CLXXXI. — La terre et les corps célestes
Si nous en venons aux détails, le caractère réactionnaire de la cosmologie atomiste est manifeste. La terre a la forme d'un tambourin et flotte sur l'air ^ Elle est inclinée vers le sud parce que la chaleur de cette région rend l'air plus fin, tandis que la glace et le froid du nord le rendent plus dense et plus capable de supporter la terre *. Voilà qui rend compte de l'obliquité du zodiaque. De même qu'Anaximandre (§ 19), Leucippe soutenait que le soleil était plus éloigné que les étoiles, quoiqu'il fût aussi d'avis que celles-ci étaient plus éloignées que la lune \ Ceci porte à croire qu'il ne distinguait pas clairement entre les planètes et les étoiles fixes. Il paraît toutefois avoir connu la théorie des éclipses, telle que l'avait donnée Anaxagore '. Les quelques autres renseignements qui nous sont parve-
» Diog. IX, 32. Cf. en particulier les phrases: wv xaxà tÎjv toù [aéoou ovTÉpeKîiv TiepiSivoufiéviov, a-j[JL|JL£v6vT(uv àel twv auve/ûv xax' sitît^auoiv t^î SîvTiç, et aujxuevovTtuv tûv èv£)(&£VTiov eut to [aÉoov.
2 Cf. Lucr. V, 621 sq.
3 Aet. III, 3, 10, cité plus haut, p. 84, n. 4.
* Aet. III, 12, 1 (DV 54 A 27) : Aeûxmitoç uapexueoslv rrjv fy^y eiç xà pteOTjtiPpivà [AÉpT) 8ià TT]v sv TOîç |ieaT)piPpivoîç àpaioTTjra, are 8t] ueuTjYOTwv TùJv Popeîwv 8ià t6 xaxeAùx*ai toîç y.pu[xoîç, xùv 8è àvTi&Éxwv TtEuupuj^évtuv.
B Diog. IX, 33 : eivai 8s xôv xoO rjX'iou xJxXov è^wraTOV, xôv 8è x^ç oeXi^vTjî icpoaYsioxaxov, ^xoùç 8£> xùv àXXwv uetalù xoûxtuv.
6 II ressort de Diogène loc. cit. (plus haut, p. 390) que Leucippe a étudié la question de la plus grande fréquence des éclipses de lune que des éclipses de soleil. C'est là, semble-t-il, ce qui le conduisit à faire le cercle de la lune plus petit que celui des étoiles.
nus à son sujet n'ont d'intérêt que celui de montrer que, sur certains points importants, la doctrine de Leucippe n'était pas identique à celle qu'enseigna plus tard Démocrite ^