‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 194 sur 240 · CLVI . — Ses écrits · texte numérisé non relu

CLVI . — Ses écrits

Diogène parle de «livres» de Zenon, et Suidas donne quelques titres qui viennent probablement des bibliothécaires d'Alexandrie par l'intermédiaire d'Hésychius de Milet \ Dans le Parménide, Platon fait dire à Zenon que l'œuvre par laquelle il est le mieux connu fut écrite dans sa jeunesse et publiée contre sa volonté \ Comme il est supposé avoir quarante ans au moment où a lieu le dialogue, il ressort nécessairement de là que le livre fut écrit avant l'an 460 (§ 84), et il est très possible que Zenon en ait écrit d'autres après. Le titre le plus remarquable qui nous soit parvenu est celui de Interprétation cTEmpédocle. Il ne faut naturellement pas supposer que Zenon ait composé un commentaire sur le poème de l'Agrigentin ; mais, comme l'a fait ressortir Diels*, il est tout à fait croyable qu'il ait écrit contre lui une diatribe à laquelle on donna plus tard ce nom. S'il écrivit une œuvre contre les « philosophes », ce mot doit s'entendre des Pythagoriciens qui, comme nous l'avons vu, en faisaient usage dans un sens spécial ". Les Ltisputes et le Traité de la Nature peuvent être ou ne pas être le livre décrit dans le Parménide de Platon.

Il n'est pas probable que Zenon ait écrit des dialogues, quoique certaines allusions d'Aristote aient paru l'impli-

1 Diog. IX, 26, 27, et les autres passages cités dans R. P. 130 c (DV 19 A 6-9).

* Diog. IX, 26 (R. P. 130); Suidas, s. v. (R. P. 130 d; DV 19 A 2). s Platon, Parm. 128 dQ (R. P. 130 d; DV 19 A 12).

* Berl. Siizb. 1884, p. 359.

» Voir plus haut, p. 319, u. 2. II ne semble guère probable qu'un écrivain postérieur eût fait argumenter Zenon itpoç toùç (piXoaocpojç, et le titre donné au livre à Alexandrie doii être basé sur une chose y contenue.

quer. Dans la Physique \ il est question d'un raisonnement de Zenon, d'après lequel chaque grain d'un monceau de millet produit un son, et Simplicius illustre cette phrase en citant un passage d'un dialogue entre Zenon et Protagoras -. Si notre chronologie est exacte, il n'est pas du tout impossible que les deux hommes se soient rencontrés ; mais il est au plus haut degré improbable que Zenon se soit donné un rôle d'interlocuteur dans un dialogue écrit par lui. Cette mode ne s'établit que plus tard. Ailleurs, Aristote parle d'un passage où se rencontraient « le répondant et Zenon l'interrogeant », passage que le plus aisé est de comprendre de la même manière \ Alcidamas semble avoir écrit un dialogue dans lequel figurait Gorgias *, et l'exposition des arguments de Zenon sous forme dialoguée doit avoir toujours été un exercice tentant. Il semble aussi qu'Aristote faisait d'Alexaménos le premier auteur de dialogues K

Platon nous donne une idée claire de ce qu'était l'œuvre de jeunesse de Zenon. Elle contenait plus d'un «discours», et ces discours étaient subdivisés en sections, dont chacune traitait d'une des hypothèses de ses adversaires *. Nous devons à Simplicius la conservation des arguments de

1 Arist. Phys. H, 5. 250 a 20 (R. P. 131 a; DV 19 A 29).

■2 Simpl. Phys. p. 1108, 18 (R. P. 131 ; DV 19 A 29). Si c'est à cela que se réfère Aristote, il est un peu risqué d'attribuer le ^Ey^piTif); \6-joç à Zenon lui-même. Il y a lieu de remarquer que l'existence de ce dialogue tend, elle aussi, à attester la visite de Zenon à Athènes, à un âge où il pouvait s'entretenir avec Protagoras, ce qui s'accorde fort bie» avec la façon dont Platon parle de cette affaire.

3 Arist. Soph. El. 170 b 22 (R. P. 130 6 ; DV 19 A 14).

4 Chap. V, p. 233, n. 4.

5 Diog. III, 48. Il est certain que l'autorité que suit ici Diogène interprétait l'indication d' Aristote en ce sens qu'Alexaménos avait été le premier à écrire des dialogues en prose.

6 Platon. Parm. 127 d (DV 19 A 11). Platon parle de la première ÛTCÔ&eotç du premier Xô^o;, ce qui montre que le livre était l'éellement divisé en sections séparées. Prooius (in loc.) dit qu'il y avait en tout quarante de ces Xôfoi-

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Zenon sur l'Un et le Multiple ^ Ceux qui se rapportent au mouvement nous ont été conservés par Aristote lui-même -; mais, comme d'habitude, il les a traduits dans son propre langage.

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