‹ L'auberge, et autres contesChapitre 4 sur 63 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

patriotiques de Maupassant ne purent étouffer en lui le sentiment de l'horreur de la guerre et de la stupidité de cette institution. Lui qui était si sobre de jugements et se défendait toute passion, il n'a pu s'empêcher de dénoncer à plusieurs reprises l'anachronisme de la guerre au XIXe siècle; cette chose si brutale dans une société qui se prétend civilisée le révolte. Citons ici de lui un court passage du volume Sur Veau.

" La guerre est plus vénérée que jamais. Un artiste habile en cette partie, un massacreur de génie, M. de Moltke, a répondu, un jour, aux délégués de la paix les étranges paroles que voici : " La guerre est sainte, d 'institution divine ; " c'est une des lois sacrées du monde; elle en- " tretient chez les hommes tous les grands, les i ' nobles sentiments : l 'honneur, le désintéresse- " ment, la vertu, le courage, et les empêche, en " un mot, de tomber dans le hideux matéria- ' ' lisme. ' ' — Ainsi, se réunir en troupeaux de quatre cent mille hommes, marcher jour et nuit sans repos, ne penser à rien, ni rien étudier, ni rien apprendre, ni rien lire, n'être utile à personne, pourrir dans sa saleté, coucher dans la fange, vivre comme des brutes dans un hébétement continu, piller les villes, brûler les villages, ruiner les peuples; puis rencontrer une autre agglomération de viande humaine, se ruer dessus,

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