‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 161 sur 240 · CXXIII. — Anaxagore a Athènes · texte numérisé non relu

CXXIII. — Anaxagore a Athènes

Anaxagore est le premier philosophe qui soit venu se fixer à Athènes. Nous ne devons pas supposer, toutefois, qu'il y fut attiré par quelque côté du caractère athénien. Sans doute, Athènes était en train de devenir à cette époque le centre politique du monde hellénique, mais elle n'avait pas encore produit un seul homme de science. Au contraire, le tempérament du corps des citoyens était et restait hostile à la libre recherche dans n'importe quel domaine. Socrate, Anaxagore et Aristote furent victimes, à des degrés divers, de la bigoterie de la démocratie, quoique leurs crimes fussent évidemment plutôt politiques que religieux. Ils furent condamnés non pas comme hérétiques, mais comme novateurs en matière de religion d'Etat. Comme le fait observer un récent historien, «Athènes était encore loin, dans sa période florissante, d'être un lieu où la libre recherche pût s'épanouir sans entraves ^». Voilà à quoi songeaient sans doute les écrivains qui ont représenté la philosophie comme non-grecque. Elle fut, en réalité, entièrement grecque, quoiqu'elle fût entièrement non-athénienne.

Nous avons l'autorité de Platon et d'Isocrate pour affirmer que Périclès fut l'élève d'Anaxagore*. Holm a montré avec beaucoup d'habileté que l'ambition du grand homme d'Etat était d'ioniser, pour ainsi dire, ses concitoj^ens, de leur communiquer un peu de cette souplesse et de cette ouverture d'esprit qui caractérisaient leurs compatriotes d'au delà de

' Holm, Griechische Geschichte, II, .334.

- Platon. Phèdre 269 e; Isocrate, ncpt àvTiôoosu)? 2.I5.

la mer. L'influence d'Aspasie s'exerça sans doute dans le même sens. Les Athéniens n'en furent cependant pas impressionnés et donnèrent à Anaxagore le sobriquet de

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