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Inscription du monument au cimetière d'Autun

S7 et à la bénédiction du monument. Mgr Landriot était là pour pleurer et prier avec nous. En présence de ce tombeau, de cette assistance attriste'e, Son Excellence prononça ces paroles émues :

Je remercie la Providence de m'avoir confié une double tâche : la première, il y a vingt-liuit ans, était de contribuer par ma parole et mon affection à vous établir comme une des pierres fondamentales de cette maison, dont vous avez fait en grande partie la joie et la gloire Je devrais peut-être parler ici de tout le bonheur et de toute la consolation que vous m'avez donnés pendant les huit années de mon supériorat ; mais il est des souvenirs de cœur qu'il vaut mieux laisser simplement entrevoir, sans les expliquer ni les taire e.itièrement. Le second devoir qui m'était réservé est de verser une dernière larme et une d rnière parole sur votre tombe. J'avoue que, quelque triste que soit pour moi cet honneur, mon cœur y tenait par-dessus tout, et j'ai accepté avec empressement l'invitation que m'a ménagée une pensée délicate et affectueuse. Je vous devais ce dernier témoignage de mes sentiments; je le devais à votre tendre et si constante affection pour moi, affection que rien n'a pu ébranler, que rien n'a pu diminuer, ni le temps qui ronge tout, ni la distance, ni ces circonstances délicates où les jugements des hommes sont si variables et si incertains. Toujours vous avez été pour moi l'ami fidèle et sûr, dont l'œil perspicace comprend et devine, parce qu'il connaît et qu'il aime. — Je le devais au Séminaire d'Autan, dont la pensée me sera toujours si chère, et dont je partage tous les succès et toutes les douleurs ; je le devais peut-être à nos enfants et à nos amis communs. Je le devais aux

pères et aux mères de toutes les générations que vous avez élevées. Ils ont témoigné par leur douleur, au jour de vos funérailles, que votre mort était un deuil public ; ils témoignent tous les jours par leurs regrets mélangés- de tendre affection et de reconnaissance, que vous étiez devenu, par votre paternité spirituelle, comme un membre de leur famille. — Ce m'est donc une douce joie, joie voilée par la tristesse d'un profond regret, ce m'est une joie toute de cœur de redire encore en cette vénérable assemblée que votre mémoire sera impérissable dans cette maison, que les sueurs de votre vie ont été et sont encore une semence féconde, et que vos enfants célèbrent partout dans le diocèse votre zèle, votre intelligence, votre dévouement, vos vertus sacerdotales et la bonté de votre cœur si paternel, i

Cette douloureuse cérémonie terminée, trois cents anciens élèves se réunirent au petit Séminaire dans un banquet fraternel : la pensée des réunions périodiques surgit; Mgr Landriot y souscrivit de tout cœur. L'Association fraternelle prenait naissance près d'une tombe et recevait la consécration de Nosseigneurs d'Autun et de Reims ; elle était fondée. Les événements devaient en retarder la première réunion jusqu'en 1872.

L'occupation allemande, si pénible au cœur patriotique de l'archevêque de Reims, avait cessé : il

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