EXPIICATIOSS PROPOSÉES PAR LES AUTEURS CONCLUSIONS
Et maintenant, quelle est l’explication des phénomènes que nous venons d’exposer? Quelle est la raison des diverses associations sensorielles du même genre?
Ainsi qu’on le verra plus en détail tout à l’heure, certains auteurs l’ont cherchée dans des rapports de voisinage des centres cérébraux sensoriels, d’anastomoses entre leurs diverses fibres nerveuses, dans l’ébranlement réciproque de leurs cellules propres, etc. ; quelques-uns croient les faits dus à une action réflexe ; d’autres, à un trouble des idées. Nous allons rapidement passer en revue ces différentes hypothèses.
En 1848, Gornaz, sans proposer ouvertement aucune explication, considéra cependant le phénomène en question comme un trouble visuel, une sorte à'hyperesthésie du sens des couleurs. Il le regardait ainsi comme
pathologique, dû à quelque lésion oculaire, et comme devant prendre place, à l’avenir, dans les traités spéciaux, à côté des autres maladies de l’appareil visuel, et spécialement du daltonisme. Le professeur Wartmann accepta cette explication. Plus tard, le Marcé^ l’adopta aussi, et classa même l’hyperchromatopsie entre le daltonisme et l’anorthopsie.
Le premier, avons-nous déjà dit, Perroud, e n 1863, écrivit que le phénomène n’est nullement pathologique. Il le considérait comme le résultat d’une ^mple association d’idées et ne dépendant d’aucune lésion matérielle, ne constituant pas non plus une illusion ou une hallucination.
Ghabalier reconnut aussi la nature physiologique de l’anomalie. « Le pseudochromesthésie, dit-il dans son remarquable travail, ne dépend nullement d’une lésion matérielle, soit des milieux de l’œil, soit des centres nerveux, mais bien plutôt d’un trouble des idées. » Nous admettons, comme lui, que le phénomène est d’ordre physiologique, ainsique le démontrent presque toutes les observations. Ghabalier ne considère donc pas l’anomalie comme pathologique, mais la croit plutôt liée à un léger trouble des idées, et la regarde comme « une sorte de perversion psychique, d’illusion appartenant à la classe des illusions compatibles avec la raison, et probablement formée à la suite de certaines associations d’idées », ce qui est aussi, nous dit-il, 1 avis du médecin qu’il a observé. Mais si Gha-