ACTE DEUXIEME
d'albigny.
Es-tu sûre de cette Jjonne, qui m'a vu?
GERMAINE
Gomme tu as peur !
d'albigny.
J'ai peur... oui... pour toi.
GERMAINE
Bah! Puisque lu es là!... Mais pourquoi me laisser sans lettre ? Je devenais folle, tout simplement.
d'albigny.
En effet, tu m'as écrit des choses tout à fait déraisonnables, et je suis venu pour essayer de remettre un peu de bon sens dans cette petite cervelle affolée.
GERMAINE
Pardonne-moi! Mais j'étais si inquiète !... Etais-tu malade... absent... enfin, raconte !...
d'albigny.
J'étais absent. Mon père m'a obligé de faire un voyage d'affaires. Il veut que je m'occupe de l'usine, puisque j'ai quitté l'armée.
GERMAINE
C'est vrai ! Tu as donné ta démission... sans me consulter!... Cela m'a fait beaucoup de peine!... Pourquoi ne me l'as-tu pas écrit ?
d'albigny.
Je n'ai pas osé... On pouvait ouvrir tes lettres.
Le fait est que je suis comme une prisonnière, dans cette affreuse petite ville ! .. Je suis malheureuse et triste... ah! triste à mourir... Je t'en prie, emmènemoi bien vite !... As-tu parlé à ton père ? A quand, notre mariage ?
d'albigny.
Je vais t'expliquer... (Très embarrassé.) Si tu savais ?
GERMAINE
Quoi ?
d'albigny.
Eh bien, voilà... Mon père n'est pas encore très décidé... il cherche des difficultés. Il prétend qu'il avait d'autres projets pour moi...
GERMAINE
Bref ?
d'albigny.
Bref, 11 refuse son consentement.
GERMAINE, atterrée.
Ton père, refuser!... Mais ce n'est pas possible!... Voyons, Henri, ce n'est pas possible... (Réfléchissant.) A moins que tu ne lui aies dit que j'étais (Très bas.) ta maîtresse?...
d'albigny, vivement.
Pour qui me prends- tu?
germaine.
Alors?
Alors, je ne sais que faire...
germaine.
Gomment, tu hésites ?
d'albigny.
Non, mais je pense que nous ferions peut-être mieux d'attendre... d'attendre quelque temps, pour le laisser revenir peu à peu à de meilleurs sentiments.
germaine.
Atteiidre... attendre encore?... Mais je n'en peux