‹ L'audition morbideChapitre 2 sur 19 · DE LA TOURETTE · texte numérisé non relu

DE LA TOURETTE

Ses investigations qui ont porté sur 13 malades, l'ont conduit à admettre très nettement la superposition des troubles sensoriels.

Elles peuvent être résumées comme suit :

1° Dans l'hémianesthésie complète, il existe de la surdité unilatérale complète et les diapasons placés sur le front, ou sur les dents, ne sont perçus que par le côté sain. En même temps, il existe de l'analgésie du tympan.

2° Dans les cas d'hémianesthésie incomplète (ordinairement analgésie avec thermoanesthésie, et hypoesthésie au contact), la surdité est incomplète. On constate une diminution pour les sons transmis par voie aérienne et une diminution ou une abolition des sons transmis par voie crânienne. Les diapasons placés sur le front ou sur les dents sont mieux perçus, ou le sont exclusivement par l'oreille saine. Il existe en même temps de l'analgésie du tympan.

3° Dans les cas d'anesthésie plus ou moins complète des deux côtés du corps, le degré de la surdité correspond au degré de l'anesthésie cutanée. Un trait commun à tous ces cas, consiste en ce que la surdité pour les sons crâniens, dépasse celle pour les sons aériens.

Les faits précédents semblent indiquer qu'il existe dans les régions indéterminées de l'encéphale, des centres sensitifs communs aux organes des sons et aux téguments qui les recouvrent (Féré).

Nous avons déjà signalé la plus grande lenteur de perception des idiots et imbéciles; ce que le chronomètre d'Arsonval permet de mettre en lumière. Suivant Bloch (sur la vitesse relative des transmissions visuelles, auditives, tactiles (Soc. de Biologie 1883) la transmission auditive dure normalement 1/72 de seconde de plus que la visuelle et celle-ci 1/21 de seconde de plus que la tactile.

La sensation tactile précède donc la sensation acoustique, puisque Tonde aérienne agit d'abord sur le tympan, et ne devient sonore qu'après avoir ébranlé le nerf labyrinthique.

Chez l'idiot, le ralentissement des transmissions sensitivo-sensorielles, peut atteindre

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uniformément les différents ordres de sensibilité, ou plus particulièrement telle sphère plutôt que telle autre; on conçoit la conséquence du retard limité au tact (tympanique en particulier), comme empêchant Paccommodation auditive. L'impression tactile arrive trop tard pour permettre l'accommodation réflexe des osselets en temps voulu.

Accommodation. — La membrane du tympan avec ses muscles relâcheur et tendeur forme un appareil particulier qui ne livre pas un égal passage à telles ou telles ondes sonores. Aussi tous les auteurs ont-ils établi un parallèle ingénieux entre les appareils de protection et d'accommodation de l'œil et ceux de l'oreille.

Dans cette dernière, l'appareil musculaire formé par les muscles du marteau et de Pétrier, serait l'analogue de Vlris.

Le muscle interne du marteau ayant pour fonction de protéger la membrane du tympan et par suite, l'oreille interne contre les vibrations trop intenses des sons forts, correspondrait aux fibres circulaires iriennes du myosis, au constricteur de la pupille contre une lumière trop intense.

Le muscle de Tétrier, attire en arrière la tète de cet os et la branche inférieure de l'enclume, de là, un double mouvement de bascule :

1° Un mouvement de bascule de là base de Tétrier qui s'enfonce dans le vestibule par sa partie postérieure et se relève par sa partie antérieure.

2° Un mouvement de la tête de l'enclume qui s'incline en bas, en dedans et en avant, en poussant dans le même sens la tête du marteau dont le manche se porte en sens contraire (en dehors); d'où il suit que l'action de ce muscle a pour résultat définitif, un relâchement de la membrane du tympan.

D'une façon générale, les tofis élevés sont les mieux perçus, aussi bien pour les idiots que pour les gens sains; c'est que Paccommodation du tympan par tension, éteint d'abord les tons graves; cette accommodation doit donc se faire instinctivement chez les malades qui nous occupent.

La raideur du tympan empêchant les tons bas, éteint surtout les consonnes d'articulation qui sont plus basses que les voyelles, la parole ne peut plus alors être bien entendue.

Les idiots ont tendance à employer des sons,

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voyelles surtout, probablement parce que ce sont ceux qu'ils perçoivent le mieux.

En dehors des <;as où la perception du ton ou du timbre des sons peut être altérée par un vice d'accommodation de l'oreille, on peut observer, chez les imbéciles, et d'une façon générale, chez les dégénérés, des sortes de scotômes auditifs, si l'on peut ainsi parler. Le fait est fréquent dans l'hystérie, mais il ne paraît pas spécial à cette affection et on peut l'expliquer sans supposer constamment la coexistence de cette névrose, avec les maladies qui nous occupent.

Pourquoi, en effet, ne pas voir là un de ces points de contact par lesquels l'hystérie confine à la dégénérescence, dont elle n'est probablement, en dernière analyse, qu'une modalité?

L'existence dans l'un et l'autre cas, des mêmes lacunes stigmatiques pour l'audition, n'aurait rien qui puisse étonner.

La recherche de ces surdités partielles se fait au moyen de diapasons multiples; un ton, ou une série de tons, peuvent alors, ne pas être perçus (Knapp, Gellé) (scotôme central). Le plus souvent, ce sont les tons bas, ou les

tons élevés au contraire, que l'oreille ne perçoit plus (Moos, Gellé, Schwartz, Knapp) (scotôme périphérique).

D'autre part, Szokalski a montré que les sensations auditives pouvaient être perverties en îlot, et pour toutes les notes de la gamme. Il cite le cas d'une pianiste, qui percevait les sons d'une manière particulière. Un piano accordé d'après son oreille donnait des dissonances très marquées. Mais ces cas de dysécie lacunaire ou totale, sont d'une appréciation des plus délicates, sur des imbéciles et des idiots.

Haberman a rapporté six cas analogues montrant combien peuvent être grandes les difficultés du diagnostic, même sur des hystériques simples.

Fulton rapporte l'histoire détaillée d'une malade atteinte de surdité et d'amaurose, s'améliorant et s'aggravant d'un jour à l'autre, chez laquelle il n'existait pas de troubles de sensibilité outres. Par contre, l'affaiblissement de la perception crânienne était plus prononcé que celui de la perception aérienne. Enfin, chaque attaque de diminution de l'acuité auditive, était précédée d'hyperesthésie du nerf acoustique.

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Nous avons recueilli le cas d'une dégénérée non hystérique avec accès analogues de dysécie intermittente.

Il est permis de se demander dans les cas de ce genre si l'on ne pourrait mettre en cause un spasme intermittent de l'appareil accommodatif?

On pourrait expliquer de la même façon les modifications du champ auditif, restreint dans les notes hautes ou basses, par un spasme, une raideur ou une contracture, une rétraction avec atrophie des muscles de l'un ou l'autre des appareils accommodatifs tenseur ou relâcheur de la chaîne des osselets.

La paracousie ou audition fausse pourrait s'expliquer ainsi dans certains cas par un vice d'adaptation des appareils accommodateurs quel que soit le son entendu.

Pour les lacunes auditives en îlots seulement, il serait nécessaire de supposer l'altération invoquée trop souvent de tel ou tel ordre de fibres de Corti, altérations difficiles à constater anatomiquement et partant discutables.

La comparaison de certains de ces faits avec le scotôme et la variation possible du scotôme auditif semblerait même devoir faire

repousser l'hypothèse précitée dans un bien plus grand nombre de cas; la nature corticale de ces troubles paraît plus logique à en juger par analogie avec ce que nous savons de la vision.

De même qu'en ophtalmologie on s'attache à déterminer l'acuité visuelle en même temps que la réfraction, de même on a cherché à construire une échelle de sons simples correspondant aux échelles optiques de Snellen et aux gammes colorées de Holmgreen. Wolf a utilisé dans ce but la valeur musicale des voyelles. Il recommande dans les épreuves, de parler au sourd, avec une voix d'une hauteur moyenne; car si l'on crie, la tonalité de la voix s'élève dans les sons voyelles, les sons consonnes restant les mêmes, d'où survient l'assourdissement.

On devra choisir comme épreuves, les sons toniques et de valeur bien déterminée; ainsi /?, B, F, S, C, H, sont fixes, pénétrants et connus.

On a dressé une échelle de perception de la voix; en haut, se trouvent A et 0, qui sont mieux perçus; en bas de l'échelle Y H (Urban-

STCHISCH, GUERDER).

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Plusieurs auteurs ont pensé avec raison, qu'il importait de pouvoir apprécier la force de la voix émise à chaque expérience. On peut la calculer au moyen d'un instrument qui enregistre la vitesse du courant d'air expiré et qui s'appelle « maximal phonometer ».

Nous ne pouvions songer à appliquer ces méthodes de recherche à l'examen de nos malades, tant pour déceler des lacunes de perceptions des sons de hauteur différentes, que pour évaluer l'audition d'une même note, la distance seule ou l'intensité variant. Nous nous en sommes donc tenus sur ce point, à l'usage du diapason ordinaire. Mais cet instrument seul ne peut fournir des données suffisantes pour l'appréciation du sens musical, si curieusement développé chez nombre d'idiots.

Nous avons pu nous-mêmes observer quelques exemples intéressants de ce genre. Une écholalique, citée plus haut, était du nombre. Bien qu'elle ne parlât, pour ainsi dire pas spontanément, elle avait pu imiter et retenir certains airs qu'elle reproduisait en chantant, lorsqu'on l'y invitait. En disant les premiers mots ou les premières mesures, elle achevait l'air sans se tromper, donnant même les pa-

rôles exactes, alors que, sans chanter, elle n'eût pu prononcer ces mots spontanément.

On connaît des exemples aujourd'hui nombreux démontrant les localisations différentes de la mémoire vocale, musicale, et de la mémoire phonétique parlée. Des malades atteints de surdité verbale peuvent encore reconnaître les personnes au son de la voix, alors qu'elles ne comprennent pas les paroles. D'autres, aphasiques, peuvent encore parler en chantant ou inversement. On conçoit aussi que des idiots aphasiques puissent également chanter. On peut même observer chez eux, le chant spontané comme chez les enfants qui composent parfois des sortes de mélopées d'une naïveté curieuse.

Ces modulations spontanées de l'enfant, idiot ou non, comme celles des peuples primitifs, sont atoniques et sans cadence. La cadence apparaît la première; la notion des tonalités différenciées vient ensuite.

Les rapports intimes existant entre la modulation et la cadence, ont d'ailleurs servi de point d'appui à la théorie qui voit dans la cadence poétique, un dérivé de l'instinct mélodique.

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On pourrait, peut-être, rapprocher des dispositions si nettes de nombre d'idiots pour la musique, la tendance non moins curieuse d'un grand nombre de débiles aliénés, à s'exprimer en vers, ou tout au moins, en phrases coupées assonnantes qui en rappellent la cadence rythmique.

La poésie et la musique étaient unies dans la primitive métrique et le nombre des vers a quelque chose de la cadence du chant. Certains chansonniers composent l'air en même temps que les paroles, comme si, pour eux, la note avec sa hauteur et sa durée, devenait l'équivalent du mot, dans la phrase qui traduit leur sentiment.

Quoi qu'il en soit, l'idiot comme l'enfant, peuvent arriver à saisir assez facilement la tonalité et la mesure; il est même curieux de voir avec quel juste sentiment, ils observent l'une et l'autre, parfois, alors qu'ils sont incapables d'attention et d'actes simples. Ils mettent une plus grande difficulté à retenir les modulations en mineur; cela proviendrait-il d'une compréhension plus difficile des combinaisons des sons, comparativement au mode majeur?

Ou bien cela tiendrait-il à ce que le ton mineur

éveille un sentiment de tristesse pénible?

L'une et l'autre de ces suppositions est admissible et la première de ces hypothèses n'exclut pas l'autre.

En ce qui concerne la propriété expressive différente des sons, on distingue depuis longtemps, en musique, les accords majeurs et les accords mineurs.

Do, Mi naturel, Sol, accord fondamental.

Do, Mi bémol et Sol, accord mineur.

Ces deux accords nous paraissent complètement différents, quoique leurs intervalles soient les mêmes et qu'ils n'aient fait qu'échanger leur place.

Pour l'accord Do, Mi naturel, Sol ; la petite tierce Mi, Sol, vient après la grande tierce, Do, Mi, tandis que Mi bémol, Sol, vient après la petite tierce, Do, Mi bémol.

La différence de ces accords est difficile à spécifier, mais chaque oreille la sent distinctement, et Ton peut dire, à peu près, que l'accord majeur présente quelque chose de clair, de précis, de fini, et produit un sentiment de satisfaction, tandis que l'accord mineur présente un caractère indécis et voilé qui le rend propre à exprimer des sentiments tristes.

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La cause acoustique de cette différence réside, comme Helmholz Ta démontré, dans la relation que les tons résultant des accords ont entre eux.

Dans Taccord majeur, les tons résultants, forment une consonnance ; dans l'accord mineur, au contraire, les tons résultants forment une dissonnance, et donnent à cet accord quelque chose d'étrange et de contradictoire, ce qui paraît produire sur notre oreille une impression particulière d'indécision (Berns-

TEIN.)

La correspondance entre ces tonalités et un état émotionnel particulier, à chacun d'eux pourrait constituer une indication thérapeutique au moins aussi logique que l'emploi des cellules à vitres colorées que l'on rencontre encore souvent. C'est d'ailleurs, ce qu'avait déjà préconisé Séguin au point de vue spécial de la pédagogie des idiots.

Selon leur tempérament, les races semblent préférer l'une ou l'autre de ces tonalités, dans leurs productions musicales nationales, autant, du moins, que l'on peut en juger par les airs populaires traditionnels.

La musique des primitifs ne serait pas

moins curieuse à étudier à ce point de vue.

Telle convention courante aujourd'hui, est repoussée par les règles d'une autre époque.

C'est ainsi que les Grecs et les Romains considéraient la tierce comme dissonnance et l'évitaient dans le chant.

« C'est que, œuvre de l'homme, dit Dxuriac, la musique, comme tout ce qui est humain, change d'âge en âge et de peuple à peuple.

« Contemporain d'Orphée ou d'un de ses disciples, Beethoven n'aurait pas trouvé le chant de sa sonate en Ut dièze mineur. »

« Le D r Hugo-Magnus a écrit sur l'évolution ^du sens des couleurs un petit livre clair, curieux, suggestif. Combien, peut-être, n'y aurait-il pas plus à dire, sur l'évolution du sens des sons ? Partie avec la cadence poétique d'une origine commune, la musique tend à s'affranchir de plus en plus de cette cadence et à prendre de l'extension au delà des limites de la tonalité et de la consonnance classique.

Cependant la musique, art de charmer l'oreille, n'est pas un art de pure convention ; elle repose sur l'application de grands principes autres que les fantaisies de la mode.

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Il serait curieux de comparer à ce point de vue, les primitifs à l'enfant et à l'idiot, pour voir s'ils se conforment à quelque loi simple commune. Mais la question est du reste extrêmement complexe, car, à côté des lois mathématiques de la physique acoustique, la musique, comme le langage, est un mode d'expression reposant sur des associations d'idées, c'est-à-dire sur une éducation et des conventions particulières.

De toutes façons une mélodie chantée est une suite de sons ; or, une suite est tout autre chose qu'une succession. Pour jouer « un air » sur le piano, il ne suffit pas de faire courir ses doigts sur le clavier ; les enfants ou idiots qui s'essaient à improviser, en font visiblement parfois l'expérience. Ce qu'ils jouent ainsi ne signifie rien, et on peut voir souvent que, d'eux-mêmes, ils s'en aperçoivent. Pour former une « suite mélodique », la succession des notes ne doit pas être laissée à l'arbitraire. Certaines règles s'imposent, auxquelles on obéit, le plus souvent sans les connaître, mais il faut y obéir.

Après une période où l'enfant module indifféremment, comme il articule, sans cohérence,

il saisit les rapports naturels ou conventionnels qui régissent les associations musicales des sons et s'y conforme. L'idiot fait de même souvent, ce qui implique qu'il ait saisi et comparé ces rapports relatifs. Or, cette opération paraît se faire chez lui instinctivement, dans les cas fréquents, où l'idiot musicien ne parle pas.

« D'une façon générale, dit Stampf, la sûreté avec laquelle on compare deux sons varie en raison directe de leur différence. »

La sensibilité varie de personne à personne ; de là vient que des différences identiques entre les sons de même région, donnent lieu à des différences d'appréciations. Pierre jugera autrement que Paul ; Paul jugera demain autrement qu'aujourd'hui, quoiqu'il n'y ait rien de changé dans l'excitation.

Notons, en outre, et cela résulte des remarques précédentes, que les jugements d'intensité comportent plus d'erreurs que les jugements de qualité.

La durée des sons, l'intervalle entre eux, leur position respective dans le temps, sont autant de facteurs, dont les jugements subissent l'influence.

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Si on attache au terme son, une signification subjective, celle de sensation sonore, il est clair que, plus un son durera, plus le jugement provoqué aura de chances d'être sûr.

L'intervalle de temps qui sépare deux sensations successives, influe sur l'analyse de ces sensations et sur les jugements qui en résultent.

Enfin, la certitude du jugement n'est pas la même, suivant que le premier des sons entendus, est le plus ou le moins haut. La mémoire ne retient pas également bien les sons bas et les sons hauts.

Puisque la durée d'un son grave, est plus grande que celle d'un son aigu, le jugement d'intervalle différera, suivant qu'on aura fait entendre, tout d'abord, le plus ou le moins grave des deux sons.

Ces grands principes de la tonpsychologie trouvent leur confirmation dans l'examen de l'audition des idiots, avec cette nuance que, les intervalles minima des différences perceptibles, sont augmentés ainsi que la durée nécessaire pour que les sons soient plus facilement reconnus et différences.

En revanche, l'étendue de la gamme des sons perçus est moindre pour les idiots, peu per-

fectibles, comme d'ailleurs, pour les gens dont l'acuité auditive n'est pas perfectionnée par l'exercice.

Le minimum des notes basse est alors proportionnellement plus relevé, que le maximum aigu n'est abaissé, les notes claires du médium restant les mieux perçues, sauf le cas de lacunes tonales.

L'existence de ces lacunes peut rendre impossible la différenciation de deux sons, l'une des notes n'étant pas perçue.

Même quand il n'existe pas de lacune auditive, la reconnaissance d'un son et des notes voisines peut être défectueuse chez les imbéciles, de même que pour la sphère visuelle, le choix des laines de Holimgreen.

A côté du champ d'audition en surface il y a un champ auditif en profondeur (distance) et un champ acoustique en étendue des sons ; les altérations morbides fonctionnelles de cet ordre chez certains dégénérés représentent les équivalents respectifs des hémiopies et hémianopsies (hémiacousies) de l'acuité sensitive restreinte et de la dyschromatopsie(dysacousie tonale).

Si les impressions auditives sont transmises

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aux centres nerveux dans des conditions à peu près normales, il se peut que les irradiations insolites s'ensuivent, décelant, à ce point de vue encore, un fonctionnement anormal en rapport avec des connexions centrales pathologiques.

Nous arrivons ainsi graduellement aux troubles subjectifs de l'audition, qui constituent déjà de véritables stigmates dégénératifs psychiques à l'état naissant. Ceux que l'on a généralement décrits et que nous décrirons sous le titre d'hyperacousie, ne consistent pas, d'ailleurs, en une sensibilité plus exquise des sens, mais etv réactions exagérées, ainsi que nous allons le voir, vis-à-vis d'excitations banales recueillies par des récepteurs périphériques normaux.

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