‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 167 sur 240 · CXXVII. — Anaxagore et ses prédpxesseurs · texte numérisé non relu

CXXVII. — Anaxagore et ses prédpxesseurs

Le système d'Anaxagore, comme celui d'Empédocle, visait à concilier la doctrine éléate — substance corporelle immuable — avec l'existence d'un monde qui présente partout l'apparence de la naissance et de la destruction. Les conclusions de Parménide sont franchement acceptées et répétées. Rien ne peut être ajouté à l'ensemble des choses, car il ne peut rien y avoir de plus que le tout, et le tout est toujours égal à lui-même (frg. 5). Rien ne peut non plus être détruit. Ce que les hommes appellent communément naissance et destruction n'est en réalité que mélange et séparation (frg. 17).

Ce dernier fragment fait presque l'effet d'une paraphrase en prose d'Empédocle (frg. 9) et il est fort probable que c'est de son plus jeune contemporain qu'Anaxagore dériva sa théorie du mélange. Le poème de l'Agrigentin fut, en effet, très vraisemblablement, publié avant le traité du Clazoménien ^ Nous avons vu comment Empédocle cherchait à sauver le monde de l'apparence en soutenant que les opposés — chaud et froid, humide et sec — étaient des choses, dont chacune était réelle au sens parménidien.

> Tel est sans aucun doute le sens des mots xoT; spyotç ûatepoç dans Arist. Met. A, 3. 984 a 12 (R. P. 150 a; DV 46 A 43); quoique l^-^a ne signifie certainement pas ml écrits » ou opéra omnia, mais simplement «travaux». Les autres interprétations possibles sont « plus avancé dans ses vues » et « inférieur dans son enseignement » (Zeller, p. 1023, n. 2).

ANAXAGORE DE CLAZOMÈNES 301

Anaxagore tenait cette explication pour inadéquate. N'importe quelle chose se transforme en n'importe quelle autre *; les choses dont le monde est fait ne sont pas « coupées avec une hache » (frg. 8). Au contraire, la vraie formule doit être : « Il y a dans chaque chose une portion de chaque chose » (frg. 11).

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