CXLIX. — L'aME, UNE «HARMONIE
La conception de l'âme comme une «harmonie», ou plutôt comme un accord, est intimement liée à la théorie des quatre éléments. Elle ne peut avoir appartenu à la forme primitive du Pythagorisme ; car, ainsi que le fait voir le Phédon de Platon, elle est tout à fait inconciliable avec
» Gow, Short Histonj of Greek Mathematics, p. 164 sq.
3 Ceci a été mis en évidence par Kinkel, Gesch. der Phil., I, p. 121.
ï Jambl. V. Pyth. 247 (DV 8, 4) Cf. plus haut, chap. II, p. 119, n. 4.
* Voir Gow, Short History of Greek Mathematics, p. 151, et les passages qui 3' sont cités, auxquels on ajoutera Sctiol. Luc. p. 234, 21 Rabe :
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l'idée que l'âme peut exister indépendamment du corps. Elle va exactement à l'encontre de la croyance que « n'importe quelle âme peut entrer dans n'importe quel corps ^». D'autre part, nous savons aussi par le Phédon qu'elle était acceptée de Simmias et de Cébès, qui avaient suivi les leçons de Philolaos à Thèbes, etd'Echécrate de Phlionte, qui était disciple dePhilolaos et d'Eurytos^ L'analyse que fait Platon de la doctrine s'accorde tout à fait avec l'idée que cette doctrine était d'origine médicale. Simmias dit: «Notre corps étant, pour ainsi dire, tendu et maintenu par le chaud et le troid, le sec et l'humide et autres choses de cette sorte, notre àme est une espèce de mélange et d'accord de ces choses, quand elles sont unies les unes aux autres convenablement et dans les proportions requises. Si donc notre âme est un accord, il est clair que lorsque le corps a été relâché ou tendu outre mesure, par les maladies et autres maux, l'âme doit nécessairement périr aussitôt^». C'est là, évidemment, une application de la théorie d'AIcméon (§96), et cela s'accorde avec les vues de l'école sicilienne de médecine. Et ainsi se trouve parfaite la preuve que le Pythagorisme de la Rn du V» siècle était une adaptation de l'ancienne doctrine aux nouveaux principes introduits par Empédocle.