Forme graphique
( évoquée., ne donne rien.
OBSERVATIONS PERSONNELLES
De même, â éveille une sensation e —
ou —
caravane —
épée —
matin —
enfant —
de rouge plus foncé que a , bleu,
bleu plus foncé, noir,
rouge plus foncé que a, brun,
rouge brun ;
rose,
bleu.
bleu foncé, bleu et bleu foncé.
Les consonnes n’ont pas de couleurs. Les nombres prennent généralement les couleurs des voyelles qui entrent dans leurs noms. L’action de la forme graphique des chiffres est pour ainsi dire nulle.
Il ne nous a été rien dit de l’action des sons musicaux, ni des accords, ni de la musique en général. Mais nous ne serions pas étonné que l’enfant présentât quelques traces des mêmes sensations colorées que ses parents, à l’audition de morceaux de musique.
Monsieur l’abbé F., d’Angers
PSEUDOPHOTESTHÉSIE d’ORIGINE ACOUSTIQUE ET TACTILE. PSEÜDO-ACOUESTHÉSIE d’ORIGINE OPTIQUE.
Ce cas est l’un des plus curieux parmi ceux que nous avons observés. Le sujet, âgé de quarante ans, est d’une forte constitution et jouit d’une très bonne santé. Il est peu impressionnable, quoique vif de caractère, et n’a jamais eu aucune sorte de troubles nerveux. L’examen de l’œil révèle une myopie moyenne ; l’acuité visuelle = 1. L’oreille est en très bon état, et l’audition parfaite.
Quoique à un moindre degré que les précédents, M. l’abbé F. aime beaucoup la musique ; il a d’ailleurs l’oreille très'juste, mais n’est pas musicien, en ce sens qu’il n’a pas fait d’études musicales. Nous n’avons pai besoin de dire que nous le croyons de la plus entière bonne foi.
Depuis ses plus jeunes années, il possède la faculté de colorer les sons, et il trouve cela tout naturel, « nullement singulier selon ses propres expressions. C’est tout enfant qu il s aperçut de cette association des sons et des couleurs. Voici ce qu’il nous a écrit là-dessus, après divers
OBSERVATIONS PERSONNELLES
examens qui nous avaient déjà permis de noter ses impressions : « Les sons me donnent toujours l’idée de certaines couleurs. Je dis « me donnent l’idée », parce que je ne vois pas ces diverses couleurs de mes yeux, non; et je ne crois pas pouvoir m’exprimer mieux sur ce sujet, qu’en disant simplement que tel son me donne l’impression, la sensation de telle couleur.
« Voici en quelle circonstance, autant que je puis m’en souvenir, j’ai eu la première pensée de ce rapprochements qui ne me parut nullement singulier (pas plus qu’aujourd’hui, du reste) :
ï J’étais enfant, entre neuf et douze ans, je ne saurais trop préciser. Me réveillant le matin, ce qui me frappait tout d’abord, c’était la blancheur du plafond au-dessus de mon lit, et je me disais : « Cette blancheur, c’est le son a ; l’ombre foncée projetée dans l’entre-deux des solives, c’est le son e. De même, pour moi, un gris plus clair, c’était i; o était représenté par une teinte foncée tirant sur le noir. Dans la suite, un précipice, un puits, un trou noir où la lumière n’arrive en aucune façon, me fit toujours l’effet de crier : ou! Ce qui était rouge me disait U. Le son de la -flûte est rouge pour moi, probablement parce que je me figure que le son de cet instrument se rapproche de Vu. Plus tard, Vè me produisit l’effet du vert jaune clair; mais Vè, dans tempête^ me dit le jaune rouge de l’orange. Vâ, c’est le blanc pâteux, laiteux, crème.
* Le bleu ne me dit rien. Le rose ou le rouge atténué, c’est pour moi Vu, atténué aussi, dans la diphtongue eu. Le piano me fait passer, avec ses différents octaves, comme par une série de rouges, des plus foncés et presque ooirs pour les sons das^ aux rouges les plus éclatants pour les notes aiguës. »
l’audition colorée
Cet autographe est à tous égards très curieux, et d’un grand intérêt. Nous y voyons que l’origine des associations sensorielles du sujet est due à un rapprochement, à une association première d’idées offrant une certaine analogie. Nous reviendrons là-dessus, car nous sommes persuadé que c’est, pour la très grande majorité des cas, l’origine et l’explication des phénomènes que nous étudions. Nous ajoutons même que les idées associées peuvent l’être de diverses façons, soit par analogie, soit de convention. Mais nous n’insisterons pas pour le moment. Poursuivons notre observation.
Ainsi qu’on l’a vu dans ladite note, c’est principalement le son qui est l’excitant primordial de la sensation colorée : cinquième cas de pseudophotesthésie d’origine acoustique, lequel présente, en outre, de lo. pseudophotesthésie d’origine tactile. Réciproquement, chez ce sujet, chaque perception de couleur réveille l’idée du son correspondant : pseudo-acouesthésie d’origine optique.
Passons au détail des faits. Chez M. l’ahbé F., toutes les voyelles éveillent des idées de couleurs déterminées, c’est-à-dire des sensations colorées. Ainsi,
i l jju ( entendu, dit blanc,
’ ' ‘ ( évoqué, dit blanc ;