FLORENT, LOUISE
FLORENT
i.'.'d va-t-il comme ça?
LOUISE
Tues le meilleur des hommes, tiens!
FLORKNT.
Et tu en abuses.
LOUISE
Ça ne vaut donc pas mieux, un arrangement qu'un procès?
FLORENT, gaienu'iit.
Tu appelles ça un arrangement, toi ? Ah ! ça, dis-moi, ta mère est partie ?
LOUISE
Oui. Elle s'en va à la Forge, pour se renseigner sur cette servante qu'elle veut absolument que je prenne.
Elle a raison, et je suis comme elle, je trouve que tu te fatigues trop.
LOUISE
Bah ! ça me distrait.
FLORENT, l)aissanl la voix.
Tu t'ennuies après le [>etit, hein ?
LOLTSE, la voix mal assiir.'c.
Dame ! je ne dis pas qu'il ne me manque pas souvent dans la journée... V toi aussi, il te manque.
FLORENT
C'est vrai ; ces sacrés gosses, tant (ju'ils sont
là, on crie après ; dès qu'on n'entend plus leur vacarme, on est tout désorienté.
LOUISE
Mais quoi? On ne les élève pas pour les garder,
FLORENT
Non, et il est d'âge à s'instruire.
LOUISE
Je sais bien. Tout de même, il y a des moments où je me trouve si seule!... Il me semble ([ueje n'ai plus personne pour me défendre contre le malheur.
Ceci à mi-voix.
Eh bien? Et moi? Je ne compte plus alors ?
LOUISE
Oh 1 toi, tu es le bon Dieu ! Quand je te sens là il ne me manque plus rien.
FLORENT
Que le petit.
LOUISE
Le petit, c'est encore toi... Aimo-moi bien toujours, je t'aime tant!
FLORENT
Comment veux-tu que je ne t'aime plus, n'ayant jamais aimé que toi ?
LOUISE
Et quand aurais tu voulu en aimer une autre, puisque je t'ai toujours aimé ?
Elle le presse sur suu cuiur. — L'liorloj,'e sonne.
34 L'AUUERGE DES MAllINlEUS
KLORKXT.
C'est la demie! Déjà! Est-ce que tu lui as annoncé, cette fois, à ta mère, l'arrivée d'Irma?
LOUISK, nv(x un \\r\i (le confusion.
Non... Figure-toi... je n'ai pas trouvé le joint.
l'"LOnE\T.
Diable! Il s'en ferait temps. J'y pars, tu sais? La jument est attelée. Dans une petite licure je serai ici.
Je sais bien.
KLOUK.XT.
Est-ce drôle que tu n'oses pas lui dire ça?