‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 218 sur 240 · HIPPON DE SAMOS · texte numérisé non relu

HIPPON DE SAMOS

CLXXXV. — Hippon de Samos, ou de Crotone, appartenait à l'école italienne de médecine K Nous savons, en vérité, très peu de chose à son sujet, sinon qu'il était contemporain de Périclès. Un scholiaste d'Aristophane - nous apprend que Kratinos déversa sur lui ses sarcasmes dans ses Panoptai; et Aristote le mentionne dans Fénumération qu'il fait des anciens philosophes au livre I de sa Métaphysique ^, mais seulement, il est vrai, pour dire que l'infériorité de son esprit lui enlève toute prétention à être classé parmi eux.

L'humidité.

En ce qui concerne ses opinions, Tindication la plus précise est celle d'Alexandre, qui suit évidemment Théo-

> Aristoxène (ap. Censorin. 5, 2 ; R. W 219 a ; DV 26 A 1) le qualifie de Samien. Dans les latrika de Ménon, il est appelé Crotoniate. tandis que d'autres le font naître à Rhégium ou à Métaponte. Cela veut probablement dire qu'il était aflQlié à l'école p^'thagoricienne de médecine. Le témoignage d'Aristoxène est, dans ce cas, d'autant plus précieux. Hippon est mentionné en même temps que Mélissos dans le catalogue des Pythagoriciens de Jamblique (T. Pi)th. 267).

- Schol. sur Nuées, 94 sq.

^ Arist. Met. A, 3. 984 a :i (R. P. 219 a; DV 26 A 7).

phraste. Il en résulte que, pour Hippon, la substance primordiale était l'humidité, sans qu'il se décidât entre l'eau e* l'air. Nous avons l'autorité d'Aristote et de Théophraste ^— représentés par Hippolyte ^ — pour affirmer que cette théorie s'appuyait sur des arguments physiologiques de l'espèce commune à cette époque. Ses autres opinions appartiennent à l'histoire de la médecine.

Jusque tout récemment, on ne connaissait aucun fragment d'Hippon, mais on en a retrouvé un dans les scholies genevoises d'Homère \ Il est dirigé contre la vieille croyance que les « eaux sous la terre » sont une source indépendante d'Jiumidité, et il est conçu comme suit :

Les eaux que nous buvons viennent toutes de la mer ; car si les sources étaient plus profondes que la mer, ce ne serait pas, sans doute, de la mer que nous boirions, car alors l'eau ne serait pas de la mer, mais de quelque autre source. Mais U mer est plus profonde que les eaux ; ainsi toutes les eaux qui sont au-dessus de la mer en viennent. — R. P. 219 b.

Nous observons ici l'universelle croyance que l'eau tend à s'élever de la terre, et non à s'y enfoncer.

En même temps qu'Hippon, il est juste de mentionner Idaïos d'Himéra *. Nous ne savons en réalité rien de lui, sinon qu'il tenait l'air pour la substance primordiale. Le fait qu'il était sicilien d'origine est cependant suggestif.

//. DIOGENE D- APOLLON lE

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