ACTE DEUXIEME
AQUILAK.
Et j'ai bien peur aussi que vous ne trouviez pas ici un grand choix de maris pour elle !
LE GÉNÉRAL
Un tas d'abrutis !
Au contraire, à Paris, dans la haute société, au mii^lieu de laquelle vous seriez lancé, elle aurait épousé...
LE GÉNÉRAL
Qui elle aurait voulu, parbleu!... (Dôcouragô.) Ah! [pourquoi n'êtes- vous pas venu plus tôt?
AQUILAR.
Ecoutez, général, ne .vous désespérez pas... La [partie n'est peut-être pas encore absolument perdue.
LE GÉNÉRAL, vivement.
Vraiment, vous croyez ?
AQUILAR.
Je rentre directement à Paris. Je verrai ces mes- ;sieurs.
LE GÉNÉRAL, avec élan.
Ah! clier ami... Goinmenl vous remercier?
AQUILAR.
Ne me remerciez pas encore... Rien n'est fait... loin de là... Nous étions presque engagés avec le général d'Essonnes.
LE GÉNÉRAL, vivement.
Vous savez qu'on m'a toujours reconnu certaines qualités d'adMiinistratcui". Je ne voudrais, à aucun prix, avoir l'air de débiner un collègue, mais enfin d'Essonnes était plutôt connu comme un officier de parade.
iî L'AURÉOLE
Je sais... je sais... Nous sommes très renseignés.
LE GÉNÉRAL
Qu'est-ce qu'il y aurait à faire, en somme, dans votre Conseil d'Administration^ si j'avais la chance d'avoir la place ?
AQUILAR.
Gela dépend!... Vous pourriez vous charger principalement de la surveillance du personnel.
LE GÉNÉRAL
Bien 1 bien I C'est assez mon affaire, cela. Quand on a commandé deux régiments, on peut bien faire marcher quelques bureaucrates.
AQUILAR.
C'est d'ailleurs là-dessus que je me baserai, pour appuyer votre candidature.
Il se lève.
LE GÉNÉRAL
Vous partez déjà ?
AQUILAR.
Je crois que mon train est à cinq heures un quart.
LE GÉNÉRAL
Cinq heures vingt-cinq, exactement. Je sais cela, parce que je vais voir passer le train tous les jours, maintenant. C'est une de mes distractions favorites! Vous avez encore vingt minutes. Du reste, je vais
vous accompagner jusqu'à la gare, (a Constance, qui
rentre.) Vous direz à mademoiselle que je ne rentrerai que pour dîner.
CONSTANCE
Bien, monsieur.