C, — ADMINISTRATION DES SACREMENTS
L'aumônier militaire aura ‘très-rarement l'occasion d’administrer le sacrement du baptême. Nos pasteurs n’ont baptisé qu'un enfant en Crimée (2). Pendant deux ans et demi de séjour en Extrême-Orient, nous en avons baptisé deux: un à Hanoï et un à Saïgon, en revenant du Tonkin : ce sont des enfants de négociants protestants qui y sont peut-être encore et qui, hélas! y grandissent sans culte!
Mais il serait bon, aux avant-postes comme ailleurs, de donner quelquefois la Sainte-Cène. Malheureusement les soldats n'éprouvent pas souvent le besoin d'y participer.
À Tuyen-Quan, le dimanche avant Noël, nous priâmes les soldats qui désiraient communier de vouloir bien nous en parler avant la fête. Pas un ne vint! Nous ne dressâmes pas la Sainte-Table. Nous l'avons regretté plus tard. Car, lors même que nous aurions été seul à rompre le pain, il aurait fallu donner à ceux qui nous voyaient ce témoignage de notre foi.
(1) Esaïe xL, 1 . (2) Recueil; Lettre de M. Rœhrig, avril 1855.
Cependant, à Hanoï et à Phu-Lang-Thuonpg, plusieurs soldats nous ont demandé la communion sur leur lit de mort. Nous ne l'avons jamais offerte aux malades, mais nous ne l'avons jamais refusée à ceux qui nous l'ont demandée après avoir eu un sérieux entretien avec nous.
M. Rœbhrig a eu la joie aussi de donner la Cène à quelques malades en Orient (1).