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voyelle delà syllabe constituée. Ces trois temps inscrits sur le tracé ont été l'objet d'une description excellente par M. Marichelle {loc, cit., p. 128). Les figures 11, 19,23, 24 montrent cette phase silencieuse, et les effets curieux de la vibrante R. Abaissement de rintensité sonore au moment de la con-
ia6 l'audition et ses organes
sonne. — L'une de ces conséquences importantes à connaître dans une étude de Taudition est l'affaiblissement forcé de l'intensité du son au moment de la syllabe : c'est là une suite inévitable de l'articulation. Nous avons dit qu'une autre conséquence est l'accroissement, au contraire, de l'intensité de la voyelle qui suit la consonne, quand celle-ci est due à un arrêt complet du courant expiratoire sonore (P,T, C, K) (fig. 7> n).
On remarquera de mOme que, dans le cas des consonnes sonores, c'est-à-dire qui ne sont pas formées par une occlusion totale de» voies aériennes bucco-pharyngiennes, et pendant lesquelles une certaine portion de l'orifice rétréci est perméable et laisse écouler un souffle, plus ou moins sonore du reste (S, CH, F, V), jamais l'éclat de la voyelle suivante n'atteint les proportions de tout à l'heure (fig. 23).
Cela est facile à expliquer puisqu'il n'y a qu'un arrêt incomplet ou mieux une rétention graduellement décroissante de Fair inclus; et, par suite, il ne peut y avoir ni explosion, ni exagération d'intensité du son, aussi vive du moins.
A ce môme point de vue, il est intéressant de noter que la syllabation est d'autant plus active, et donne des sons d'autant meilleurs, sous le rapport du timbre et de la force, quand la distance est plus grande entre les points où la consonne et la voyelle se forment.
Exemple. — La syllabe PA est constituée par F, consonne labiale (point labial) ; et dans A, toutes les voies sont ouvertes largement ; cotte opposition donne un gain énorme au profit du résultat et de la sonorité de PA. On conçoit qu'on obtienne une sonorité bien inférieure avec deux sons comme L, par exemple, et I qui ont toutes deux des sons fermés, c'est-àdire produits par des rétrécissements très accusés du canal vocal, et par suite avec un souffle dénué de force et de volume (de même gou, mon, gnon, pu).
En effet, la voix se mesure au degré d'ouverture de l'orifice générateur sonore ; forte, quand elle trouve toutes portes ouvertes (A, 0,É), elle s'affaiblit quand elle franchit des voies étroites (OU, I, U) ; davantage altérée par les sons additionnels (râpe, souffle) avec L, R, Y (Donders), elle devient un simple bruit sourd avec V, Z, J, B, D, G; et disparaît absolument au moment de l'occlusion totale avecP, T, C. (V. silence intercalé entre les deux sons-voyelles, fig. 24.)
Grâce aux belles études de de Meyer, de Rosapelly, de Withney, de Marichelle, ce sujet est devenu inépuisable ; et la dé-
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monslralion, que permettent les graphiques du phonographe, le rend encore plus intéressant ; mais nous croyons en avoir dit assez pour faire connaître ce qu'il importe de savoir au point do vue surtout de l'audition du langage articulé.
Ouant à la voix chantée modulée sur une voyelle, «lie pos-
sède une pénétration particulière, en même temps qu'une grande
douceur, qualités que j'utilise dans mes leçons acoustiques.
Les paroles chantées, nous l'avons montré sur les tracés
phonographiques, ne résistent pas à la nécessité d'enfler le
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son dans les forte ; et la syllabation se trouve être une gêne pour l'artiste, qui dès lors fait subir aux mots et aux syllabes des altérations, telles que les phrases sont indistinctes; et nous avons démontré, tracés en mains, le pourquoi de cette absence de parler, dès que les sons vocaux prennent de la puissance. Leurs tracés se rapprochent de ceux des sons musicaux (fig. 25, 26).
Ainsi que le dit bien Helmholtz, les sons buccaux éteignent et masquent en partie,dans. le parler, les sons laryngiens. (Helm-
l'excitant db l'ouïe, vibrations sonores 129
holtz, loc, cit, p. 3io.) Quand ceux-ci prédominent, on voit que c'est l'inverse qui se produit; le son vocal laryngé seul persiste dans les tonalités suraiguës (fig. 25, 26), et dans les fortes intensités sonores l'articulation se trouve sacrifiée.
Nous ne pouvons que répéter cette opinion qui a trouvé sa confirmation dans le travail de Marage [ioc, cit) et se dé montre vraie sur mes tracés (V. Intensité^ p. 82).
Intonations, accents. — On a remarqué que toute la syllabation, ou articulation, se produit dans la cavité buccale ; mais le son vocal est l'œuvre du larynx ; c'est aussi là que se forment les modifications du son qui constituent V intonation^ à laquelle contribuent évidemment toutes les forces expiratoires et les modes d'expression des émotions, des sentiments.
Les tracés phonographiques donnent aussi des images bien curieuses des sons envisagés au point de vue de l'intonation ; les exclamations, les accents s'y trouvent représentés et peuvent être parlés ensuite comme contrôle.
L'état mental se trahit sérieusement par les altérations des périodes, par le trouble de leur succession, de leurs formes, par l'inégalité des éléments inscrits, telle qu'on a peine à s'y reconnaître, s'il y a plusieurs exclamations successivement marquées. L'intensité accrue a causé des empreintes violemment creusées dans la cire ; les changements rapides de la tonalité modifient la longueur et la forme des périodes; il règne alors une certaine ataxie, un désordre de toutes les formes inscrites et dans les proportions connues des figures typiques, qui rendent la lecture et l'appréciation des graphiques étrangement difficiles. Et cependant l'unité sonore est conservée. Si c'est : ah/ oh! oh! bravo! qu'on a inscrit, cela est parlé absolument bien et clair avec l'émotion vibrante et l'accent vrai du modèle. Le tracé du mot « Ayez » impératif (fig. 10) en est un exemple précis ; la figure 24 aussi.
Cette opposition et le contrôle du parleur toujours possible sont les éléments principaux de la reconnaissance et de l'appréciation des types et des périodes, dans cette délicate analyse.
Je renvoie le lecteur au travail de M. Marichelle sur ce sujet toujours à letude [loc, cit.) et aux travaux de M. l'abbé Rousselot {ioc, cit.).
Sons nasaux; timbre nasal. — Les sons nasaux (AN, IN^
Gellé. 9
L AUDITION ET HE9 ORfiANËB
Fit;. a5. — Graphique ilea périodes de vibrations des noies de musique tnslrumenlale ; on voit leur multiplication dans les tonalitÉB aigut's ; leurs variétés suivant l'instrument et son timbre: violon, pian», flûte, pislon clhautliois ont leurs vibrations caractécistiquCE inscrites. On remaiiiucra combien ces périodes ressemblent h celles des so^s-^'oycllcs ; et surtout celles de la flùtc à É ei I ; celles du piston à O, U ; celles du hautbois h A, chanté et parlé surtout.
FiG. :iG.— Phonofframmcs monlrant les périodes variées du la voyelle A, chantée par une Tcmme (modula lions classiques sur ^t). On a Irouvé sur le même rouleau 33 formes A'A chanté, toutes dilTércntos de celles iW A parlé, excepté dans les tonalités ai);u<!s el dans les Tortcs inl^nsilés. On peut reconnaître les rapports étroits de ces tracés de la voix chantée avec ceuv de la ti^ure 25, qui montre les viliralions et périodes des sons musicaux, et des Lnstruineuts de mu-
i32 l'audition et ses organes
ON, UN) sont formés de A, E, I, O, U, avec rabaissement simultanément du voile du palais, qui laisse béantes les cavités de résonance nasales.
Les sons vocaux empruntent, grâce à cette adjonction, un timbre nouveau, très caractérisé, dit timbre nasal. Ce timbre est vigoureux, plein, mais sourd ; il est très varié selon les individus et les races. Le français use beaucoup du timbre nasal (ING, YN, IN, AN, IN, ON, UN).
Les affections des voies naso-pharyngées altèrent profondément ces sons nasaux ; tantôt elles s'opposent à leur émission ; tantôt, au contraire, certains sons, qui n*ont jamais ce timbre, s*en revêtent fortement, il s'ajoute aux voyelles qui ne doivent pas le posséder d'ordinaire, et en change plus ou moins les caractères.
Les maladies qui obstruent la cavité rétro-nasale ont la môme action nuisible sur la voix, qu'elles rendent celle-ci assez spéciale pour les faire diagnostiquer (baba pour maman), etc.
Conclusion générale. — Nous avons étudié les sensations acoustiques et les propriétés des vibrations qui les font naître, sous le rapport de la durée, de l'intensité, du ton, du timbre, dans leurs combinaisons et associations musicales (fig. 25, 26), dans le langage articulé enfin, cette source de nos relations avec nos semblables.
Nous avons ainsi étudié l'excitant de la fonction auditive, sous toutes ses formes et dans ses éléments primordiaux et dans ses combinaisons les plus intéressantes ; nous allons maintenant considérer l'organe qui sert à la fonction de l'ouïe, au point de vue anatomique et surtout fonctionnel.
Nous savons que le nerf auditif et le centre acoustique, comme l'optique, sont doués d'une énergie sensorielle, spécifique, par laquelle les chocs des vibrations de l'air sont transformés en sensations acoustiques ; l'appareil est doté d'une réceptivité énorme, grâce à la multitude de ses fibres nerveuses et des cellules neuro-épithéliales de l'oreille interne. La diversité de nos sensations auditives naît de la somme et de la différence des éléments nerveux excités autant que de la variété des modes d'excitation.