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EXPLICATIONS PROPOSÉES PAR LES AUTEURS

balier admet l’illusion comme facteur de la pseudochromesthésie, — qui est, comme on sait, notre pseudophotesthésie d’origine optique, — il ne croit pas pouvoir la considérer comme une hallucination.

H. Kaiser, à propos du cas qu’il avait observé dès 1871 et, plus tard, vers 1881, sur un monsieur qui colorait les mots, émet l’idée que ce sujet, dans son enfance, prêtait des couleurs aux mots pour les mieux graver dans sa mémoire. Il admet donc qu’il s’agit là d’une association d’idées remontant à la première enfance, et en vertu de laquelle certaines couleurs seraient unies aux mots plus ou moins volontairement ; puis, par une longue habitude, ces couleurs se présenteraient plus tard tout à fait spontanément. Schenkl se rattache à cette explication.

Nous ne ferons que mentionner l’opinion que le professeur Bénédikt formula à propos des expériences de Nüssbaumer, expériences qu’il déconseillait comme dangereuses, comme pouvant créer une confusion des sens et amener de l’hypocondrie. Récemment, pour l’explication des faits, il s’est rattaché à l’opinion d’Urbantschitsch.

En 1875, Lussana écrivait que les centres sensoriels des sons et des couleurs, dans l’encéphale humain, pourraient être voisins et quelquefois liés l’un à l’autre. A cela, nous objecterons que ce n’est pas seulement deux sens qu’il faudrait supposer liés, mais tous les centres sensoriels cérébraux; car divers sujets ont

l’audition colorée

présenté toutes sortes d’associations>ensorielles. Nous ne sommes pas d’ailleurs opposé à cette hypothèse.

M. le professeur Nuel, dans son article sur la physiologie de la rétine, émettait, en 1876, l’idée que les fausses sensations secondaires pourraient être dues à une irradiation nerveuse centrale, déterminant les associations sensorielles. Par exemple, une perception acoustique est transmise par le nerf propre au centre auditif ; d’après l’hypothèse de l’éminent professeur, l’éhranlement produit dans le centre auditif cérébral pourrait, chez certains sujets, s’irradier vers les centres voisins, lesquels, ainsi excités, percevraient chacun suivant sa modalité propre.

Deux ans plus tard, Pouchet et Tourneux, dans leur Précis d’histologie humaine et d’histogénie, émirent l’hypothèse d’un trajet anormal pour certaines fibres des nerfs sensoriels. Mais, objecte à cela le D*” Pédrono, il faudrait, d’après la théorie d’Young-Helmholtz, une immense quantité de fibres ainsi détournées, pour recevoir et transmettre toutes les pseudo-sensations si variées éprouvées par les sujets. L’objection est sérieuse et peut avoir une certaine valeur, à condition toutefois que la théorie d’Young-Helmholtz soit d’abord la vraie.

D ailleurs, la théorie d’Young-Helmholtz, ou des trois énergies spécifiques des fibres rétiniennes, — d’après laquelle, comme on sait, la perception des couleurs serait élaborée dans l’appareil sensoriel extérieur par

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