CONSTANCE, EMILIE
EMILIE, reparaissant.
Quel est le monsieur qui vient de sortir avec le général ?
CONSTANCE
Je ne sais pas, mademoiselle.
EMILIE^ très aigre.
Vous ne savez jamais rien ! Il me semble cependant que quand un étranger vient chez moi, on pourrait me faire appeler.
CONSTANCE
Ces messieurs ont parlé d'affaires.
Tout le monde se cache de moi, ici I Le père pour ses affaires... la fille pour ses folies. C'est vraiment bien la peine de se dévouer pour sa famille ! (changeant de ton) Je vais au salut, et puis je ferai un tour à la musique. (Allant à la fenêtre.) Il coiumence à y avoir
beaucoup de monde sur le cours ! (Revenant vers la
bonne.) Nous aurous pcut-être quelques personnes ce tantôt... Vous n'oublierez pas d'enlever les housses.
CONSTANCE
Bien, mademoiselle.
EMILIE
Et VOUS servirez, comme dessert, les petits gâteaux de dimanche dernier.
CONSTANCE
Mademoiselle Germaine les a tous donnés à son chien.
EMILIE, sursautant.
A son chieni Des petits fours de chez Boudeux ! J'aime mieux sortir, je lui dirais des sottises, (sortant ) Pensez aux housses 1
CONSTANCE
Mademoiselle peut être tranquille.
EMILIE, déjà sortie, revenant.
Et l'abat-jour, que j'oubliais! (Elle enlève l'abat-jour qui est sur la lampe et le remplace par un abat- jour en dentelles, qu'elle est allée prendre dans une armoire. Puis elle sort,
indignée.) Des petits foul's à son chien !
CONSTANCE
Voilà ! Elle va à la promenade et moi je reste à travailler !
Elle s'assied devant la porte-fenêtre qui donne sur la rue.