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CENTRES ACOUSTIQUES

I I. — L'oreille; premiers linéaments d'un organe

DE l'ouïe ; SON DÉVELOPPEMENT DANS LA SÉRIE ZOOLO- GIQUE.

L'oreille est un instrument acoustique ; c'est Torgane périphérique du sens de l'ouïe ; elle éprouve chez Thomme et les animaux aériens les vibrations de Pair, chez les autres celles du milieu liquide dans lequel ils vivent, et les conduit au contact du nerf sensible; celui-ci en transmet l'impression à la conscience.

On comprend déjà que l'instrument doit différer suivant le milieu vecteur des ondes sonores ; nous allons montrer quelles sont en effet les dispositions organiques qui répondent à ces conditions particuHères. Mais, d'ores et déjà il faut dire que beaucoup d'animaux inférieurs, chez lesquels il semble qu'on doive admettre une certaine audition, ne possèdent pas d'appareils bien différenciés ; tout au moins ceux que l'on découvre par une anatomie délicate sont-ils chez eux confondus avec les organes plus généraux du sens du toucher.

Comme le toucher, la sensation acoustique est la résultante de chocs, de pressions, d'une communication de mouvements venus du milieu ambiant. Nous avons montré qu'une certaine énergie, une action mécanique domine dans la genèse de cette sensation auditive. On ne s'étonnera donc point d'ap-

l3i| l'audition KT ses OllfJANKS

prendre qu'on admel que l'organe de l'ouïe est une différenciation do celui du tacl.

En quoi sonl-ils diirérents: par le mode de mouvement même que ces sens sont aptes à reconnaître. Une pression, un contact, c'est une grande partie du phénomène du toucher ; tandis que la simple réllcxion montre la vibration comme une succession d'ébranlements d'ordre divers, transmis à l'oreille par le milieu ; et puis ces éléments primaires de 1 a vibration sonore échappent à nos sens, et c'est grâce au mouvement qui leur est - imprimé, à la rapide succession des petits, infiniment petits chocs, ' que ce» phénomènes

. , deviennent percep-

*— libles.

L'oreille, en réalité,

connaît d'une espèce

1 ' ■ 'de mouvements mo-

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LES OHGA^ES AUDITIFS l36

(JifféreDciatlon des phénomènes ; et ils ont une attribution bien spéciale, qui est leur raison d'être ; leur spécificité doit être admise ; l'auditif, frappé par les vibrations ou autrement, réagit sous forme de sensation sonore, distincte de celle du toucher; mais son excitant physiologique est distinct aussi par sa délicatesse et sa rapidité.

Dans l'organe de l'audition, il y a donc transmission de mouvements ; et l'élasticité et la mobilité des parties doivent être en rapport avec la nature du mouvement ; un nerf spécial sera exclusivement attaché à lappareil périphérique de l'ouïe.

Ces conditions sont fondamentales ; l'organe auditif n'est différencié que s'il offre ces propriétés, une limitation précise et un nerf afférent.

Les premiers linéaments d'un organe auditif se distinguent chez les animaux inférieurs on même temps qu apparaît leur

i36 l'audition et 5

sysU^me nerveux : tous deux sont di^rivés de recloderme.

C'est chez les Cœlentérés qu'on observe les premiers vestiges d'un système nerveux en communication avec des ceUules de l'eclodcrme, réunies en groupes, au fond d'une dépression, puis étalées à l'intérieur d'une vésicule, ouverte ou close, dite otocystique, à laquelle aboutit un filet nerveux.

Dans l'intérieur de cette petite vessie pleine de liquide, au contact des cils rigides qui surmontent les cellules neuroépi théliales qui tapissent la paroi, se trouvent une ou plusieurs masses mobiles, les otolithes.

C'est chez les Méduses que l'on observe les premières for-

— Organe auditif de Rhopahnema, montrant ei

petit orifice (d'après Hertwig).

lilié; 0, organe auditif.

mations otocysliques (vésicules auditives) qui sont immédiatement en rapport avec un renflement (ganglion) de l'anneau nerveux marginal (0. et R, Hertwig) (V. fig. 28).

Quels sont ces éléments neuro-épilhéliaux qui forment la base même de l'organe sensoriel ?

On les retrouve constants dans toutes les formations auditives où elles sont toujours en rapport étroit avec les réseaux et ganglions nerveux et les filets nerveux spéciaux qui s'y rendent (V. fig. 3).

Cellules spécifiques auditives, cellules cylindriques ciliées, cellules neuro-épi thé liai es, neuro-dermiques d'abord, elles se présentent sous la forme de grosses cellules cylindriques à plateau épais, d'où émergent des cils criniformes rigides ; un gros noyau à leur centre; et accolé à la paroi cellulaire, un

LES OHGANES AUDITIFS 187

élément fusiforme, allongé, cellule à cil, correspondant en bas à un filet nerveux, et terminé au niveau du plateau cilié, par une extrémité déliée, filiforme, saillante (V. fig. 30).

Ces éléments sont disposés de diverses façons dans la vésicule olocystique et sur ses divisions, comme elles seront, chez les animaux élevés dans la série zoologique, séparées dans des diverticulums multiples correspondant à des fonctions multipliées ; mais le type reste identique et ne varie pas(Hasse, Leydig, 0. et R. Hertwig, Paul Meyer, Lankaster, Waldeyer, Deiters, Key, Retzius, Schultze, Reauregard, Chatin, Coyne, etc.).

De la méduse à l'homme, cet élément fondamental est permanent; déplus, on trouve ^ constantes aussi les concrétions incluses dans l'otocyste et dans le labyrinthe compliqué des Vertébrés.

L'otolithe simple ou multiple, mobile, transmet aux cils rigides des cellules auditives les oscillations, chocs, mouvements reçus, et sans doute le sens de ces mouvements, leur direction. Beaunis remarque que de ces petits oi^anes marginaux des Méduses, sous l'influence des excitations du dehors, partent des actions réflexes ; desmouvements sont provoqués ; il y a déjà des actes moteurs consécutifs à des phénomènes sensitifs ; il conclut que ce sont surtout là des organes de direction. Verworn, analysant ce rôle de l'otolithe, y voit le premier indice d'un appareil du sens de l'équilibre, de la station et de la direction des mouvements. L'étude de la vésicule auditive de Calliarina bialala est très suggestive à ce point de vue(de Varigny, 1. Breuer, etc., Bonnier).

Ce n'est pomt le lieu de développer les théories de Verworn, Beaunis, de Varigny, etc, ni les démonstrations de Y. Delage, ni les hypothèses nombreuses émises sur ces fonctions spéciales de direction, qui nous occuperont plus loin ; elles n'ont qu'un

Fio. 3o, ■

— Schéma de la struc-

lure des taches et des crêtes

acoustiques.

f , pnroi c!

u vestibule osseui (tacbe

criblée)

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