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Ôn a constaté des réciprocités pour un grand

l’audition colorée

nombre des faits dont nous parlons. Ainsi, àM. l’abbé F., observé par nous, une teinte sombre, noire comme un puits, semblait crier ou t et réciproquement, le son de cette voyelle réveillait une image sombre, très noire. Nous pensons que ces corrélations et réciprocités sensorielles sont assez fréquentes, et que si on les a peu souvent notées, c’est que l’attention n’était pas attirée sur ce point.

52. L’excitation du phénomène peut venir de n’importe quelle sensation, et même d’une opération purement psychique.

53. Les sujets éprouvent également bien les fausses sensations secondaires les yeux ouverts ou fermés, dans l’obscurité ou en plein jour, la personne qui parle, ou l’instrument, l’objet qui résonne, étant ou non présents et visibles.

54. L’évocation de l’excitant sensoriel, — son, forme graphique, odeur, goût, etc. —, provoque les mêmes sensations colorées que l’excitant lui-même.

55. Les faits de pseudo-sensations décrits dans ce travail ne sauraient être considérés comme pathologiques, presque tous les sujets observés ayant été notés comme parfaitement constitués, sains de corps et d esprit, doués, la plupart, d’une vue et d’une audi-

tion excellentes, et souvent, d’une éducation et d’une culture intellectuelle distinguées. Ces phénomènes * sont donc d’ordre physiologique.

56. On ne peut non plus mettre en doute la bonne foi et la sincérité des sujets, vu le grand nombre des faits observés, l’analogie qu’ils présentent entre eux, malgré les différences de temps, de lieu, des observations ; les diversités de constitution, de tempérament, d’éducation, d’habitudes, des personnes observées, et l’ignorance complète que la plupart avaient de cas semblables. Nous avons encore, comme garants de bonne foi, la position des sujets, dont plusieurs étaient méde- Qins, d’autres avocats, ingénieurs, musiciens distingués; la surprise de plusieurs en apprenant que ces phénomènes n’étaient pas éprouvés par tout le monde ; leur étonnement plus grand encore parfois en les voyant décrits comme ils les avaient accusés eux-mêmes ; enfin, les épreuves pratiquées par les observateurs, et la concordance constatée dans les réponses obte-

57. Tous les sujets disent éprouver leurs pseudosensations secondaires depuis j^nfbnce. Cette faculté persiste, en général. Cependant, elle peut se perdre, peut-être par non-usage. Ainsi M. le baron de , qui dans sa jeunesse, colorait les prénoms, ne possède plus cette faculté.

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58. On la trouve assez souvent chez plusieurs membres d’une même famille. Faut-il pour cela, la croire héréditaire? Nous ne le pensons pas. Mais nous croyons que des dispositions analogues, et surtout la même éducation première du cœur, de l’esprit et des sens dans la famille, la même manière de voir, enfin, sont susceptibles de développer ce pouvoir, que nous présumons exister à l’état latent, et comme en germe, chez tout individu bien constitué.

59. Chez tous les sujets, la fausse sensation secondaire est subite, et prédomine souvent, par l’effet produit, sur la sensation première qui l’a déterminée. Cette association de sensations diverses est toute d’instinct, puisque, comme nous le disions tout à l’heure, la plupart des sujets n’ont jamais entendu parler de ces phénomènes, ni jamais trouvé dans aucun livre un mot qui pût les y faire songer.

60. Ajoutons, pour terminer cette revue, que la plupart des sujets se taisent sur leur pouvoir d’association, d’abord parce qu’ils le croient souvent commun à tout le monde. Mais qu’une circonstance fortuite vienne leur révéler qu’ils sont des êtres d’exception, des originaux (!), et les voilà qui, par crainte du ridicule, redoublent de précautions pour cacher à tous ce qu’ils croient dès lors une infirmité, ou du moins un symptôme d’augure peu favorable.

Notre travail n’aurait-il d’autre utilité que celle de les rassurer contre tout fâcheux pronostic, et de faire tomber leur crainte, en leur montrant en quelle bonne compagnie ils se trouvent, que nous verrions là encore une compensation suffisante aux recherches si longues et si laborieuses que nous avons dû faire.

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