Revue des Deux-Mondes, octobre
des bords de nuages éclairés par le soleil couchant, des couleurs éclatantes; ange est encore un mot qui s'accompagne d'admiration. x>
Même filiation pour le blanc de l'o) :
« Le mot bien nommé qui donne la couleur aux autres, c'est flots. Avec matelots, nous voilà dans la marine et dans l'écume, qui bouillonne, qui moutonne. »
De même, pour ou, son triste.
« Le son ou est d'un blanc mal éclairé; au lieu de voir de beaux cumulus illuminés et resplendissant de blancheur, je ne vois plus que le brouillard épais, la prq/bndeur, le gouffre qui s'ouvre. Le mot qui donne sa couleur, c'est brouille; ce son est sans noblesse, fouille, bafouille, grouille, bredouille, boude. Tous ces mots ont un air penaud et confondu et une couleur fond de poche. »
Un dernier exemple, qui marquera bien la genèse de ces associations de couleur et aussi de sentiment.
« (J) désigne le brillant, l'éclat métallique; je pense au diamant noir. (J) est bien placé dans les mots cire, polisse, vif, pic, vernis, acier, scie. Il m'empêche de trouver absurde le mot noir qui contient l'o blanc. »
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En résumé, ce correspondant conclut ainsi ;• « Vous voyez comment les noms en (u) sont » devenus noirs, ils ont pris la couleur de la » famée; comme les (o) ont pris la couleur » des flots écumants, comme les (é) ont pris i> la couleur des feuilles vertes; ces mots sont » associés par un même genre d'impression » esthétique. »
Hoffmann aussi entendait les couleurs et les odeurs et voyait les sons *.
Rappelons enfin que Guy de Maupassant avait parlé avec éloquence de « ce domaine impénétrable dans lequel chaque artiste essaie d'entrer, en tourmentant, en violentant, en épuisant le mécanisme de sa pensée.
« Ceux qui succombent par le cerveau, ditil, Heine, Baudelaire, Balzac, Byron, Musset, Jules de Goncourt et tant d'autres, n'ont-ils pas été brisés par le même effort pour renverser cette barrière matérielle qui emprisonne l'intelligence humaine ? x>
Deux de ceux dont-il parle et qui ont effectivement vu leur génie sombrer dans l'aliénation mentale sont précisément des cas,
1. Arvêde Barinb, ^Poètes et néorosés, p. 26, Hacliette, 1907.
d'hyperacousie (J. de Goncourt cité plus haut) et d'audition colorée (Sonnet de Baudelaire).
Maupassant lui-même est venu donner la douloureuse confirmation de son dire : Si l'on en croit les divulgations parvenues à la presse relativement au délire de l'illustre écrivain, il présentait lui-même des symptômes analogues, aux phénomènes qui nous occupent; c'était en quelque sorte Pidéation colorée dont parle Suarez de Mendoza, mais avec le délire en plus.
Qu'on en juge par cet extrait d'un article documentaire le concernant avant sa mort.
« Son cerveau lui semble veuf d'idées. C'est une sensation qu'il éprouve, persistante, très nette. Il a conscience qu'un vide s'est produit. « Où donc sont mes pensées ? », demande-t-il. Il cherche, comme il chercherait son mouchoir ou sa canne. Il cherche autour de lui, furette' s'impatiente, inquiet, tourmenté : « Mes pensées ! N'avez-vous point vu mes pensées ! »
« Elles sont sorties, elles vagabondent, elles Pont quitté. Il en a un chagrin d'enfant qui aurait égaré un jouet. Il pleure comme les tout petits pleurent leurs tout petits chagrins;
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c'est une plainte très douce que des larmes, vite séchées, accompagnent... Puis il boude, se fâche, fait la moue... <x Je veux mes pensées!... »
« Tout à coup, il sourit. Son visage respire la joie, le parfait contentement, il est radieux. Il les a retrouvées. Elles sont autour de lui. Ce sont des papillons, dont il poursuit le vol fantasque.
« Ces papillons sont variés à Vinfini et de teintes correspondante leur sujet : papillons noirs pour la tristesse ; papillons roses pour la gaîté; papillons d'or pour la gloire. « Oh, le beau rouge, s'écrie-t-il, c'est la pourpre des sanglants adultères! »
« Et le voilà redevenu le créateur d'antan, emporté par son imagination, brodant sur un thème inventé,
« L'action se déroule, abondante et logique, brossée dans un admirable décor. Des passions humaines palpitent ainsi qu'autrefois sous l'effort évocateur d'un style qui garde jusque dans ce délire sa savoureuse netteté.
Mais c'est un vol de papillons. Ses idées sont ces charmants ailés dont l'espace se peuple à ses yeux seuls. Ce sont eux qui nouent et dé-
nouent l'intrigue, appelés l'un après l'autre. c II me faut le bleu pour cet amant qui se désole. Où est donc le bleu?... Ah le voici ! x> Il fait le geste d'attraper le volage en ses doigts, .le saisit délicatement, par ses ailes diaphanes, et le pose, toujours en imagination, près d'un papillon d'une autre couleur nécessaire pour l'enchaînement des idées ».
Avant sa maladie Maupassant avait dans la Vie errante étudié l'audition colorée au point de vue esthétique en affirmant son importance 1 .
Tels sont les principaux documents, puisés dans la littérature, que nous avions à rappeler.
D'un point de vue scientifique. M. Sokolov a présenté deux observations de ce qu'il appelle Vindividuation colorée 2 . Il s'agit de a représentations chromatiques qui reprodui sent en couleurs des individualités humaines des caractères, des qualités intellectuelles et morales », sans jque les qualités extérieures interviennent aucunement.
i. Vie errante, p. 10 à 15. Olleadorff, 1890.
2. Vindividuation Colorée, par Sokolov. Revue philosophique, janvier 1901, p. 36. (10 p.) Analyse in Revue Neurologique, 1902, p. 235.
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Chez madame Ch..., les hommes de grand talent évoquent une couleur bleue ; la couleur jaune caractérise Pabsence de qualités intellectuelles. Autant d'individus d'ailleurs, autant de couleurs ou de nuances différentes.
Ces couleurs se présentent sous forme de nuages colorés qui affectent toujours la forme de l'Afrique et qui, bien que très épais ne dérobent cependant rien à la vue.
Chez madame K... l'auteur observe des phénomènes analogues. Chez elle, cependant, les représentations chromatiques a ne sont localisées nulle part et n'existent qu'à l'état d'images mentales informes », ce qui est à peu près l'idée abstraite de la couleur. De même que la perception de qualités morales évoque des couleurs, la vue de couleurs évoque l'idée de qualités morales. Chez madame K..., ces phénomènes semblent d'ailleurs le résultat d'une habitude volontaire.
Enfin, M. Sokolov a observé madame A...
et madame J..., qui attribuent des couleurs aux œuvres des poètes et des écrivains.
Ces phénomènes seraient dus à une : « Imagination très vive, type visuel prépondérant, esprit absolument concret, incapable d'opé-
rer avec de pures abstractions, s'attachant à les traduire en formes intuitives et sensibles ». — Ce sont là des « singularités et anomalies inoffensives », non des stigmates morbides: Madame J... est la seule qui soit atteinte d'une maladie mentale.
Ces phénomènes s'expliquent par le jeu spontané des associations soit de contiguïté (couleur des vêtements, d'un objet voisin, etc.), soit surtout de ressemblance : en particulier, les ressemblances qui jouent ici le plus grand rôle paraissent être les ressemblances des relations soit idéales, soit émotionnelles. Dans le premier cas rentre madame K... : il y a chez elle, analogie entre le degré de condensation d'une couleur et le degré de condensation ou de concentration des qualités intellectuelles d'un homme. Au second type appartient madame X,... : gens et couleurs éveillent en elle une impression émotionnelle analogue, qui est leur lien associatif : les gens qui lui plaisent le plus évoquent la couleur qui lui plait le plus, le lilas, etc.
Si ces jeux étranges do l'imagination ne disparaissent pas comme tant d'autres asso-
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ciations baroques, c'est a priori qu'ils remplissent — ou ont rempli — une fonction utile, savoir : Yaperception symbolique. Ils permettent, en effet, « de comprendre et d'exprimer, sous la forme concrète et saisissable d'une couleur, la conception très compliquée et très abstraite d'une individualité humaine ».
M. Sokolov, enfin, tente d'expliquer de la même manière les phénomènes d'audition colorée qui nous occupent. La perception d'une voyelle renferme, outre le son, l'image du signe graphique, des sensations musculaires, des idées et des souvenirs confus, de faibles émotions. Or c'est ce tout indivisible et caractéristique, non l'élément auditif seul, qui est symbolisé par une couleur. Ainsi « tous les phénomènes d'audition colorée — excepté peut-être quelques formes embryonnaires et rudimentaires — ne sont en réalité que des cas d'individuation colorée ».
Nous devons aussi examiner les cas d'audition et de représentation colorées réversibles, que M. L. Azoulay ! , a présenté à la Société
1. Azoulay. — Un cas d'audition colorée et de représentations colorées réversibles. — Comptes Rendus hebdomadaires des Séances de la Société de Biologie (1904, LVI), n« 1, janvier, 24-25.
de Biologie. En voici dans l'intéressante relation.
« Madame A..., âgée aujourd'hui de quarante-deux ans, a présenté dans son enfance les phénomènes curieux que nous allons relater.
€ Chaque fois qu'elle entendait prononcer, prononçait elle-même ou lisait le nombre trois, elle voyait aussitôt une bande rouge passer devant ses yeux.
« Les mêmes faits se reproduisaient et dans les mêmes conditions pour le nombre quatre ; mais la couleur de la bande était bleue dans ce cas.
« J'ajouterai que la vue de la couleur rouge lui était fort désagréable, tellement même qu'elle évitait de porter ses regards sur des objets groupés au nombre de trois, qu'elle fuyait aussitôt les conversations ou les lectures où il s'agissait du nombre trois, ce nombre provoquant aussitôt l'apparition du rouge. Elle prenait, bien entendu, les mêmes précautions pour ne pas prononcer ce nombre ou y penser.
« La couleur bleue produisait au contraire »ne impression très recherchée. Pour éprou-
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ver le plaisir de voir du bleu à volonté, cette dame, alors enfant, répétait inpetto le nombre quatre très souvent dans la journée. Lorsqu'elle s'amusait, il ne lui serait jamais venu à l'idée, dit-elle, de couper du papier ou de l'étoffe en trois, ce qui lui aurait été pénible et aurait provoqué l'apparition du rouge. Elle les coupait toujours en quatre, d'où la vision agréable du bleu.
a Ces phénomènes d'audition et de représentation colorées limitées aux seuls nombres trois et quatre et aux couleurs bleu et rouge étaient réversibles La vue des couleurs faisait immédiatement penser aux nombres correspondants ; mais cette réversion était moins intense que le phénomène direct et ne s'accompagnait pas d'hallucination auditive.
« Les faits précédents ont commencé à se produire vers cinq, ans, sans cause connue ; ils ont cessé vers douze ans, à la suite, assure cette dame, d'efforts pour se débarrasser de cette « obsession ridicule ». A seize ans, en effet, la couleur rouge était devenue agréable à son tour.
« Il est impossible actuellement de savoir
si le point de départ en a été dans le nombre ou dans les couleurs.
« Les caractères psychologiques de cette dame sont les suivants : elle a été toujours extrêmement sensible aux couleurs et à leur harmonie ; bien que musicienne, elle préfère de beaucoup les concerts de couleurs.
c< Elle est d'un tempérament parfaitement calme et d'un esprit logique, pondéré. Son père ainsi qu'une partie de ses frères et sœurs avaient de grandes facilités pour les mathématiques.
« Ces détails permettent à la rigueur d'expliquer les phénomènes ci-dessus décrits.
« Il serait en effet raisonnable de penser que, douée d'une grande sensibilité pour les couleurs, cette dame ne pouvait aimer, en raison de son tempérament très calme, qu'une couleur considérée généralement comme paisible, déprimante même, c'est-à-dire le bleu. Son aversion pour le rouge, irritant, s'explique de même.
« Il serait encore loisible de croire que son esprit logique, pondéré, et sa parenté avec des mathématiciens ont déterminé son affection pour quatre, nombre parfait, facilement
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divisible et l'un des premiers pour un enfant, et son horreur pour trois, nombre « illogique, asymétrique ».
« L'on pourrait concevoir, enfin, qu'en raison d'une organisation cérébrale particulière ces affections et ces aversions intenses aient pu s'associer et provoquer les phénomènes d'auditiçn et de représentation colorées avec leur réversibilité.
a Nous donnons cette interprétation pour ce qu'elle vaut; nous croyons cependant que dans tous les cas semblables il sera fort utile de connaître les caractéristiques physiologiques de l'individu et de sa parenté ».
Mais peut-être une cause bien plus simple, comme l'a suggéré M. Nageotte, a-t-elle présidé à la genèse des phénomènes décrits plus haut; à la suite d'un trois et d'un quatre colorés respectivement en rouge et en bleu, sur un abécédaire ou quelque chose d'analogue. Cette dame, alors enfant et très sensible à ces deux couleurs, aurait pu en être frappée. Une association d'idées intense se serait dès lors établie, et pendant longtemps l'un quelconque des deux nombres aurait évoqué la couleur correspondante et inversement.
Interrogée sur ce point de façon indirecte, bien entendu, pour éviter toute fausse mémoire, cette dame a répondu n'avoir appris à lire qu'à sept ans passés, par conséquent J>ien après l'apparition des phénomènes, et être convaincue qu'il n'existait pas chez ses parents de pareils abécédaires.
Vu l'éloignement des faits, ces affirmations n'excluent pas d'une manière absolue l'interprétation précédente.
Les phénomènes relatés plus haut rentreraient alors dans l'immense catégorie des associations d'idées qui, nées d'un concours de circonstances fortuitement surtout pendant enfance chez des personnes très sensibles, se reprodmsent ensuite avec l'intensité de la veX e r n . tie ' ] ° rS de la P^eption ou du sou- Une l a 8ensation 9 ui les » a créées.
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fille de cinq ans, ne sachant pas lire, si les lettres entendues lui paraissaient colorées. Sur sa réponse affirmative nous avons noté que :
Suzanne voit A rouge
E jaune feu I blanc O noir U rose i est blanc comme I et zéro noir comme O Plus d'une année après, notre petit sujet ayant appris à lire dans un abécédaire analogue à tous ceux qu'on met entre les mains des enfants, nous avons constaté que Suzanne voyait toujours les lettres colorées de la même façon. Ajoutons qu'il s'agit d'une petite fille sans tare nerveuse et que personne dans sa famille ne présente le phénomème de l'audition colorée.
Quelles hypothèses peuvent, en résumé, tentçr l'explication des faits d'audition colorée dont nous venons de parler? Nous rappellerons à ce propos un article de Mari an*, analysé avec assez de détails par M. Cl. Charpentier dans le Journal de psychologie. Quatre hypothèses ont été émises :
i° Embryologique. — Elle résulterait d'une différenciation incomplète entre le sens de la vue et celui de l'ouïe; ce serait un phénomène atavique remontant à l'époque où la discrimination des sens ne s'était pas encore produite et où dans le protoplasma tout était réuni ensemble (Vignoli).
2° Anatomique. — Il existerait des anastomoses entre les centres cérébraux des sensations visuelles et auditives, de sorte que quand il percevrait un son, le centre auditif entrant en rapport avec le centre visuel, donnerait sensation d'une couleur (Lussana). — Les photismes seraient, alors, fréquents parmi les peuples moins évolués et représenteraient un état d'infériorité destiné à disparaître.
3° Physiologique ou de l'irradiation nerveuse. — L'excitation d'une sensation a sur les autres sensations une influence qui dépend du territoire sensitif dans lequel elle prend origine, et varie suivant l'intensité de la sensation provoquée originairement avec des différences individuelles (Fechner).
4° Psychologique ou de l'association. — (Associations effectives de Flournoy). L'association entre deux représentations se produit non
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par leur rencontre régulière ou fréquente dans la conscience, mais par suite (Tune analogie de leurs caractères émotionnels. Cette dernière hypothèse est la plus satisfaisante et elle est universellement acceptée ! .
Cependant ajoutons que nous avons nousmêmes cité plus haut un cas d'audition colorée dans lequel le phénomène semblait dû à une lésion des cônes et des bâtonnets.
Nous avons vu que l'audition colorée est un phénomène fréquent.
Ajoutons, à titre statistique que Lemaitre Fa constatée chez des enfants dans 30 cas pour cent. Philippe dans 12 cas pour cent. Blender et Lehman dans 12,5 cas pour cent chez les adultes. — Elle disparaît avec l'âge, ce qui semble confirmer la théorie atavique. D'après Lemaitre elle serait Pindice d'une intelligence précoce et d'une santé saine, et d'après d'ABUNDO elle représenterait au contraire un pas en arrière dans l'évolution physiologique;
4. Journal de Psychologie, Juillet-Août 1907, 4« année, n° 4, Sensations et mouvements, pages 367 à 369. Un cas d'audition colorée. — (Un caso di audizione colorata) par Mariani. Extrait des : t Ricerche e studi di Psic chiotria. Neurologia antropologia et filosofia, déc diées à Enrigo Mobsblli » à l'occasion du 25 e anniversaire de son enseignement. Milan, 1906, Francesco Vallardi.
elle serait un phénomène de dégénérescence.
Mariani en a observé un cas chez un fou moral de bonne famille et un cas chez un homme de quarante ans parfaitement normal.
Cet homme parle volontiers du caractère du phénomène qu'il présente, quoique souvent on Paccuse de mensonge. On trouvera dans le tableau ci-joint, quelques-unes des associations constatées chez lui, apparues dès l'âge de huit ou neuf ans et qui l'ont frappé nettement à vingt ans (voir tableau ci-contre).
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Tableau de Mariani
B Tin
G paille
D gris brun
F noir
H gris clair
G jaune
L café au lait
M noir
N noir
P obscur
Q gris
R noir
3 vert
Y marron clair
Z ronge pale
Lundi, blanc Mardi, gris clair Mercredi, noir Jeudi, jaune Vendredi, vin pale Samedi, ronge Dimanche noir
Janvier jaune
Février noir
Mars gris
Avril azur pâle
Mai, jaune pâle sur fond noir
Juin, jaune peu chargé
Juillet, jaune or
Août, vert sale et indécis
Septembre peu décidé
Octobre café au lait
! tâche de vin séchée sur une nappe.
Décembre gris nuagenx
Maddalena, gris obscur
Emilie, gris clair
Alfredo, noir
Carlo, café au lait
Adalgisa, vert sur champ jaune
Alberto, cendre
bleu pale sur champ
noir.
Novembre <
Mariani,
Blanc, noir Rouge, vert Vert, jaune sale Noir, noir Gris, jaune Rose, vert Jaune entouré d'or
Turin — noir
Milan — noir fond gris
Salerne — vert
Gênes — jaune fond noir
Vérone — vin clair
Cuneo — clair
vert sur
Alexandrie —
champ noir
Saveurs et odeurs. Néant Diphtongues. — aucune couleur spéciale mais la couleur des cons -nnes qui les composent.
l Diverses couleurs — Du gri$ obscur (il) au gri* clair (18) } de la <
16 vert 30 gris obscur 40 noir 50 jaune clair 60 gris clair 70 noir sale 80 quasi vert 90 vinasse 100 gris noir
i couleur vin (12) à la couleur maxte vintuic (20)
Dans ce tableau, les couleurs sont données par les consonnes et non pas par les voyelles.
Les nuances sont abondantes et suivent une graduation qui se rencontre pour les consonnes où la prononciation présente quelque ressemblance (V. — P. — 6. — C). — Beaucoup de consonnes évoquent la même couleur (M. — N.
— R. — F.) (D. — H. — Q.). — Il manque beaucoup de couleurs. (Indigo, — violet, — orange); mais il y a beaucoup de richesse dans la superposition de plusieurs couleurs (Milan,
— Gênes, etc.) La coloration est donnée au son et non à la vue; dans les noms propres, c'est la consonne qui donne les couleurs :
{Turin R.) — Gênes (G. N.) —De même dans sacer dotes qui donne : — vert jaune sur champ noir (S. C. R.).
Pour les mots qui ont une coloration arbitraire, aucune consonne nfc correspond (photisme non alphabétique).
Nous avons cru qu'il serait utile, en terminant ce sujet et avant quelques brèves conclusions, de réunir en un tableau synoptique les principales auditions colorées relevées par les auteurs. Nos lecteurs y trouverons tous les cas qui méritent de rester classiques sur la question.
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