande comme une grâce, dites-moi si mon fils respire encore.

DUMONT

Oui, ])our son malheur.

CHARLES, avec entraînement.

Ma mère !

(Varie jette un cri et se précipite dans les bras de ton fiU TOUS.

Sa mère!

RÉMOND , à Bertrand.

Dis donc! c'est mon fils !

(Pendant cette scène, Rémond tient la main de Charles, qui a un foulard; — lorsqu'il se jette dans les bras de sa mère, le foulard reste dans les mains de Rémond, qui le met dans sa poche et fait criei sa tabatière.)

BERTRAND, à Rémond.

En v'ià une sévère!... tu vas donc retrouver toute ta famille ici?

DUMONT, à Charles.

Qu'as-tu fait, Charles?

TOUS

Sa mère 1

CHARLES

Oui... monsieur Dumont n'est pas mon pèr je ne fus jamais qu'un malheureux objet de pitié.

MARIE; accablant Charles de caresses.

Mon fils! mon cher lils !

CHARLES

Grand Dieu! éiait-ce ainsi que vous deviez me la rendre?

&IARIE.

Rasstire-toi , le ciel prendra soin de me justifier.

ROtER.

Madai le, il faut me suivre.

en A RLES.

Ah! nbnsieur Roge-, c'est ma mè de la liv er à la justice, laissez-moi ployer pdur connaitie a vérité.

avant ut ein-

Je ne

aïs SI je dois.

Ne cr lignez pas que

lieux où j'ai retrouvé mon fils,

RÉMONn, à Bertrand.

Contrainte horrible! vp'iïà mon fili puis volei

je cherclie 6 fuir des

, et je ne

dans ses bras.

BERTR ,ND.

Avec çi qu' t' en aurais bien envii ? RÉMOSli, àCharles, en 1( li donnant son foulard. Jeune liomme, votre Ibulard que 'ous Inissâtes cho r. (A Bertrand.) Vs-tu des ciseaux?

BERTRJ SO.

Pourqi oi faire?

RÉMOIiD.

Pour lu i couper une mèche de che'

BERTRAND

Arrach :-ln.

(Pendant ce temps , un brigad er apporte à Roger un papier q ni semble concernt r les deux volei irs. )

RÉMOND, a! lant àDumont, lejrend par la main, l'amène sur le devînt de la scène, le Salue , et dit à Bertrand.

Salue monsieur! — (A Dumont. ) Monsieur! c'est superbe ce que vous avez fait là !... vous vous êtes acquis à jamais mon estime.

nERTRA^■D.

Et la mienne aussi! (A Rémond.) Dis donc, comme il nous regarde !

ROGER

Assurez-vous de ces deux hommes !

RÉMOND

Il y a une compagnie d'assurance, ici?

ROGER, les désignant.

Assurez-vous de ces deux hommes !

RÉMOND

On assure quelqu'un?

ROGER

C'est de vous qu'il est question.

RÉMOND

De nous !... de quel droit?...

BERTRAND

De quel droit?

RÉMOND

De quel droit attente-t-on à la liberté dun citoyen paisible?...

BERTRAND

De deux citoyens paisibles...

RÉMOND

Tranquilles!...

BERTRAND

Tranquilles!...

Et qui ne font de mal à personne.

BERTRAND

Et qui ne font de mal à per... >

( (Rémond lui donne un coup sur le braj pour le faire taire.) noGEn.

Écoute* : (U Ut.) «Le maréchal -des- logis > lloger ^ 01 dre d'arrêter par-tout où il les

• trouvera , les deux hommes échappés aes « prisons de Lyon '... »

RÉMOND

Monsieur, je vous demande un million de pardons ; mais faites-moi le plaisir de me dire quel rapport il peut exister entre les deux e'chappés des prisons de Lyon , et moi et monsieur?

ROGER

Je vais vous le dire.

RÉMOND

Mais, monsieur, voilà très long-temps que vous nous retenez ici. J'ai déjà eu l'honneur de vous dire que j'étais ambassadeur du roi de Maroc; nos affaires ne nous permettent pas de rester plus long-temps.

BEItTRAND.

Bah ! bah ! tout ça c'est des bêtises. Je ne demande plus qu'une chose; c'est que tout le monde s'embrasse et qu' ça finisse.

(Ils vont pour embrasser les gendarmes, ceux-ci les repoussent.)

ROr.ER, continuant de lire.

« Qui voya{^ent, l'un, sous le nom de Bertrand... n

RÉMOND

C'est monsieur.

ROGER

•' L'autre sous celui de Rémond. »

RÉMOND

C'est moi.

ROGER

« Mais le premier n'est autre que Jacques « Strop; et le second, Robert Macaire.

RÉMOND, à Bertrand.

Nous sommes pinces.

MARIE

Macaire?... l'ai-je bien entendu!

ROGER

{ Il s'approcbe de Rëmond et lui ôte son bandeau.) « Ce dernier cache sa figure sous un ban- « deau noir... »

MARIE

Dieu ! c'est lui !

< Elle s'évanouit. — On l'emporte. — Rémond se bat avec lei gendarmes, prend un cha|icau à cornes, le met sursit

tête, i

tthtm

■rliwlBii

REMOND

A la garde!... à la garde!... Mais, messieurs, vous nous mettez en loques... vous déchirez les vêtements... vous me chiffonnez mes affaires.

BERTRAND, entre deux gendarmes.

On n'a jamais vu des choses pareilles ; ça me ferait sortir de mon caractère...

RÉMOND

Je demande la permission de dire deux mots à mon ami.

( II* s'en vont tous deux dans nu coin du théâtre.)

• Voir la variante & la fin du second acte.

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