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I. Encyclique du pape Pie IX, du 21 mars

des horizons nouveaux pour son intelligence. Les merveilles de l'ordre matériel, soit dans les montagnes du Morvan ou de la Suisse, soit sur les bords de TOce'an, lui redisaient la honte et la grandeur de Dieu ; il aurait voulu donner cet amour surnaturel à ses élèves. Laissant à d'autres le soin de la botanique, il se chargea du cours et des promenades de géologie, augmenta nos richesses minéralogiques, et agrandit le cercle de ses correspondaaces avec les géologues les plus distingués ; à son amitié avec M. Brongniart le muséum de Paris doit des échantillons d'une valeur scientifique remarquable.

M. Landriot aimait la science, mais par-dessus tout il aimait TEglise, et son âme sacerdotale se préoccupait avant tout de la prospérité des oeuvres ecclésiastiques. Toute sa vie en fait foi, car elle fut tout entière consacrée au Seigneur pour continuer la mission du Précurseur : Parare viam, Domini. Simple minoré, dès qu'il jouit de sa petite fortune, il en consacra le superflu à l'œuvre du sacerdoce, et de ses deniers il paya la pension de deux élèves au petit Séminaire, et dans ses dernières volontés il léguera une large part de son patrimoine à cette maison diocésaine. Evêque, lorsqu'il apprendra les malheurs de Pie IX, un des premiers il établira dans son diocèse le Denier de saint Pierre et lui

donnera Inorganisation de la Propagation de la Foi ; à un personnage éminent, qui re'clamera pour une circonstance religieuse le secours de son talent, il répondra que sa parole et sa plume seront toujours au service de l'Eglise et non d'un parti. Or, lorsqu'il e'tait supérieur, sa vie, sa parole, sa plume, son cœur, furent complètement au service de cetto jeunesse du Séminaire. 11 n'oublia point le but de sa mission : préparer de bons prêtres à l'Eglise, de solides chrétiens à la société, parare viam Domini. Sa pensée de faire entrer dans le programme de nos classes l'étude des saints Pères montre qu'il entendait le vrai côté de l'éducation : atteindre l'àme et le cœur des enfants. Ses lectures spi;'ituelles, toujours nourries de la substance des grands docteurs, des préceptes de saint François de Sales sur la piété, fortifiaient l'enseignement chrétien, et aux exhortations publiques il joignait souvent les entretiens cœur à cœur. Il voulait inspirer à ses enfants une piété franche, aimable et forte.

En 1847, il publia les Conférences sur les Lettres ; ce premier ouvrage, qui dénote déjà l'écrivain supérieur, témoigne de son zèle sur ce point important. Il veut que l'on cultive la science, il veut qu'on l'aime comme les saints Pères l'ont aimée, parce que toute science est lumière et que toute

lumière mène à Dieu, mais il rappelle avec instance que les lettres et les sciences ne sont rien sans la prière, sans la pureté du cœur, sans la piëtë en un mot.

A partir de 1847, la santé de M. Landriot devint chancelante ; pendant trois mois, elle fut sérieusement atteinte. Mgr d'Héricourt, qui veillait toujours sur lui avec une vive sollicitude, le nomma chanoine titulaire avec résidence à TEvêché ; Sa Grandeur connaissait d^ailleurs le tact et l'expérience de M. Miller, alors directeur. M. le supérieur se réiablit et revint prendre la direction de son Séminaire. Ses fatigues, peut-être aussi une aspiration vers la vie du cloître, lui firent demander avec instance la permission de résigner ses fonctions ; Monseigneur la lui accorda à regret.

M. Landriot avait tenu cette permission secrète pour ses collaborateurs qui en auraient été vivement peines, et au mois d'août 1850, accompagné de deux amis fidèles, il partit pour l'Italie d'où il revint au printemps de 1851.

Pendant son séjour prolongé dans la ville éternelle et dans la Péninsule, il lia des relations avec les cardinaux et toutes les illustrations qui se trouvaient à Rome. Il aimait à se rendre compte de ce qu'il voyait, de ce qu'il entendait ; aussi il rapporta de ce voyage une grande connaissance des hommes et des choses qui fut souvent pour lui un motif de prudence et de conciliation.

Chanoine, vicaire général honoraire, évêque et archevêque, le supérieur qui nous quittait nous restait uni intimement ; il demeura notre ami ; nos joies et nos douleurs étaient ses joies et ses douleurs ; son intelligence des affaires, sa connaissance des hommes et son expérience nous furent souvent utiles.

La loi de 1850 sur renseignement donnait aux petits Séminaires le droit de couronner leurs ëtudes par la philosophie. Le concile de Lyon où siégeait Mgr d'Hëricourt, le concile de Clermont dont Mgr de Marguerye était membre, avaient émis énergiquement ce desideratum que Sa Grandeur tenait à réaliser à Autun : il fallait briser des habitudes, modifier des usages ; M. Landriot seconda ce projet de son affectueuse et puissante influence.

Préconisé évêque de la Rochelle le 7 avril 1856, sacré le 20 juillet, Mgr Landriot dut s'éloigner de nous ; les regrets les plus sincères raccompagnaient ; mais il était une de ces natures dont la distance ne fait que fortifier Taffection. Sur les bords de la mer, comme à Reims, il aimait à ae reporter sous nos beaux ombrages, à nous suivre dans nos promenades ; il aimait à recevoir des nouvelles de la Bourgogne, il en voulait de son petit Séminaire. Ses compatriotes qui le visitèrent se rappelleront toujours avec quel bonheur il les recevait et leur procurait la plus agréable hospitalité, avec quelle délicatesse il savait les honorer. Il avait le talent de ménager des surprises qui doublaient le prix de ses bienveillantes réceptions. Les photographies qui lui représentaient Timage de cette maison faisaient le principal ornement de

son cabinet de travail ; les plantes qui pouvaient faire revivre le souvenir d'une promenade dans nos montagnes occupaient une place spéciale dans son jardin. Dans les voyages qu'il faisait à Autun, une de ses premières visites était pour le petit Séminaire ; il voulait s'agenouiller aux pieds de la Vierge du jet d'eau, revoir ses amis, les serviteurs fidèles qu'il avait laissés, tous les lieux qui lui parlaient du passé.

11 nous revint pendant les vacances de 1864. Soixante de ses amis, prêtres et laïques, réunis dans notre beau réfectoire pour lui souhaiter la bienvenue, lui procurèrent une de ces satisfactions de cœur qu'il n'oublia jamais.

En 1867, il venait de prendre possession du siëgô archiépiscopal de Reims i , et comme prélat assistant il se trouvait au sacre de son successeur à la Rochelle ; il était un des liens de ce funiculus triplex dont Mgr Mermillod était le nœud gracieux.

Le 19 mai de cette même année eut lieu notre première communion. Mgr Thomas voulut bien donner au petit Séminaire une preuve de la bienveillante affection qu'il a toujours eue pour nous ; il vint dire la messe, distribua le pain des Anges à des anges de la terre et administra le sacrement

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