CLXXIV. - Atomes
Nous devons observer que l'atome n'est pas mathématiquement indivisible, car il possède une grandeur; il est cependant indivisible physiquement parce que, pas plus
> Arist. Phys. A, 3. 187 a 1 (R. P. 134 fc; DV 19 A 22).
2 Arist. de Cselo, F, 4. 303 a 8 (DV 54 A 15): rpoitov -^âp tiva xal outoi (AeûxniTtoc zaî AïjtAoxpiTOî) Tiâvta rà ôvta iiotoOoiv àpt9[A0Ùç xal èÇ àpt&[i(ùv. Ceci contribue aussi à expliquer l'intention qu'a pu avoir HéracJide en attribuant la théorie des ^yxoi corporels au Pythagoricien Ekphantos de Syracuse. Voir plus haut, p. 336, n. 1.
que l'Un de Parménide, il ne renferme d'espace vide^ Tout atome est doué d'étendue, et tous les atomes sont exactement pareils en substance ^ C'est pourquoi toutes les difiFérences qu'offrent les choses doivent être expliquées soit par la forme des atomes, soit par leur arrangement. Il semble probable que les trois modes dont se produisent les différences, à savoir la forme, la position et l'arrangement, étaient déjà distingués par Leucippe, car Aristote mentionne son nom à leur proposa Ceci explique aussi pourquoi les atomes sont appelés « formes » ou « figures », manière de parler qui paraît être d'origine pythagoricienne*. Qu'ils soient aussi appelés cpjcrrç ^, cela se comprend fort bien, si nous nous rappelons ce que nous avons dit de ce mot dans l'introduction (§ VII). Les différences de forme, d'ordre et de position dont nous venons de parler visaient à rendre compte des « oppositions », les c éléments » étant regardés plutôt comme des agrégats d'atomes (irava-Trjpfxcat), comme par Anaxagore^
ï Les Epicuriens se sont mépris sur ce point ou l'ont présenté sous »n jour faux afin d'exalter leur originalité propre (voir Zeller, p. 857, note 3).
» Arist. de Cœlo, A, 7. 275 h 32 (DV 54 A 19) : ttjv oè Œxjotv slvaî çoatv aùxùiv [jLiav ; Phys. P, 4. 203 a 34 (DV 55 A 41) : aùxtà (ATj^AozpÎTtp) t6 xoivôv
3 Arist. Met. A, 4. 985 b 13 (R. P. 192; DV 54 A 6) ; cf. de Gen. Corr. 315 b 6 (DV 54 A 9). Ainsi que le suggère Diels, l'illustration par les lettres de l'alphabet est probablement due à Démocrite. Elle montre. en tout cas, comment le mot o-or/£Îov en vint à être employé pour « élément ». Il faut lire, avec Wilamowitz : to Se Z toO H biisi au lieu de xô 8e Z Toû N &£aet, l'ancienne forme de la lettre Z étant justement un H couché sur le côté (Diels, Elementum, p. 13, n. 1).
* Démocrite écrivit un ouvrage flspi îSôwv (Sext. Math. VII, 137; R. P. 204 ; DV 55 B 6-8), que Diels identifie avec le IIspl xûv ôiacpîpovïtov pja(j.tï)v de Thrasyle, Tetr. V, 3. Théophraste renvoie à Démocrite âv toîç itepî Tûv eîSûv (de Sensibus, § 51 ; DV 55 A 135). Plut. adv. Col. 1111 a (DV 55 A 57 : âivai Ss Tidtvta xàç àTouo'j;, îSsac Ût:' aùtoù -xaXo'JiJiÉvaî (leçon des mss; iSiiuç, Wyttenbach; <^> (Séaç, Diels) ; Arist. Phys. T, 4.203 a 21 (DV 46 A 45)(: (ATiutoxpi-roç) îx tt); itavoTtîpaîa; tûv o^Tjuâzujv (âueipa notel ~k OTOt^eta). Cf. de Gen. Corr. A, 2. 315 b 7 (R. P. 196; DV 54 A 9)
» Arist. Phys. Q, 9. 265 b 25 (DV 55 A 58); Simpl. Phys. p. 1318, 33 (DV 55 B 168) : -raùTa -jfàp (tœ àTOjia otôuiaTa) èxeîvoi çuoiv èxûXouv.
• Simpl. Phys. p. 36, 1 (DV 54 A 14) et R. P. 196 a.