‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 125 sur 240 · PRÉDÉCESSEURS · texte numérisé non relu

PRÉDÉCESSEURS

Dans la biographie d'Empédocle, il est très peu question de sa théorie de la nature. Tout ce que nous y trouvons, ce sont quelques indications sur ses maîtres. Alcidamas, qui était bien placé pour se renseigner, fait de lui un condisciple de Zenon sous Parménide. Cela est à la fois possible et probable. Théophraste. lui aussi, le déclarait élève et

1 Voir M Wellmanu, Fragmentsammlung der griechischen Aerzie, vol I (Berlin 1901). Suivant Wellmann, Platon (dans le Timee) et Diodes de Carvste dépendent tous deux de Philistion. Il est impossible de comprendra l'histoire de la philosophie à partir de ce moment sans avoir constamment à l'esprit l'histoire de la médecine.

■2 Sur les quatre éléments, cf. Anon. Lond. XX. 25 {latrika de Ménon): *àic~Amv 8' o-exai èx 8' ISeôv auv^oràva-. ^dc, toOt' U-v> ex 8 aTOtxeic"vicupiç, aÉpoç, GSatoc. y^î- elvai 8è /al éxiaxoo S^va^teiç, xoû uev iropoc t« ^spuév, TOO 8è i^po; r'o 'Mp^V' -'- S^ "Saroc ro «Tpov, ttjç o. y^î ^o îr^po.. Sur la théorie de la respiration, voir Wellmann, p. 82 sq., et sur le cœur comme siège de la conscience, ibid. p. 15 sq.

3 Hippocr. nspt Upr); v6<J0u, c. 1 : \>.i-{Oi te /at xaUpzai xa'i àXôCoveç. H faut lire tout le passage. Cf. Wellmann, p. 29 n.

imitateur de Parménide. Mais il ne peut pas être vrai qu'il ait «entendu» Pythagore. Alcidamasa vraisemblablement dit : « les Pythagoriciens^ ».

Quelques écrivains prétendent que certaines parties du système d'Erapédocle, en particulier la théorie des pores et des eiïluves (§ 118), qui ne paraissent pas découler très naturellement de ses propres principes, sont dues à l'influence de Leucippe ". Tel n'est pourtant pas nécessairement le cas. Nous savons qu'Alcméon (§ 46) parlait de a pores » à propos de la sensation, et ce peut tout aussi bien être à lui qu'Empédocle emprunta la théorie. On peut ajouter que cela s'accorde mieux avec l'histoire de certaines autres opinions physiologiques communes à Alcméon et aux philosophes ioniens postérieurs, — opinions qui, à ce que nous sommes généralement en mesure de constater, parvinrent en lonie par l'intermédiaire de l'école médicale fondée par Empédocle *.

cm. — Sa mort.

La tradition rapporte qu'Empédocle se précipita dans le cratère de l'Etna afin qu'on le crût dieu. Cela paraît être la version malicieuse* d'un conte imaginé par ses adhérents, et d'après lequel il avait été enlevé au ciel pendant la nuit ^

1 Diog. VIII, 54-56 (R. P. 102).

3 Diels, Verhandl. der 35. Philologenversammhing , p. 104 sq. ; Zellei% p. 767. La thèse que nous soutenons dans les chapitres suivants serait ruinée si l'on pouvait prouver qu'Empédocle fut influencé par Leucippe. J'espère montrer au contraire que Leucippe fut influencé par la doctrine pythagoricienne récente (chap. IX, § 171), laquelle fut à sou tour influencée par Empédocle (chap. VII, § 147).

3 Sur les Tiôpot chez Alcméon, cf. Arist. de Gen. An. B, 6. 744 a 8 ; Theophr. de Sens. 26 (DV 14 A 10 et 5), et sur la manière dont ses vues embryologiques et autres furent transmises aux médecins ioniens par l'intermédiaire d'Empédocle , cf. Fredrich , Hippokratische Untersuchungen, p. 126 sq.

* R. P. 162 h (DV 21 A 16). L'histoire est toujours racontée dans une intention hostile.

s R. P. ib. C'était l'histoire racontée par Héraclide de Pont à la iSn de son roman sur l'àicvouç.

EMPÉDOGLE d'aGRIGENTE 23&

Les deux histoires trouvèrent facilement créance, car il n'j'^ avait pas de tradition locale. Empédocle ne mourut pas en Sicile, mais dans le Péloponnèse, ou^ peut-être, à Thurium. Il s'était rendu à Olympie pour y réciter son poème religieux devant les Hellènes ; ses ennemis réussirent à empêcher son retour, et on ne le. revit plus en Sicile ^

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