PRÉDÉCESSEURS
Les systèmes que nous venons d'étudier étaient tous foncièrement pluralistes, et ils l'étaient parce que Parménide avait montré que si nous envisageons sérieusement le monisme corporaliste, nous devons attribuer à la réalité nombre de prédicats inconciliables avec notre expérience d'un monde qui déploie partout la multiplicité, le mouvement et le changement (§ 97). Les quatre «racines» d'Empédocle et les innombrables « semences » d'Anaxagore étaient des tentatives faites consciemment pour résoudre le problème que Parménide avait soulevé (§§ 106, 127). Il n'y a pas de preuve, en vérité, que les Pythagoriciens aient été directement influencés par Parménide, mais nous avons montré (§ 147) comment la forme postérieure de leur système était basée sur la théorie d'Empédocle. Or, ce fut justement ce pluralisme prédominant que Zenon critiqua du point de vue éléate, et ses arguments lurent dirigés spécialement contre le Pythagorisme. Mélissos, lui aussi, critique le Pythagorisme ; mais il s'efforce de trouver un fonds commun avec ses adversaires en maintenant l'ancienne thèse ionienne que la réalité est infinie.